Chorale à l’école : rencontre avec Anna Claire Golitzin

Anna Claire Golitzin a quitté Londres où elle travaillait comme chanteuse indépendante pour s’installer en Aveyron. Musicienne intervenante rattachée au Conservatoire de l’Aveyron depuis quelques mois, elle poursuit le travail de transmission au cœur du projet « Chorale à l’école » porté par l’Abbaye de Sylvanès. Entre héritage familial et pédagogie passionnée, elle accompagne les enfants dans la découverte de leurs voix, avec une conviction profonde.  Rencontre en quelques lignes avec Anna Claire Golitzin.

Quel est votre premier souvenir musical et d’où vous vient cette passion pour la musique ?
Mes parents étaient musiciens et mes premiers souvenirs  remontent à l’enfance quand la musique résonnait en permanence dans la maison. Mon père jouait du piano et ma mère chantait en s’accompagnant à la guitare. Nous fréquentions régulièrement en famille l’église orthodoxe de notre village où le chant occupait une place très importante dans les offices. C’est là qu’est née ma passion pour le chant choral et mon envie de poursuivre des études dans ce domaine. Par la suite, j’ai intégré un master en histoire de la musique ancienne et chant renaissance à l’Université de York, en Angleterre, où j’ai pu me former auprès de grands chanteurs et approfondir ma pratique.

Comment êtes-vous arrivée dans l’aventure « Chorale à l’Ecole » ?
Mon installation en Aveyron était motivée par mon désir de transmettre la musique chorale issue des traditions slaves. Parallèlement, je souhaitais travailler avec des enfants et quand j’ai appris que le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron recherchait un professeur pour assurer la continuité du projet « Chorale à l’école »,  j’ai postulé. Cette opportunité correspondait parfaitement à mes aspirations.

Comment se déroulent les ateliers dans les classes ?
J’interviens tous les quinze jours pendant 45 minutes dans chaque classe des 11 écoles participantes et auprès de 170 élèves.  Chaque classe est différente et c’est ce qui rend les ateliers intéressants. Les enfants ont des expériences très variées avec le chant. Certains chantent naturellement, tandis que d’autres ont plus de difficultés à reproduire une note ou à tenir une note accompagnée au piano. Mon rôle consiste à les accompagner progressivement par l’intermédiaire de chansons adaptées. C’est très satisfaisant de constater leurs progrès.

Selon vous, la musique à l’école est-elle indispensable ? Pourquoi ?
Oui, elle est indispensable ! C’est vraiment durant l’enfance qu’il faut initier cette pratique car pour avoir travaillé avec des adolescents, je me suis rendue compte que ceux qui n’avaient jamais chanté auparavant, étaient persuadés qu’ils n’en étaient pas capables. La musique ouvre quelque chose de très profond dans l’esprit de l’enfant et lui apporte beaucoup de bénéfices. Le chant aide d’ailleurs énormément à l’apprentissage des langues.

Si ce projet devait être associé à une couleur et à une émotion, lesquelles choisiriez-vous ?
Je choisirais la couleur rouge et pour l’émotion, le courage. C’est une notion que je répète souvent aux enfants. Je les encourage à oser chanter, à prendre confiance en eux. Par exemple, je peux mettre en avant un élève qui a bien chanté et inviter les autres à suivre son exemple avec davantage d’assurance. Le rouge symbolise aussi la passion. En tant que « performer », je vois à quel point il faut mettre la passion et la performance dans la musique et dans ce que l’on fait. C’est cette énergie et cette ferveur que j’essaie de transmettre aux enfants à travers le répertoire et le travail collectif.

À l’issue des ateliers dans les classes, une restitution finale sera présentée aux familles le mardi 16 juin à 14 h en l’abbatiale de Sylvanès !

Initié par l’Abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre, ce projet est mené en partenariat avec la Communauté de Communes Monts Rance et Rougier, le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron, le Département de l’Aveyron et le soutien de l’Éducation nationale.

La Belle et le Loup : du spectacle au disque !

Initié en 2022 par l’Abbaye de Sylvanès en coproduction avec Les Oreilles en Eventail (30), le projet d’éducation artistique La Belle et le Loup a poursuivi son aventure en 2023 puis en 2025 du côté de l’Aveyron.

