Forêt en Fête : un 15e rendez-vous réussi !

Ce samedi 13 juin, sur le site des anciens bains de Sylvanès, la 15e édition de Forêt en Fête a une nouvelle fois offert une journée pétillante de découvertes et d’émotions. Malgré une chaleur particulièrement intense, le public s’est déplacé en nombre pour célébrer la forêt et la nature dans une ambiance conviviale, festive et familiale. Tout au long de la journée, entre curiosité, émerveillement et moments de rencontre, petits et grands ont pu profiter d’un programme foisonnant : animations familiales, sorties naturalistes, grimpe d’arbres, stands d’artisans, balades, expositions, conférences, spectacles et concert ont sublimé cette journée.

Quinze ans d’aventure pour la forêt

Depuis quinze ans, Forêt en Fête rassemble les amoureux de la nature autour d’un événement devenu incontournable, initié par l’Abbaye de Sylvanès en partenariat avec l’association Millefeuilles. Installée une nouvelle fois sur le site des anciens bains, cette édition 2026 a attiré un public intergénérationnel : familles, passionnés de nature, curieux et visiteurs venus découvrir des animations originales et des spectacles captivants.

Des animations qui ont émerveillé petits et grands

Parmi les temps forts de la journée, le spectacle « J’ai planté un œuf » de la Compagnie Au fil du vent a particulièrement séduit le jeune public. Installée sous un tilleul offrant un refuge face aux températures estivales, la clowne Fourmi, accompagnée de ses quatre poules aussi espiègles que talentueuses, a livré une performance pleine de poésie et d’émerveillement. Entre rires et surprises, enfants et parents se sont laissés embarquer par ce spectacle cocasse.

À la sortie du spectacle, l’enthousiasme s’est poursuivi avec les incontournables animations proposées par À la Croisée des Arbres : grimpe d’arbres et tyrolienne ont une nouvelle fois rencontré un franc succès. Pendant que certains prenaient de la hauteur, d’autres profitaient des espaces d’animation pour explorer les richesses du vivant. Découverte de la faune sauvage, observation de traces et indices, sensibilisation aux écogestes, ateliers créatifs et participatifs : les associations Kermit, Millefeuilles et la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier ont proposé une programmation ludique et pédagogique autour de la biodiversité.

Les ateliers d’encres naturelles colorées animés par Claudine Latron ont rencontré un bel engouement auprès des enfants, qui ont pu exprimer librement leur créativité. Les grands jeux en bois de l’association Touche du Bois ont, quant à eux, réuni toutes les générations dans des moments de partage et de nostalgie.

Rencontres, conférences et immersion au cœur de la nature

Forêt en Fête a également été marquée par des temps d’échange particulièrement appréciés. En fin de matinée, dans la salle capitulaire de l’abbaye, l’écologue Philippe Martin a rendu un hommage inspirant à Francis Hallé à travers une immersion dans ses recherches consacrées aux arbres et aux canopées tropicales. Sous le chapiteau, professionnels de la forêt et de l’environnement ont ensuite échangé autour du thème « Le vivant forestier et le changement climatique », sous l’œil expert de Jérôme Bussière du Parc naturel régional des Grands Causses.

En parallèle, plusieurs balades naturalistes ont permis aux participants de parcourir les sous-bois de Sylvanès et d’échanger directement avec des spécialistes de la forêt et de l’environnement tels que Gilles Hanula de l’association Kermit et Fred Brendel de l’ONF.

Une parenthèse sensorielle très appréciée sous la chaleur

Sur place, un autre moment fort de cette journée a offert au public l’occasion de partager une expérience inouïe proposée par Clémence Millet et Amélie Agut : l’Aromaphone, une parenthèse sensorielle douce et immersive tissée à partir de paysages sonores, de senteurs et de récits collectés auprès des enfants du territoire. Un moment de détente particulièrement appréciées dans un contexte de fortes chaleurs.

Un final spectaculaire et festif

L’après-midi s’est poursuivie avec le spectacle « Les Maïeutiks » de la compagnie Balance Dehors. Mêlant trapèze, acrobaties aériennes et musique live, cette performance poétique et spectaculaire a captivé le public installé au cœur du site.

En début de soirée, les lauréats du concours de dessin thème « l’Arbre extraordinaire ou magique » organisé en partenariat avec l’association Alterna’Bio ont été primé avec de généreux lots.  Près de 80 dessins ont été soumis aux votes du public au cours des deux manifestations. En amont, un tirage au sort a récompensé les participants avec lots offert par l’abbaye de Sylvanès et l’association Millefeuilles. Puis, s’en est suivi de la remise des prix du Sylvotrophée 2026, porté par le PNR des Grands Causses.

