Un atelier choral sous la direction de Daniel Bargier
Depuis l’Ile de la Réunion où il réside, le chef de chœur Daniel Bargier nous présente l’atelier-choral production qu’il encadrera du 28 juillet au 2 août 2025 à l’abbaye de Sylvanès aux côtés du pianiste Philippe Reymond.
Du 28 juillet au 2 août, tu encadres à Sylvanès un atelier choral pour voix de femmes : peux tu nous parler du choix du répertoire ?
L’an passé, pour l’anniversaire de Gabriel Fauré, dans le cadre de l’Académie de Sylvanès, a été donnée la Messe des pêcheurs de Villerville pour voix de femmes. Ça m’a donné envie d’explorer ce répertoire écrit par des hommes pour des voix féminines et de proposer un travail sur cette musique, écrite en France, dans la première partie du 20e siècle.
Parmi ce programme musical exclusivement français, quelle en sera l’œuvre maîtresse ?
Sans aucun doute la Messe en l’honneur de Sainte Anne de Joseph Guy-Ropartz, compositeur breton injustement méconnu et que j’affectionne particulièrement. Mais les Litanies à la Vierge noire de Francis Poulenc vont nous demander également beaucoup d’attention.
As-tu une œuvre coup de cœur, une pépite que tu as vraiment cœur à partager avec tes stagiaires ?
Oui, bien sûr : La Messe brève d’André Caplet, dont nous ne travaillerons que des extraits (c’est une pièce « a cappella » très délicate, mais très touchante). Comme les œuvres de Maurice Duruflé, dont nous chanterons un motet, elle prend sa source dans le chant grégorien. Quoi de plus adapté au lieu et à l’acoustique de l’abbaye ?
Quel est le niveau demandé ou pré-requis pour participer à cet atelier ?
Vu l’exigence du programme proposé, dont une partie est sans accompagnement instrumental, cet atelier s’adresse à des choristes confirmées ayant une bonne oreille et une voix maîtrisée. De plus, il est indispensable d’arriver au stage partitions sues : le travail des partitions se fait « à la maison ». La répétition est le moment du travail collectif sur les partitions.
Comment vont se dérouler les journées de travail ? Et le concert de fin de stage ?
Elles débuteront par du travail vocal et surtout d’écoute collective, afin d’homogénéiser le son du groupe et de ménager les voix. Puis viendra le travail d’interprétation des partitions préparées : expression, phrasés, couleurs vocales, transitions entre les pièces « a cappella » et le répertoire avec piano.
À ce propos, nous aurons le privilège d’être accompagnés par l’excellent soliste Philippe Reymond au piano et je m’en réjouis !
Et puis, en guise de concert de fin de stage, nous nous produirons le samedi 2 août à 17 h dans le cadre du 48e Festival Musiques sacrées – Musiques du Monde, ça sera sûrement un grand moment !
Sylvanès est un lieu auquel tu es très attaché, quel est ton premier souvenir dans ce lieu ou celui qui t’a le plus marqué ?
Assurément le premier concert auquel j’ai participé : c’était au milieu des années 80, Un requiem allemand de Johannes Brahms, préparé à Saint-Céré par Michel Piquemal, et que nous étions venus donner le 15 août dans l’abbatiale. J’étais bouleversé…
… et bien loin d’imaginer que, quelques années plus tard (1990), Michel Wolkowitsky demanderait à Michel Piquemal de créer l’Académie du Festival de Sylvanès et me solliciterait pour l’assister. Au programme, le sublime Requiem de Verdi avec, entre autres, Béatrice Uria-Monzon, Gabriel Bacquier…). Et ça fait 35 ans que ça dure !