De novembre à avril, 70 élèves de CM et de 6e de l’ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance ont vécu un véritable parcours artistique, rendu possible grâce au Pass Culture. Au total, 66 heures d’ateliers de chant et de mise en scène, guidés par Cécile Veyrat : une préparation exigeante qui les a menés le 30 avril jusqu’à la scène de Saint-Affrique, aux côtés de dix chanteurs-acteurs professionnels et devant 450 petits et grands spectateurs !

Et l’aventure ne s’est pas arrêtée là : un album audio du spectacle a été enregistré au printemps 2025, entre le collège et le studio. Grâce à une collecte participative menée à l’automne, les fonds nécessaires ont été réunis pour que le disque voie le jour, prolongeant ainsi cette expérience artistique et humaine exceptionnelle.

Séance d’enregistrement avec l’Ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance

La sortie du CD (produit par les Oreilles en Eventail) est prévue fin février 2026  et sera disponible à la vente à partir de mi-mars à l’abbaye de Sylvanès au tarif de 20 €.

Écoutez ci-dessous l’extrait 1 – Introduction

Les Mécanos & Pascal Caumont en résidence de création à l’abbaye

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes & Pascal CAUMONT
Du 8 au 12 juin 2026 – Abbaye de Sylvanès

Du 8 au 12 juin 2026, l’abbaye de Sylvanès accueillera une résidence de création singulière réunissant Pascal Caumont, chanteur, compositeur et professeur au Conservatoire de Toulouse, et l’ensemble vocal masculin Les Mécanos autour d’un projet inédit : LINHA[A]. Durant une semaine de travail à Sylvanès, sous la direction artistique de Pascal Caumont, Les Mécanos exploreront et interpréteront un répertoire de polyphonies méridionales a cappella, mêlant tradition orale et création contemporaine. Le fruit de cette création sera dévoilé sur scène le mardi 14 juillet 2026 à 17 h, à l’occasion du 49ᵉ Festival de l’Abbaye de Sylvanès.

Le projet musical LINHA(A) : lignée (vivaro-alpin)

Signifiant « ligne » en vivaro-alpin, LINHA[A] s’inscrit pleinement dans la démarche artistique des Mécanos et de Pascal Caumont, fondée sur le travail de la mémoire populaire à partir de collectages de chants et de témoignages. Il dessine un lien vivant entre tradition orale et création contemporaine, faisant entendre des polyphonies à voix d’hommes issues des répertoires traditionnels, profanes comme sacrés, ainsi que des compositions nourries de ces pratiques populaires toujours actives. Dix voix d’hommes a cappella interprètent des chants en français et en occitan, tout en ouvrant le répertoire à l’ensemble des territoires des Pyrénées occitanes et catalanes jusqu’aux Alpes italiennes.

© Les Mécanos

 

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes

Trois ans après leur EP éponyme suivi d’une centaine de concerts à travers la France, l’Europe et au Canada, Les Mécanos sortent leur premier album : USURES. Poursuivant leur exploration de la polyphonie occitane, les dix musiciens confirment leur appartenance à cette nouvelle génération issue des musiques dites « traditionnelles » (Barrut, Cocanha…). Basé à Saint-Étienne et ses alentours, le collectif réinvente une musique populaire qui prend racine dans l’histoire de ce bassin industriel.

Dans la lignée d’une sono mondiale créative, USURES perpétue la polyphonie occitane tout en l’inscrivant au cœur des musiques actuelles. Les dix voix des MÉCANOS se mêlent aux tambours et percussions pour chanter en français et en occitan les luttes passées et actuelles. Dix titres inspirés des musiques traditionnelles pour écrire une histoire populaire faite de complaintes, de révolte, de danse et d’espoir.

En bénéficiant de l’expérience de Pascal Caumont et de son expertise musicale dans ce projet, Les Mécanos poursuivront leur travail vocal, initié en 2019 auprès de Lutxi Achiary et poursuivi avec Titouan Billon en 2024. Ce travail et cette recherche s’articulent autour de plusieurs axes : le timbre et ses différentes couleurs dans les placements vocaux du chant populaire méridional ; la vibration harmonique collective et corporelle située dans un espace résonnant ; l’ornementation et la variation propres aux répertoires traditionnels ; et enfin le phrasé dynamique non pulsé d’une mélodie aux rythmes irréguliers, typique de la polyphonie pyrénéenne.
En savoir plus sur Les Mécanos

Rendez-vous le 14 juillet 2026 à 17 h dans l’abbatiale de Sylvanès pour la première de cette création inédite.