Pour clôturer cette journée en beauté, Les Georges du Tarn ont fait vibrer le site des anciens bains avec leur univers musical cuivré et électrifié aux accents aveyronnais. Le public s’est laissé entraîner dans une ambiance festive jusqu’aux dernières notes.

Et parce que forêt en fête se partage aussi autour de la table, le restaurant Le Planet, les Cafés MICA, les sorbets artisanaux des Jardins de Lamayous ainsi que la buvette ont permis aux visiteurs de reprendre des forces et de se rafraîchir tout au long de cette journée intense.

Un grand merci aux bénévoles, artistes, artisans et partenaires qui ont contribué au succès de cette édition, ainsi qu’au chaleureux public, pour leur fidélité à cet événement dédié à la nature.

Un concert dansant pour la 7e édition de Chorale à l’école

Le mardi 16 juin 2026 à 14 h, en l’abbatiale de Sylvanès, 185 élèves issus de 11 écoles du territoire intercommunal sont venus présenter devant leurs familles et amis le concert final du projet « Chorale à l’école ».

Ce projet initié par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès en septembre 2019 s’inscrit dans la continuité du Plan Chorale National. Il a pu être mené pendant sept années consécutives grâce à un partenariat étroit avec le Conservatoire à rayonnement départemental de l’Aveyron, le Département de l’Aveyron, la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier, l’Éducation nationale ainsi que la DRAC Occitanie.

Cette année, les élèves ont été encadrés par Anna-Claire Golitzin, musicienne intervenante du Conservatoire de l’Aveyron. De septembre à juin, elle est intervenue tous les quinze jours dans chaque classe du sud-aveyron :  Belmont-sur-Rance (école publique et école St Michel), Fayet, Camarès (école publique et école St Michel), Cénomes, Montlaur, Rebourguil, St Sernin-sur-Rance (École publique et école St Marie) et St Sever-du-Moustier. Autour du thème de « musiques à danser », tous les enfants ont participé à ces ateliers à la fois ludiques et pédagogiques : jeux d’écoute, interprétation, travail du rythme… Tout a été mis en œuvre pour éveiller leur sensibilité musicale et enrichir leur culture artistique.

Du côté des enfants, cette expérience représente bien plus qu’une simple activité scolaire : « j’ai bien aimé les moments passés à chanter en classe et suis trop excité de chanter dans cette église devant ma famille » précise  J. de CM2. Pour les enseignants, ce projet constitue un précieux parcours pédagogique et artistique : « Ce spectacle à l’abbaye est la finalité de tout le travail réalisé durant l’année. Les élèves apprennent progressivement à maîtriser les chants, à écouter les autres voix et à construire ensemble une œuvre collective. Elle ajoute : « Se produire dans ce lieu chargé d’histoire donne une dimension particulière au projet et offre aux enfants une expérience marquante dont ils se souviendront longtemps. »

Le répertoire musical, original et coloré illustrait la thématique de la danse : de la Bamba de Ritchie Valens au tube Cette année-là de Claude François, repris à l’unisson avec le public,  d’autres styles musicaux ont résonné dans l’abbatiale : le blues de The House of the Rising Sun des Animals – le Hip-hop  Cheap Thrills  de  Sia, la fameuse Habanera de Carmen de Bizet  ou encore Mourir sur scène de Dalida en version disco !

Devant un public venu nombreux, les enfants ont offert un moment musical plein de joie, d’énergie et de convivialité  ! Bravo à tous ces artistes en herbe et à l’année prochaine pour la 8e édition de Chorale à l’Ecole  !

 

 

Les Mécanos à la rencontre du public

A l’Abbaye de Sylvanès, les artistes en résidence ne se contentent pas de créer. Ils ouvrent régulièrement des fenêtres sur leur univers artistique, partagent leur passion avec le public et favorisent le lien social. Cela donne généralement lieu à des moments artistiques joyeux et inclusifs  !
Ce fut le cas le mercredi 10 juin dernier dans le scriptorium de l’abbaye à l’occasion de la résidence des Mécanos, venus travailler durant une semaine, leur nouvelle création LINHA[A]. Cette dernière sera donnée dans le cadre du 49e Festival le 14 juillet prochain à 17 h.