Frédéric Gindraux et Jean-Philippe Clerc : deux parcours, une passion

Chaque été à Sylvanès, au cours de leur classe de maître de chant lyrique, deux figures suisses de la pédagogie vocale unissent leur passion pour accompagner des chanteurs professionnels dans leur cheminement artistique et humain. Rencontre…

Frédéric Gindraux et Jean-Philippe Clerc forment un binôme indissociable. Tous les deux nous éclairent sur leur vision de l’enseignement au sein de leur classe de maître, un espace d’apprentissage où le chant devient un chemin d’expression de soi.
Frédéric Gindraux débute son aventure musicale par l’apprentissage du piano. Adolescent, pour vaincre sa timidité, il intègre la chorale du lycée et très vite, le plaisir de chanter ne le quitte plus. Avec cette double formation de pianiste et de chanteur en poche, le ténor suisse mène de front une carrière de concertiste et de pédagogue. Il est aujourd’hui professeur de chant au Conservatoire de Paris et à la Haute École de Musique de Lausanne.
Pour Jean-Philippe Clerc, le piano s’impose dès l’enfance comme une évidence, un coup de cœur. Passionné par le travail avec les chanteurs, il choisit d’en faire son métier et de devenir pianiste chef de chant. Il enseigne actuellement à l’Opéra et à la Haute École de Musique de Lausanne.

Des maîtres inspirants
Tous deux ont croisé, sur leur chemin, des figures influentes. Frédéric Gindraux parle avec gratitude de ses maîtres, en particulier le grand Nicolaï Gedda ainsi que d’autres pédagogues comme David Jones ou encore Gary Magby, qui lui ont transmis un amour profond pour la voix. Jean-Philippe Clerc évoque quant à lui les professeurs qui ont marqué son parcours et auxquels il voue encore aujourd’hui, un profond respect. Leur approche pédagogique est le fruit de ces influences mais aussi d’une vision très personnelle de l’enseignement.

Une pédagogie alliant discipline et liberté
« Ce qui m’anime, c’est la volonté de comprendre comment fonctionne la personne en face de moi. Je cherche à faire émerger l’envie de dire quelque chose à travers la voix, à lever les blocages et aider chacun à mieux se connaître » explique Frédéric Gindraux.
Pour Jean-Philippe Clerc, c’est plutôt le lien entre le texte et la musique qui l’inspire et nourrit sa pédagogie. « J’aime explorer les intentions du compositeur et réussir à capter comment elles prennent forme dans l’interprétation vocale ».
Mais ce n’est pas tout, nos deux pédagogues s’accordent sur l’importance de la patience, de la discipline, de l’écoute et de la bienveillance, qualités que devrait avoir tout bon pédagogue. Ensemble, ils transmettent des outils permettant d’acquérir maîtrise et indépendance. Deux notions qui mènent selon eux à la liberté, indispensable aux chanteurs pour exprimer pleinement leur potentiel.

Sylvanès, une expérience humaine riche
Depuis 2019, leur présence à l’abbaye de Sylvanès est devenue un rendez-vous incontournable. Chaque année, ils y retrouvent des stagiaires venus de tous horizons pour une semaine de travail intense, de partage et de cohabitation artistique. Frédéric Gindraux souligne combien cette expérience est enrichissante. Jean-Philippe Clerc lui, insiste sur la force des liens tissés au fil des jours, dans un cadre privilégié et chaleureux, propice à l’écoute et la concentration.
Engagés dans d’autres projets pour la saison 2026, nous espérons les retrouver en 2027 parmi nos fidèles formateurs !

 

17e rencontre du film musical : une édition réussie !

Déjà dix-sept années que le Centre culturel de l’Abbaye de Sylvanès propose, au Cinéma Le Temple de Camarès, les Rencontres du film musical. Lors de cette édition, qui s’est déroulée du 7 au 11 novembre, plus de 250 personnes ont investi la salle du Cinéma le Temple à Camarès pour (re)découvrir sur grand écran des films musicaux les plus singuliers et les plus représentatifs du genre ! La sélection éclectique concoctée par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitski a su séduire un large public  !

Le vendredi 7 novembre au soir, c’est le film « Le Théâtre de la Divine Comédie » qui a ouvert les festivités en présence de Bruno Bonhoure, directeur musical de La Camera delle Lacrime. Œuvre singulière des réalisateurs Kai Duc Luong et Khaï-Dong Luong, revisitant en trois volets l’œuvre emblématique de Dante, ce spectacle sublimement filmé et interprété a plongé le public dans une véritable immersion visuelle et sonore au cœur de l’Italie médiévale, entre chants anciens, hymnes sacrés et poésie troubadouresque.

Le public a ensuite pu (re)découvrir « Les Uns et les Autres » de Claude Lelouch, grande fresque musicale et historique traversant les époques et les frontières et au casting impressionnant. Véritable symphonie humaine, ce chef-d’oeuvre a ému par la force de son propos et la beauté de sa structure originale repartie entre la France, l’Allemagne, l’URSS et les Etats-Unis avec pour fil conducteur et langage commun la musique !  Du grand cinéma, puissant et bouleversant !

Autre moment fort : « Indes Galantes » de Philippe Béziat, qui a conquis la salle. Ce documentaire haut en couleurs retrace l’audacieuse rencontre à l’Opéra Bastille entre le baroque de Jean-Philippe Rameau et  la puissance brute de 30 danseurs de hip-hop, krump, break, voguing. Une aventure humaine hors norme qui offre une réflexion profonde sur notre rapport à l’autre, à l’ordre établi et qui fait « tomber les barrières ».

Le film « Bolero » d’Anne Fontaine a offert au public une adaptation d’une grande saveur autour de la création de l’œuvre universelle de Maurice Ravel. Une incursion sensorielle dans le quotidien d’un homme dont chaque pas, chaque parole, chaque choix était dirigé par les mélodies qui surgissaient à tout moment dans sa tête, et dont la compréhension du monde, de l’amour, de la vie en société dépendait entièrement de sa musique.

Puis, place à la légèreté avec « Yesterday », un film de Danny Boyle sur un scénario original de Richard Curtis. On y découvre « un monde sans les Beatles » où un jeune musicien s’approprie leur gloire, bien malgré lui. Ce scénario savoureux a conquis le public par son humour et sa tendresse, rendant hommage à la musique des quatre garçons dans le vent tout en questionnant la célébrité à l’ère numérique.

Autre comédie musicale qui a déchaîné des fous rires dans la salle : l’incontournable « Sister Act » d’Emile Ardolino, portée par une Whoopi Goldberg irrésistible dans son rôle de bonne sœur  ! Difficile de résister à cette histoire hilarante sur fond d’enquête policière et à la bande originale mixant gospel traditionnel, jazz et pop ! Ce grand classique des années 1990 a une fois de plus démontré qu’il était un véritable cocktail euphorisant, un hymne intemporel à la bonne humeur !

Pour conclure ces Rencontres, le film musical « La Couleur pourpre » de Blitz Bazawule a bouleversé le public. Ce remake du chef-d’œuvre de Spielberg propose une lecture musicale vibrante de la résilience féminine au sein de la communauté afro-américaine, entre blues, gospel, pop et des chorégraphies grandioses !  Cette œuvre puissante a suscité de vives émotions dans la salle et a clôturé l’événement sur une note d’humanité et de foi.

Un merci particulier à la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier pour son soutien et rendez-vous l’année prochaine pour une 18e édition de ces rencontres du film musical !

« Le Jeu de Robin et Marion », nouvelle création avec des scolaires !

En 2026, une nouvelle création musicale verra le jour dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle de l’Abbaye de Sylvanès. Il s’agit de « Amoureux imaginaires : le Jeu de Robin et Marion », nouveau spectacle de l’Ensemble La Camera delle Lacrime. 