Une rencontre joyeuse et inclusive
Ce jour là, les enfants des centres de loisirs de Camarès et Belmont-sur Rance ainsi que quelques résidents de l’ABSEAH de Belmont ont vécu une expérience unique et enrichissante en rencontrant les dix chanteurs originaires de Saint-Etienne. À travers le chant et la rencontre, Les Mécanos ont partagé leur univers artistique avec les participants dans une ambiance chaleureuse et conviviale.
Rémi, Gaël, Martin, Antoine, Sylvère, Jonathan, Benoît, Jérémie, Simon et Guillaume ont livré quelques pièces de leur nouveau répertoire dédié aux polyphonies méridionales, populaires et contemporaines.  Des temps d’échanges ont aussi permis aux enfants et aux résidents de découvrir une pratique collective du chant, fondée sur l’écoute, le partage et l’expression musicale. Ce moment de médiation s’est achevé par une immense ronde au cours de laquelle les dix artistes ont embarqué petits et grands pour entonner à l’unisson un titre de leur nouveau programme « Amor d’Aussau ».
Bonne humeur et émotions ont rythmé ce chaleureux moment de partage et d’échanges  !

Dessin réalisé par un enfant lors de l’atelier médiation avec les Mécanos

Le programme Linha[a]
AvecLinha[a], Les Mécanos ouvrent un nouveau chapitre de leur aventure vocale. Sous la direction de Pascal Caumont, ils explorent les polyphonies masculines d’occitan et d’ailleurs, mêlant chants traditionnels et créations contemporaines. Entre mémoire populaire et souffle nouveau, Linha[a] interroge ce qui relie les voix, les cultures et les hommes : un chant collectif, vibrant, profondément humain.
Ne manquez pas leur concert, le 14 juillet 2026 à 17 h dans l’abbatiale de Sylvanès !
Billetterie du Festival

En savoir plus sur Les Mécanos

Denise et Craig Schaffer : passion Géorgie

Denise et Craig Schaffer étaient faits pour se rencontrer. Elle est péruvienne, lui californien et depuis plus de 20 ans, ils partagent une passion commune : la polyphonie géorgienne.  Tous deux ont fondé l’ensemble Mze Shina qui signifie « soleil intérieur » en géorgien. Partenaires de chant à la scène comme dans la vie, ils créent une musique où le chant, la polyphonie et la résonance vibratoire sont sources d’émotion et d’énergie. Ils encadreront un stage du 24 au 28 août à l’Abbaye de Sylvanès et nous invite à en savoir plus sur ce répertoire unique, déclaré chef d’œuvre du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Pouvez-vous vous présenter et expliquer comment est né votre passion pour les chants polyphoniques géorgiens et ce qui vous a donné envie de les transmettre ?
 Je m’appelle Denise Schaffer, je suis chanteuse, musicienne, cheffe de chœur. Je suis née au Pérou et suis arrivée en France à l’âge d’un an. Après avoir étudié la musique turque avec Talip Özkan, je suis tombée dans la polyphonie géorgienne suite à la rencontre avec l’ensemble Marani dont faisait parti Craig.

Je suis Craig Schaffer et je suis issu d’une famille de musiciens. Né en Californie, je suis arrivé en France en 1993. J’ai fait mes premières scènes au sein du groupe irlandais Spiral Bound pour ensuite me concentrer sur le répertoire géorgien.

En 1996, le directeur de l’ensemble Marani, Frank Kane a organisé un premier voyage en Géorgie :  c’est au retour de ce voyage que nous avons décidé de former le trio Mze Shina. Ce pays était à l’époque très peu touristique mais l’accueil des géorgiens, et surtout les chants lors des repas chantés, nous ont bouleversés. Depuis, nous n’avons eu de cesse de retourner en Géorgie pour y travailler avec les anciens, des grandes chanteuses et chanteurs porteurs de cette tradition, d’incroyables maîtres de chant, et nous n’avons eu de cesse d’interpréter et faire découvrir ce répertoire. 

Les polyphonies de Géorgie sont encore peu connues en France. Qu’est-ce qui les rend uniques et si particulières à vos yeux ?
La polyphonie géorgienne est unique car d’une extraordinaire richesse et diversité, elle a été déclarée Chef d’Œuvre du Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2001, c’est à dire parmi les premiers patrimoines immatériels. Cette tradition orale, principalement à trois voix, remonte à la nuit des temps et se pratique toujours de nos jours, la transmission orale se poursuit aujourd’hui jusqu’aux jeunes générations. Les chants du répertoire populaire sont liés à toutes les activités de la vie quotidienne et sont principalement aujourd’hui chantés à table au moment des banquets chantés appelés Soupra. De plus, il existe un vaste répertoire de chants liturgiques orthodoxes car la Géorgie a été christianisée au IVe siècle, et ces chants sont issus de très anciennes académies. En somme, la richesse et l’extraordinaire harmonie de ce répertoire populaire et liturgique ne cesse d’étonner les musicologues et musiciens du monde entier comme par exemple Stravinsky ou Bartók. Par ailleurs le répertoire comporte également des chants datant de l’ère pré-chrétienne liés à des rituels tels que des hymnes au soleil ou à la nature.