La première comédie musicale de l’histoire de la musique occidentale 

Cette année, deux classes de 5ᵉ de l’Ensemble Scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance seront associées au projet. Le parcours éducatif, artistique et humain qui leur est proposé est à la fois exigeant, joyeux et accessible ! Il s’inspire du Jeu de Robin et Marion, souvent considéré comme la première comédie musicale de l’histoire de la musique occidentale. Elle a été écrite dans les années 1280 par le trouvère – auteur compositeur et interprète de langue picarde –Adam de la Halle (1240 – 1288) nommé aussi Adam d’Arras.
La nature est le théâtre de ce récit amoureux qui alterne narration parlée et chantée ainsi que des danses. Marion, jeune bergère travaille dans un champ et rêve en même temps de Robin. Arrive alors Aubert, un chevalier qui, à défaut d’arriver à la séduire, décide de l’enlever. Heureusement, Marion s’échappe et parvient à retrouver Robin. Le jeu de Robin et Marion se termine avec une fête mêlant chants, danses, jeux et festin sur l’herbe.
Cette œuvre est un précieux témoignage sur la culture médiévale et constitue une immersion vivante au cœur d’un projet pluridisciplinaire mêlant expression corporelle et vocale, musique, patrimoine et histoire des arts. En outre, il questionne la représentation de l’amour, du jeu et du quotidien au Moyen Âge.

Quatre ateliers dans les classes et une restitution finale 

De décembre à mars, les élèves bénéficieront de quatre interventions mensuelles menées par Bruno Bonhoure (direction musicale et coordination pédagogique, chant, harpe et tambour sur cadre) et Khaï-Dong Luong (recherche, dramaturgie, écriture du scénario), avec un premier atelier prévu le 10 décembre 2025 pour :

  • Découvrir le répertoire médiéval
  • Expérimenter le travail scénique et collaboratif
  • Vivre l’expérience de la création artistique aux côtés de musiciens professionnels

La restitution finale présentée aux familles le vendredi 17 avril sera un véritable spectacle où les élèves seront au cœur de l’action !

Ce projet de création est mené en partenariat avec le Clermont Auvergne Opéra (Puy-de-Dôme) et le Centre International de Musique Médiévales (CIMM)

En savoir plus sur La Camera delle Lacrime 

Les travaux du nouveau bâtiment ont repris

Après une pause cet été, les travaux du chantier d’aménagement de l’abbaye ont repris dès le  mois de septembre après le beau succès du 48e Festival ! Ils devront se poursuivre jusqu’en juin 2026 et le déménagement des bureaux administratifs, de la librairie se feront dans la foulée.

À ce stade d’avancement, l’édifice à la silhouette sobre se laisse contempler en imaginant la large ouverture vitrée côté parking qui offrira aux visiteurs une vue privilégiée sur l’espace cloître de l’abbaye.
Entre les deux pignons en « béton cyclopéen » – un mélange de pierre de Crassous et de béton – les façades sont vitrées à l’intérieur et habillées de chêne brut à l’extérieur.

Sans rentrer dans les détails des 900 m2 du bâtiment, les espaces déjà cloisonnés donnent déjà un aperçu des futures salles  : le hall d’accueil, l’auditorium, les bureaux administratifs, la salle de réunion,  la librairie-boutique et l’espace cafétéria avec son accès sur l’extérieur verdoyant le long du Cabot.

En rappel, le cabinet parisien Antoine Dufour Architectes en tant que maître d’œuvre a imaginé l’édifice dans l’optique de préserver l’esprit cistercien de ce lieu emblématique tout en lui offrant des espaces modernes et fonctionnels pour mieux accueillir artistes, festivaliers et visiteurs.
Les travaux s’étendront jusqu’au printemps 2026, avec une inauguration attendue lors du 49e Festival de Sylvanès.

Cet ambitieux projet de territoire est porté par la Communauté de Communes Monts, Rance et Rougiers qui assure la maîtrise d’ouvrage en collaboration étroite avec la petite commune de Sylvanès, propriétaire des lieux, les conseils et le soutien des services de la DRAC et des Monuments historiques d’Occitanie au Ministère de la Culture, le Département de l’Aveyron, du Conseil Régional Occitanie-Sud de France, de l’Europe (Programme européen régional FEDER/FSE+/FTJ 2021-2027) et du Parc naturel régional des grands Causses.