Écouter « CHKIM TCHONGOURI » de Mze Shina

A qui s’adresse ce stage de chant ? A quoi peuvent s’attendre les participants et que souhaitez-vous qu’ils retiennent à l’issue du stage ?
Le stage s’adresse à toute personne qui souhaite découvrir un répertoire unique car cette tradition orale ne demande pas de connaissance en solfège et nous travaillerons sans partition. Comme pour beaucoup de chants traditionnels, la puissance du son vibratoire véritablement « physique » qui se dégage de la polyphonie géorgienne repose en grande partie sur une production d’harmoniques qui viennent enrichir le son par le timbre des voix. Il s’agit à la fois d’explorer sa voix, de développer son écoute, de travailler le son du chœur ainsi que ses résonances harmoniques et de s’immerger dans l’univers d’une polyphonie ancestrale pour un voyage à la fois physique, émotionnel et musical.

Le 23 août prochain, en amont du stage, vous donnez avec votre ensemble Mze Shina un concert dans le cadre du Festival. Est-ce pour vous une première à Sylvanès ? Quel sera le programme ?
Ce sera en effet notre premier concert à Sylvanès et nous sommes très heureux de pouvoir chanter dans ce cadre magnifique. Nous visiterons des chants de différentes régions de la Géorgie car la musique est très ancrée au paysage ce qui donne une grande variété de styles musicaux : chants de Ratcha, Svanétie (haut Caucase), Kakhetie, Gourie, Mingrélie et Adjarie (Mer Noire), et chants liturgiques des différentes écoles. Il y aura au programme des chants de labour, de récolte, de mariage, de guérison, des chants de banquets, des chants sacrés. Nous chanterons parfois accompagnés des instruments traditionnels tels le tchongouri (luth à 4 cordes), le pandouri (luth à 3 cordes) le tchangi (harpe à 9 cordes) et le Tchouniri (vielle à archer).

 

SITE INTERNET DE MZE SHINA


PLUS D’INFOS SUR LE STAGE 


MZE SHINA EN CONCERT AU 49 e FESTIVAL le 23 août 2026 à 21h
BILLETTERIE EN LIGNE

« Sylvanès, hier, aujourd’hui, demain » de René Poujol

En 1975, l’abbaye de Sylvanès, aujourd’hui Centre culturel de rencontre de notoriété internationale, sortait d’un long sommeil sous l’impulsion du frère dominicain André Gouzes et de Michel Wolkowitski.
Cinquante ans plus tard, il fallait raconter l’histoire improbable de ce renouveau fertile en anecdotes et en souligner les enjeux pour ce terroir du Sud-Aveyron. C’est chose faite avec le livre « Sylvanès, hier, aujourd’hui, demain » sous titré « 50 ans d’une aventure culturelle et spirituelle » écrit par René Poujol et disponible dès fin mai 2026 à la librairie de l’Abbaye.

« J’ai voulu retracer là, tant pour les familiers de l’abbaye que pour les dizaines de milliers de ses visiteurs annuels, les étapes d’une histoire hors-du-commun dont je ne cesse d’être le témoin émerveillé depuis quarante-cinq ans » précise l’auteur. Pour son récit , René Poujol a fait appel à la mémoire d’une quarantaine d’acteurs de cette aventure à la fois humaine, artistique et spirituelle :  habitants de Sylvanès, salariés et amis de l’abbaye, membres de son Conseil d’administration, bénévoles, représentants de l’Etat et du ministère de la culture (DRAC), élus, responsables religieux, artistes, musiciens, chefs de chœur mais également facteur d’orgue, vitrailliste et architecte ayant œuvré à son embellissement.  Ce livre se veut de gratitude à leur égard comme à l’égard des deux piliers de cette renaissance : André Gouzes aujourd’hui disparu et Michel Wolkowitski, maire de Sylvanès, directeur de l’abbaye et de son festival de musique.

Ce nouveau livre sera dans un premier temps vendu à la librairie de l’abbaye de Sylvanès à l’occasion des fêtes de la Pentecôte, à partir du 22 mai 2026. Au cours de ce week-end, l’auteur se rendra d’ailleurs disponible à l’abbaye pour des séances de dédicaces.

Le livre est également disponible par vente par correspondance via le site de l’abbaye et aussi via le bon de commande ci-dessous que vous pouvez télécharger, imprimer et renvoyer accompagné de votre règlement.
Il sera également disponible début juin dans plusieurs librairies de l’Aveyron.