 

Les projets scolaires 2025-2026

Tour d’horizon des projets d’éducation artistique et culturelle pour l’année scolaire 2025-2026  !

 

CHORALE À L’ÉCOLE (7e année consécutive) : le plaisir de chanter ensemble !

En ce début d’automne, les élèves ont accueilli leur nouvelle professeure de chant. Jusqu’au mois de juin prochain, Anna Claire Golitzin – musicienne intervenante rattachée au Conservatoire de l’Aveyron – sillonnera les routes tous les mardis pour aller faire chanter les enfants dans leur école. Au total, 11 classes – soit 175 élèves – bénéficieront chacune de 14 ateliers de 45 minutes, mais aussi d’une rencontre artistique avec l’auteur, compositeur, interprète Hervé Suhubiette. Le projet aboutira comme chaque année au mois de juin 2026 à une restitution publique pour expérimenter en chœur l’exceptionnelle acoustique de l’abbatiale.

Initié par l’Abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre, ce projet est mené en partenariat avec la Communauté de Communes Monts Rance et Rougier, le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron, le Conseil Départemental de l’Aveyron et le soutien de l’Éducation nationale.


CRÉATION MUSICALE  « Amoureux imaginaires : le Jeu de Robin et Marion »

Une fois n’est pas coutume ! L’abbaye de Sylvanès associe des élèves à la prochaine création musicale de La Camera Delle Lacrime. Le parcours éducatif, artistique et humain qui leur est proposé est à la fois exigeant, joyeux et accessible ! Il s’inspire du Jeu de Robin et Marion, pièce de théâtre entrecoupée de chansons composées en 1280 par le trouvère Adam de la Halle.
Souvent considérée comme la première comédie musicale de l’histoire occidentale, cette œuvre est un précieux témoignage sur la culture médiévale et constitue une immersion vivante au cœur d’un projet pluridisciplinaire mêlant expression corporelle et vocale, musique, patrimoine et histoire des arts. En outre, il questionne la représentation de l’amour, du jeu et du quotidien au Moyen Âge.

De décembre à mars, deux classes de 5e bénéficieront d’interventions mensuelles menées par Bruno Bonhoure (direction musicale et coordination pédagogique, chant, harpe et tambour sur cadre) et Khaï-Dong Luong (recherche, dramaturgie, écriture du scénario) pour :

– Découvrir le répertoire médiéval
– Apprendre à chanter en ancien français
– Expérimenter le travail scénique et collaboratif
– Vivre l’expérience de la création artistique aux côtés de musiciens professionnels

La restitution finale présentée aux familles le vendredi 17 avril sera un véritable spectacle où les élèves seront au cœur de l’action !


À VOL D’OISEAU: quand musique et nature se rencontrent pour éveiller les sensibilités

Ce projet est développé par La Chapelle Harmonique en partenariat avec la Ligue pour la Protection des oiseaux et avec le soutien des services de l’Éducation nationale. Deux classes bénéficieront d’une série de quatre ateliers au printemps : imiter, observer et reconnaître les chants d’oiseaux avec des appeaux ; découvrir comment les oiseaux ont inspiré les compositeurs du Moyen Âge à aujourd’hui ; atelier de chant et apprentissage des œuvres « Les Rossignols » de Ballard » et « Le concert des oyseaux » de Moulinié ; intervention de La Ligue de Protection des oiseaux pour fabriquer une mangeoire ou un nichoir. Une expérience unique où musique et nature se rencontrent pour éveiller les sensibilités…

 


DES PIEDS ET DES MAINS POUR LA FORÊT : tous à la (re)découverte de la biodiversité forestière !

Chaque année à la mi-juin, les écoles du territoire rejoignent Sylvanès pour une journée spéciale coorganisée avec l’association Millefeuilles où découvertes riment avec nature et bonne humeur !

Au cours de cette journée, chaque élève âgé de 3 à 10 ans participe à quatre ateliers animés par des intervenants professionnels passionnés. Observer les petites bêtes de la rivière, partir à la recherche d’insectes, découvrir les secrets de la ripisylve, comprendre pourquoi et comment trier ses déchets… ou même assister à un spectacle ! Que l’approche soit scientifique, artistique, sensorielle ou ludique, chacun y trouve son compte, quel que soit son âge.