René Poujol – Sylvanès, hier, aujourd’hui, demain.
Préface de Gabriel Camus, président de l’Association de l’abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre; Postface de Michel Wolkowitski, maire de Sylvanès, directeur général de l’Abbaye de Sylvanès.
120 p. 10 € – Franco : 15 €.

 

Diana Baroni, l’âme des copleras argentines

Flûtiste virtuose et chanteuse argentine, Diana Baroni est décrite comme une « musicienne d’entre les mondes ». Elle s’est produite à plusieurs reprises au Festival de l’Abbaye de Sylvanès et elle sera de retour cette saison 2026, du 3 au 7 août à l’abbaye pour y encadrer un stage de chant sur le thème :  « Copleras : chants d’Argentine ». Diana nous éclaire sur ce répertoire traditionnel de femmes du Nord de l’Argentine.

 

Peux-tu expliquer ce qu’est la copla et ce que racontent ces chants de femmes venus du nord de l’Argentine ?
La copla est la forme poétique la plus répandue dans les chants des pays hispanophones, et plus particulièrement en Amérique latine. Il s’agit d’une strophe composée de quatre vers octosyllabiques, généralement avec une rime assonante entre les vers pairs, forme connue également sous le nom de « cuarteto de romance » proprement dite. Venue d’Espagne, de la tradition poétique du siècle d’or, elle s’est implantée dans le nord-ouest de l’Argentine, où elle est interprétée accompagnée de la « caja chayera » (tambour traditionnel). Les couplets sont pour la plupart improvisés; au-delà d’être un espace de liberté, de déclamation poétique, d’échange populaire, ces chants expriment tant la beauté des paysages comme la difficulté des femmes dans la vie quotidienne.

À travers tes créations, tu mets souvent en lumière la parole des femmes. En quoi les coplas participent-elles, selon toi, à cette expression féminine ?
Et bien, la copla incarne une pratique traditionnellement dédiée aux femmes, et notamment du nord de mon pays; avec le temps, elle a traversé des territoires, des générations et est devenue aussi un espace ludique entre hommes et femmes. Ce qui m’inspire dans ce genre, c’est le coté introspectif; la copla porte en elle une sorte de vérité, de revendication aussi; elle est très identitaire, ancrée dans le paysage, dans les communautés ancestrales, dans le temps présent, tout en venant de très loin.

Diana Baroni, cloître de l’Abbaye de Sylvanès, avril 2021 ©Erol Gum

Comment transmets-tu cet art de la copla au cours d’un stage de quatre jours ?
L’idée est de vraiment découvrir ce genre sans s’imposer de nécessairement le reproduire, mais de comprendre la pratique et l’exercice. Nous allons surtout travailler les textes, sur la base de compilations que j’ai faites moi-même ou des musicologues, pour scander les paroles sur le tempo traditionnel de la « caja » (le tambour qui accompagne ce chant). Il s’agit plutôt de ressentir et s’approprier par la voix et le corps cette pratique, pendant laquelle on fait d’ailleurs dialoguer des groupes de chanteurs – copleros – en créant des joutes d’improvisation.

À qui s’adresse ce stage ? Faut-il avoir une expérience vocale, savoir lire la musique ou parler espagnol pour y participer ?
Ce stage s’adresse à tous car ce genre est né de l’oralité. Bien entendu, parler espagnol est un atout, mais il ne faut pas que cela soit un blocage… Tout le monde est bienvenu !

Tu es venue à plusieurs reprises à Sylvanès : quel est le meilleur souvenir que tu gardes du lieu ?
Pour moi Sylvanès est un espace de création, d’inspiration, de recueil… Le lieu vous parle, les murs sont imprégnés de sons. Nous avons enregistré MUJERES il y a quelques années, peu après le confinement; c’était le printemps, et le silence nous envahissait avec douceur quand nous arrêtions les séances d’enregistrement dans le réfectoire. Lors d’une soirée, nous avons confectionné des couronnes de fleurs pour imaginer la couverture du disque; l’idée est née ainsi, et c’est ensuite avec Erol Gum que nous avons recréé la vision !

Y a-t-il une figure féminine d’Amérique du Sud — artiste, poétesse ou chanteuse — qui t’inspire particulièrement dans ton parcours ?
Oh là là, pas qu’une ! Les femmes sud-américaines sont un peu partout dans mon espace d’inspiration : Alfonsina Storni, Frida Kahlo, Luzmila Carpio, Leonora Carrington, Violeta Parra, Chavela Vargas entre autres… Et une nouvelle muse, qui vient de ma ville natale : Emilia Bertolé, poétesse et peintre, qui fera l’objet d’un projet pour 2027 avec le Quatuor Zaide.


Renseignements sur le stage du 3 au 7 août 2026


en savoir plus sur l’actualité de Diana Baroni
SITE DIANA BARONI

Découvrir un extrait de son dernier album Madre Selva : « Vidala del ultimo dia »

A vol d’oiseau entre musique et environnement

Déjà fortement engagée dans le domaine de l’éducation à la nature et à l’environnement à travers ses divers projets (Des pieds et des mains pour la forêt, dialogue avec le rossignol, Forêt en fête…), le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès poursuit son travail de sensibilisation en 2026 avec le nouveau projet d’éducation artistique et culturelle « À vol d’oiseau ».

Développé par les artistes de la Chapelle Harmonique, « À vol d’oiseau » propose aux élèves un programme inédit pour les sensibiliser à la richesse de la biodiversité. En reliant la musique aux oiseaux, ce dispositif associe originalement éducation musicale et éducation à l’environnement par l’intermédiaire d’ateliers immersifs (pratique avec des appeaux, apprentissage de chant, écoute musicale et sortie nature).

En avril et en mai, deux classes maternelles et élémentaires de La Claparède et Saint Izaire, soient 30 élèves au total bénéficieront d’une série de 3 ateliers, qui, portés par des artistes et des médiateurs spécialisés, s’inscrivent pleinement dans les trois piliers de l’EAC : la pratique artistique, la rencontre avec les œuvres et les artistes et l’acquisition de savoirs.

Ces ateliers invitent les enfants à une immersion ludique et pédagogique dans l’univers des oiseaux : leurs chants, leur richesse biologique et leur influence sur l’histoire musicale.
• Atelier 1 : imiter, observer et reconnaître les chants d’oiseaux avec des appeaux et découvrir comment les oiseaux ont inspiré les compositeurs du Moyen Âge à aujourd’hui, un atelier animé par Armelle Supervie, médiatrice scientifique et musicienne.

• Atelier 2 :  apprentissage de deux chants « Les Rossignols » de Ballard et « Le concert des oyseaux » de Moulinié , un atelier de chant sous la conduite de Emilie Boudeau, chanteuse soprano.

• Atelier 3 : intervention prévue de La Ligue de Protection des oiseaux pour fabriquer une mangeoire, un nichoir ou profiter d’une sortie nature.

Face à l’urgence écologique, voilà une belle parenthèse poétique et pédagogique qui permettra aux adultes de demain d’apprendre à tendre l’oreille… et à regarder la nature autrement.

Ce projet est développé dans le cadre de la campagne départementale des Parcours d’Education artistique et culturelle -1er degré, en partenariat avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale de l’Aveyron et avec la Ligue pour la Protection des oiseaux de l’Aveyron.

La Belle et le Loup : l’opéra pop a son disque !

Un disque pour prolonger la magie de « La Belle et le Loup »

La magie du spectacle « La Belle & le Loup », réunissant 70 élèves de l’ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance, ne s’est pas éteinte une fois le rideau tombé en avril dernier à la salle des fêtes de Saint-Affrique. Bien au contraire ! Avec la sortie du disque de « La Belle et le Loup », l’émotion de cette superbe aventure humaine imaginée par Cécile Veyrat et porté par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès se prolonge désormais à volonté, dans votre salon ou votre casque !

Aux commandes de cet opéra pop depuis 3 ans, Cécile Veyrat confie: « Cet enregistrement donne une nouvelle dimension au projet, en prolongeant son existence au-delà des différentes représentations ! » L’enregistrement du disque a gravé dans le temps cette expérience collective, tout en valorisant le travail mené avec les élèves et les dix artistes professionnels associés au projet.
Pour marquer la sortie du disque, Cécile Veyrat et Michel Wolkowitsky sont venus retrouver les élèves au collège de Belmont-sur-Rance ce lundi 23 mars. Très enthousiastes, les collégiens se sont rassemblés autour de la Belle et le Loup dans une ambiance joyeuse, ravivant les souvenirs de cette aventure pédagogique et musicale appelée à rester longtemps gravée dans les mémoires.

À travers ce projet d’éducation artistique et culturelle, l’Abbaye de Sylvanès confirme une fois de plus que pédagogie et création musicale s’accordent parfaitement ! Une initiative soutenue par le Département de l’Aveyron, la Région Occitanie, la DRAC Occitanie et les services départementaux de l’Éducation nationale. Une dynamique qui illustre, une fois encore, la vitalité culturelle du Sud-Aveyron.