Un rendez-vous annuel riche en surprises qui, d’année en année, aide les enfants à mieux comprendre le monde qui les entoure, à développer leur curiosité et à devenir, tout doucement, des citoyens responsables et attentifs à leur environnement.

 


VISITES ET ATELIERS DÉCOUVERTE : une immersion artistique et patrimoniale pour les classes !

Tout au long de l’année, l’Abbaye de Sylvanès ouvre ses portes aux établissements scolaires et devient un formidable terrain de découverte pour les élèves. Bien plus qu’un monument historique, cette ancienne abbaye cistercienne est en effet un véritable lieu de vie et de création.

À travers des visites mêlant découverte et participation, les élèves explorent le site d’une façon originale, ludique et sensorielle. Du Moyen Âge à l’époque contemporaine en passant par l’époque moderne : chaque recoin de l’abbaye raconte une histoire en lien avec les programmes scolaires.

Et pour aller plus loin, place à la pratique artistique ! Chant, musique, calligraphie… les ateliers invitent les élèves à créer, bien sûr, mais aussi à regarder et à s’exprimer autrement qu’à leur habitude. Encadrés par des professionnels passionnés, ces moments sont pensés pour éveiller la curiosité, libérer la créativité et favoriser différemment l’apprentissage de savoirs et de savoirs faire.

Cerise sur le gâteau : ces actions sont éligibles au Pass Culture, via l’interface Adage, permettant aux établissements de bénéficier de financements spécifiques.

Rencontre avec le ténor Joseph II Bessala

L’Abbaye de Sylvanès, dans sa quête d’accompagnement et d’encadrement des jeunes artistes d’ici et d’ailleurs, a récemment accueilli en résidence du 25 août au 8 septembre, Joseph II Bessala, ténor d’origine camerounaise. Cet artiste, dont la passion pour le chant a débuté fortuitement, a fait de ce séjour une étape clé de son parcours, visant à se perfectionner et à enrichir sa carrière. Issu d’un parcours littéraire et diplômé en arts graphiques, Joseph s’est dévoué à la musique après des victoires remarquées au sein de concours prestigieux, qui l’ont mené jusqu’au Conservatoire d’Angers. Sa venue à l’Abbaye s’inscrit dans le cadre du programme Odyssée de l’ACCR, un dispositif dédié aux professionnels de la culture étrangers. Rencontre avec un artiste engagé.

UN ARTISTE EN QUÊTE D’EXCELLENCE 

Durant son séjour, Joseph a travaillé sur un répertoire lyrique particulièrement exigeant, avec pour ambition de contribuer à l’essor de l’opéra dans son pays. « Je suis dans la dynamique de créer, moi aussi, de l’émulation autour de l’opéra au Cameroun : il y a déjà un travail qui se fait, mais à mon sens, ce n’est pas suffisant. C’est la raison pour laquelle je suis ici ». Joseph souhaite partager les connaissances acquises pour l’y faire grandir. C’est d’ailleurs ce projet qu’il a défendu en postulant à la résidence Odyssée.

Son travail à l’Abbaye a été guidé par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitski que Joseph décrit comme un « très bon pédagogue de la voix et fin psychologue », capable d’identifier ses points faibles et de lui fournir les outils techniques nécessaires pour les surmonter. Leurs séances de travail, axées sur la technique vocale, la gestion de l’énergie, la détente corporelle par la méthode Alexander ont été une révélation pour l’artiste. « Je suis de nature très énergique et grâce à ce travail, j’ai réussi à canaliser mon énergie, nécessaire afin d’éviter un éventuel accident vocal. » Pour Joseph, ces conseils lui sont précieux et lui permettent de mesurer l’impact qu’une mauvaise gestion de soi peut entraîner.