LE  CD est disponible dès à présent à la librairie-boutique de l’Abbaye de Sylvanès au tarif de 20 €

 

Écoutez ci-dessous l’extrait 1 – Introduction

Les résidences du printemps à l’abbaye

En avril, l’Abbaye de Sylvanès accueille deux résidences artistiques.

Du 6 au 12 avril, « Sukoon » : une traversée musicale entre les mondes

Sukoon est une fusion unique de cultures et de sons, née de la rencontre entre deux musiciennes syriennes, Sarah Abo Aljadail, artiste plasticienne-chanteuse et Sadim Alzafari, chanteuse-joueuse de oud avec le guitariste mexicain, Gregorio Orozco. La musique de Sukoon est un voyage, une conversation entre différents héritages, une célébration des expériences partagées de trois artistes originaires de pays marqués par le colonialisme et la dictature. Ils explorent ensemble les riches traditions musicales arabes et mexicaines, à la recherche de ce qui les unit au-delà des frontières.

En résidence à Sylvanès dans le cadre du programme Nora de l’Association des Centres culturels de rencontre, ils approfondissent ce dialogue à travers des chants inspirés par la liberté, la paix, l’amour et la diversité. Ce temps de création leur permet d’explorer de nouvelles compositions et d’enrichir leur univers artistique au contact du lieu. Ils reviendront en résidence cet été, du 24 au 28 août pour finaliser la création de ce fascinant programme qui sera dévoilé dans le cadre du festival le 28 août à 21 h. Le trio invitera le public à plonger dans cette aventure musicale où les mélodies du Moyen-Orient rencontrent les rythmes de l’Amérique latine.

Du 27 au 30 avril, « le Miroir des Anges » : de la création à l’enregistrement

Créée le 19 mai 2024 à l’Abbaye, le Miroir des Anges, œuvre poétique et musicale de Christophe Guyard entre aujourd’hui dans une phase d’enregistrement, marquant l’aboutissement du projet.

La genèse du Miroir des Anges est liée à l’expérience vécue par Christophe Guyard au sein de l’abbaye lors de la résidence de création de la première du Requiem de Thierry Huillet au festival Musiques sacrées- Musiques du monde de l’abbaye de Sylvanès en 2018. Au cours de cette résidence, le compositeur-organiste fut émerveillé par les anges de la chapelle russe. Ces anges ont continué à l’inspirer bien au-delà de cette résidence, devenant une source de créativité durant les périodes de confinement en 2020. C’est dans ce contexte qu’il a composé cette œuvre et a partagé l’évolution de son travail avec la soprano Laura Tătulescu, malgré la distance.

Conçu comme un cycle musical poétique et spirituel pour voix et piano, Le Miroir des Anges explore, à travers huit pièces, différentes figures de l’ange : présence intérieure, messager, passeur, gardien, ou encore souffle cosmique.
L’œuvre interroge moins la croyance que l’expérience sensible : celle d’une médiation entre l’humain, le temps et l’invisible.
Le cycle a été créé le 19 mai 2024 à l’Abbaye de Sylvanès, avec la soprano Laura Tătulescu et la pianiste Sophie Raynaud. Cette création a marqué la naissance publique de l’œuvre.

La résidence proposée aujourd’hui s’inscrit dans une seconde étape essentielle, rarement formalisée : celle de la transmission après la création. Ce travail d’enregistrement réunira autour de Christophe Guyard à la direction artistique la pianiste et cheffe de chant à l’Opéra de Munich Sophie Raynaud et la soprano Delphine Mégret.

« Cet enregistrement n’a pas, dans un premier temps, de finalité discographique commerciale. Il est pensé comme un outil de transmission : – pour permettre à d’autres interprètes de s’approprier l’oeuvre, – pour documenter durablement le cycle, – et pour nourrir la mémoire artistique de l’Abbaye  » précise le compositeur.

Johanni Curtet, le souffle des steppes en partage

Du 14 au 17 mai 2026, le Centre culturel de rencontre de l’abbaye de Sylvanès vous propose une expérience rare : un stage d’initiation au chant diphonique mongol.
Encadré par Johanni Curtet, musicien et ethnomusicologue reconnu, ce stage invite chanteurs amateurs et curieux à découvrir l’art du khöömii, une expérience aussi surprenante que profondément sensorielle… et accessible à tous. Johanni a accepté de nous en dire plus…

Le chant diphonique mongol intrigue autant qu’il fascine : comment décrirais-tu cette pratique à quelqu’un qui ne l’a jamais entendue ?
Pour moi, après 25 ans de pratique, je considère cette technique vocale comme un véritable art martial de la voix. Autant par l’exigence que l’on doit avoir avec soi-même, et ce que l’on appelle la « tradition » en tant que processus dans lequel on entre, comme une quête du son, pour vivre potentiellement au final une véritable initiation.

Tu es l’un des rares spécialistes de ce répertoire en Europe : comment as tu découvert le chant diphonique et la culture mongole ? 
Nous sommes très peu d’étrangers à savoir pratiquer le khöömii dans une perspective autochtone mongole en Occident. J’ai découvert d’abord cela à la télévision quand j’avais 13 ans, lors d’une démonstration de Trân Quang Hai, ethnomusicologue et spécialiste international du chant diphonique. Cette voix m’a complètement happé, et sans le savoir des années plus tard, après avoir découvert l’ethnomusicologie à l’université Rennes 2, j’ai eu la chance d’être encadré par cette personne « vue à la télé ». C’était pour moi l’ouverture d’une voie qui est devenue ma vie : la pratique et la transmission du khöömii, l’ethnomusicologie, puis la création de l’association Routes Nomades, avec qui je promeus cette musique, et la musique mongole plus largement, depuis 20 ans.
J’ai bien sûr rencontré plusieurs musiciens et maîtres de khöömii qui m’ont guidé dans leur univers, sans qui je ne serais pas le transmetteur que je suis devenu : les diphoneurs des ensembles Egschiglen et Altaï-Khangaï d’abord, puis D. Tserendavaa, B. Odsüren, N. Sengedorj, R. Davaajav, E. Toivgoo et B. Papizan… les principaux transmetteurs, qui m’ont beaucoup appris sur l’esprit de cette tradition diphonique.

On imagine souvent cette pratique du khöömi réservée à des spécialistes. Peut-on vraiment l’apprendre en quelques jours ?
Comme nous n’avons pas d’équivalent vocal dans notre culture ici, et que ces sons simultanés de bourdons, mélodies d’harmoniques et résonances réalisés par une seule personne nous semblent si étranges et impressionnants, nous pensons que nous partons de loin pour y arriver…
Même si la Mongolie est à presque 10.000km de chez nous, nous avons tous une voix et des oreilles. Il s’agit d’abord de se mettre dans la culture de l’autre, comprendre comment les Mongols écoutent et perçoivent leur musique, comprendre combien la relation et le dialogue entretenu avec les éléments environnants, comme la nature, sont fondamentaux, et sentir que l’on peut faire résonner tout cela en nous.
Avec un certain lâcher-prise sur ses habitudes, on découvre avec sa voix, son corps et son cœur à quel point ces sons qui nous paraissaient si étrangers peuvent être très proches, en nous. Il faut ensuite oser les sortir et redécouvrir les capacités de sa voix. C’est une histoire d’attention portée à sa voix, à soi-même.
Ainsi on peut se rendre disponible pour diphoner, moduler le son de sa voix à la recherches des résonances et des harmoniques.

Les participants doivent apprendre à leur rythme, et tout le monde peut l’apprendre. Cela va très vite pour certains, plus lentement pour d’autres, mais tout le monde sort de ce stage avec une compréhension des fondamentaux de la pratique et une compréhension globale qui permet de travailler seul chez soi pendant plusieurs mois.

Qu’est-ce que les participants à tes stages viennent chercher ? … et qu’est-ce qu’ils trouvent vraiment ?
Cela dépend, les profils sont très différents.
Il y a un public chanteur qui veut découvrir d’autres possibilités dans sa voix, tout en découvrant une autre culture.
Il y a celles et ceux qui veulent se frotter à la culture Mongole avant ou après un séjour sur place…
Il y a les curieux qui n’ont aucun a priori et qui veulent tenter l’aventure et enfin ceux qui ne sont pas chanteurs mais qui veulent explorer leur voix autrement, comme moi, à travers mon expérience personnelle.

Au final, ils trouvent là bien souvent un enrichissement personnel global : la découverte d’une culture, d’une façon de voir le monde, d’une manière d’écouter et d’être attentif à son environnement, se connecter à la nature comme les nomades le font. Souvent, leur voix gutturale enrichie d’harmoniques et de multiples résonances continue de vivre en eux bien après le temps de transmission. 

À Sylvanès, le cadre est très particulier. En quoi le lieu participe-t-il à l’expérience ?
Le khöömii vient de l’imitation des sons de la nature: le souffle du vent, les sons de l’eau qui coule, les échos dans les montagnes, les chants d’oiseaux, les animaux d’élevage des nomades… La situation de Sylvanès permet de retrouver l’essence même de cette musique au cœur de la nature, dans un environnement qui facilite la contemplation et l’écoute. Nous pouvons pratiquer avec les belles résonances que les salles de l’abbaye procure, mais aussi près de la rivière en contrebas… C’est chaque année un enchantement !

 

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