LA PASSION DU BEL CANTO

Profondément attaché au bel canto, ou « beau chant », Joseph exprime sa joie d’être sur scène. « C’est tout à fait le bonheur d’être devant la scène, le grand théâtre, l’opéra » s’enthousiasme-t-il. Il explique que la voix lyrique est un mélange de talent naturel et de travail rigoureux.«Il faut avoir déjà des dispositions naturelles pour pouvoir y parvenir » précise-t-il, tout en ajoutant que « le talent seul ne suffit pas. Il faut ajouter à cela, la technique. »

Bien que son parcours académique soit plus court que celui d’autres artistes, Joseph a eu le privilège de recevoir un enseignement d’une grande qualité qui l’a fait « considérablement progresser. » Pour lui, les techniques enseignées facilitent l’apprentissage et favorise la sérénité, un outil essentiel dont a besoin tout chanteur.

UNE AVENTURE HUMAINE ET MUSICALE 

Pour Joseph, cette résidence fut une expérience fondatrice, tant sur le plan technique, qu’artistique où il a pu enrichir son répertoire avec des airs exigeants, dont un appris dans un délai record. Cette aventure s’est distinguée par de belles rencontres artistiques, mais également par une profonde richesse humaine : « Jai découvert la force dun collectif soudé par la musique, dans un cadre ou rigueur et convivialité s’alliaient harmonieusement ».

Joseph lors du récital public du stage chant et interprétation

Joseph et Michel Wolkowitski

Joseph ressort nourri de cette expérience et affirme être désormais prêt à entamer une carrière de ténor lyrique. Il affirme que cette expérience l’encourage à poursuivre son apprentissage avec discipline et passion, et à envisager son avenir artistique avec une confiance renforcée. Il repart de Sylvanès résolu à poursuivre son projet : faire rayonner l’opéra dans son Cameroun natal !

 

Propos recueillis et rédigés par Fatoumata Sidibe, stagiaire au service communication  

Un hommage vibrant à Venise et Vivaldi !

Dimanche 17 août au soir, dans les murs chargés d’histoire de l’abbatiale, s’est tenu un concert pas comme les autres. À l’occasion du tricentenaire des Quatre Saisons de Vivaldi, l’Orchestre de Chambre de Toulouse sous la direction de Thierry Huillet a proposé une interprétation pleine de souffle et d’originalité, redonnant vie à une œuvre pourtant jouée depuis des siècles.
Vivaldi, maître des contrastes, excellait dans l’art de faire dialoguer le violon soliste et l’ensemble orchestral. Fidèle à cet esprit, mais avec une touche de modernité, cette création du festival « Vivaldi : le violon des quatre saisons » associait musique et récit.
La soliste Clara Cernat, par sa virtuosité lumineuse et sa fougue, incarnait le violon des Quattro Stagioni et donnait vie aux couleurs de chaque saison, du frisson glacé de l’hiver aux éclats orageux de l’été. Elle signait aussi le texte du spectacle, un récit sensible et imagé qui donnait chair au « prêtre roux » et éclairait avec une chaleur lyrique le contexte de naissance de son chef-d’œuvre.

La direction artistique et musicale de Thierry Huillet accompagnait cette virtuosité avec finesse, guidant l’orchestre et orchestrant le dialogue subtil entre narration et musique. Le texte de Clara Cernat prenait corps grâce aux trois voix sur scène : Pauline Cheviller (dans les rôles du violon et de Maria), Delphine Mégret (le rosier) et Michel Wolkowitsky (narrateur et Vivaldi lui-même). Ensemble, ils sublimaient le texte, donnant chair à l’ingéniosité de Vivaldi et renforçant l’union entre musique et récit.

Mais il ne s’agissait pas seulement de raconter une vie. Le spectacle montrait aussi l’héritage d’une œuvre universelle. À travers Maria, une enfant apprenant à découvrir et à apprivoiser le violon, le public se retrouvait lui-même : pas à pas, chacun entrait dans l’univers de Vivaldi, apprenait à écouter et finissait par en saisir toute la beauté et l’importance.
Ce concert fut bien plus qu’une célébration musicale. Entre le jeu sensible des musiciens de l’Orchestre de chambre de Toulouse et la narration incarnée des comédiens, le public a redécouvert une œuvre monumentale, éclairée d’un jour nouveau. Une soirée où musique et théâtre se sont unis pour offrir un voyage vibrant, dans l’histoire intemporelle du violon et des saisons.

Alannah Santos de Almeida