Beau succès pour les 12e rencontres du film musical

Plus de 300 personnes se sont déplacées du 8 au 11 novembre dernier au cinéma le Temple de Camarès pour l’ultime manifestation de l’année du Centre culturel de rencontre de l’abbaye de Sylvanès. Il faut dire que la cuvée 2019 concoctée par son directeur Michel Wolkowitsky était alléchante. Même si les films les plus récents programmés en soirée ont remporté les plus grosses jauges, les affiches des films des années 50 n’étaient pas en reste.

Ce sont donc « Bohemian Rhapsody » et « A star is born » – dont le succès public tient en partie des performances bluffantes de Rami Malek dans le rôle de Freddie Mercury et celle de Lady Gaga en jeune star montante – qui ont rassemblé le plus d’amateurs. Que dire de l’inclassable et poétique « Barbara » de Mathieu Amalric, porté par une Jeanne Balibar également stupéfiante d’évidence et de ressemblance ? Le concept de film dans le film et le principe de grand collage de prises de vues réelles et d’images d’archives donnaient un peu le tournis. Mais Amalric qui invite volontairement le spectateur à se perdre entre la fiction d’une biographie filmée et la réalité du tournage de celle-ci le met en scène avec une telle précision que, au fil du film, l’on ne sait plus très bien laquelle Barbara est vraie, laquelle est fausse… « Un film fou sur une artiste déraisonnable » résume si bien Jérome Garçin dans le Figaro ;

Malgré son livret un peu démodé, l’adaptation cinématographique de la comédie musicale mythique « Guys and Dolls » a séduit son public. Elle a permis de retrouver dans le rôle des « vilains messieurs » séducteurs de « blanches colombes » Frank Sinatra et Marlon Brando. Quant à « Brigadoon », petit miracle cinématographique à l’allure de conte de fées de Vincente Minelli, il a aussi eu ses adeptes !

Il en est de même pour les inconditionnels d’opéra qui se sont régalés devant l’adaptation filmée de « Tosca », l’une des plus belles qui existe et réalisée en 1976. C’est dans les décors naturels d’une Rome mortifère qu’évoluent Floria Tosca (sublime Raina Kabaivanska), maîtresse du peintre Mario Cavaradossi incarné par un Placido Domingo au sommet de sa forme !

Deux superbes voyages musicaux étaient aussi au programme de ce week-end « musique et cinéma ». Le premier avec le film musical par excellence « Latcho Drom » dans lequel Tony Gatlif nous embarque le long d’un chemin millénaire qui mena les Roms du nord de l’Inde jusqu’aux rivages de l’Atlantique avec pour fil conducteur la musique, toute la musique…

Le deuxième, vraisemblablement coup de cœur du public fut le passionnant documentaire « The Music of strangers » de Morgan Deville qui raconte l’histoire de virtuoses du monde entier rassemblés au sein du Silk Road Ensemble, projet inédit impulsé par l’atypique violoncelliste Yo-Yo Ma. D’attachants portraits et parcours d’artistes exceptionnels de talent, d’humilité et de générosité défilent sous nos yeux pendant plus d’une heure et demi. Ce film rappelle avec force l’importance du dialogue interculturel : une thématique qui fait largement écho à ce qui se fait tout au long de l’année à Sylvanès, dans le cadre des activités du Centre culturel de rencontre et de son festival. Comme le souligne Michel Wolkowitsky lors de sa présentation : « La musique et les arts en général nous transportent et nous conduisent à nous confronter à d’autres dans toute sa richesse : ils nous amènent à nous intéresser à ce qui rapprochent les hommes plus qu’à ce qui les éloignent. » Un beau message de tolérance et d’ouverture culturelle !

Un merci particulier à la Communauté de communes Monts Rance et Rougier pour leur soutien. 

Grandir en musique !

« Maîtresse, on a bien musique ce matin ? » A la réponse affirmative de leur enseignante, les 28 élèves de CP- CM2 de l’école publique de Montlaur se réjouissent ! C’est ce mardi 5 novembre à 9 h leur troisième rendez-vous avec Mélodie Le Clerc, musicienne DUMIste qui intervient dans le cadre du projet « Chorale à l’école » initié par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès.

C’est en observant un étrange dessin sur fond bleu avec de multiples symboles et en se déplaçant en musique que les écoliers pénètrent dans la salle bibliothèque. Aujourd’hui, ils vont découvrir ce qu’est une partition graphique. En 45 minutes, durée de l’atelier bimensuel, Mélodie leur fait appréhender le lien entre l’image et le son émis, les notions de legato et staccato, de forte et de piano… En les matérialisant par des rubans et des cubes multicolores, des partitions graphiques apparaissent sur le sol. Puis chaque enfant muni d’un instrument s’amuse à les interpréter en musique en suivant attentivement les doigts de Mélodie sur l’étrange partition… L’atelier suivant, par petits groupes, consiste à partir de plusieurs images de BD (dessins et onomatopées) d’inventer sa propre partition graphique et de l’interpréter devant ses camarades de classe. Cela fonctionne parfaitement et quatre compositions personnalisées et originales émergent !

La séance s’achève par l’apprentissage d’une chanson sur la thématique des couleurs et c’est déjà l’heure de repartir dans sa classe…en chantant bien sûr ! Et pour Mélodie, de rejoindre les autres jeunes apprentis musiciens des écoles de Camarès, Brusque, Fayet, Cénomes…

Afin de favoriser la dynamique de ce projet, il est prévu 2 regroupements inter-écoles ainsi qu’une restitution finale publique en juin à l’Abbaye de Sylvanès. Cette rencontre artistique et amicale permettra aux 150 élèves du territoire d’expérimenter en « grand chœur » la puissance du chant collectif dans un lieu à l’acoustique exceptionnelle. En attendant, les enfants vont continuer à grandir en musique, à prendre du plaisir, à développer leur créativité et bénéficier pleinement de cette expérience artistique favorisant l’écoute, le respect, le partage et in fine, le vivre ensemble !

Ce projet s’inscrit dans la droite ligne du Plan Chorale national et a pu être concrétisé grâce à un partenariat privilégié avec la Communauté des Communes Monts Rance et Rougier, le Conservatoire de l’Aveyron, la DSDEN de l’Aveyron, Aveyron Culture-Mission Départementale et la DRAC Occitanie.

Bernard Tétu : Sylvanès, un lieu pour tous !

« Pédagogie et excellence » : deux mots clés qui reviennent dans les dires des stagiaires choristes de Bernard Tétu.

Directeur artistique des Chœurs et Solistes de Lyon depuis leur formation en 1979, le chef de chœur et d’orchestre Bernard Tétu participe chaque année au Festival de musiques sacrées musiques du monde de l’Abbaye de Sylvanès. Pionnier dans la création de la première classe de formation de chefs de chœur professionnels au Conservatoire National de danse et de musique de Lyon, il se rend à l’Abbaye de Sylvanès depuis presque quarante ans, d’abord dans la cadre de résidences artistiques, puis pour y encadrer des stages de chant choral et de direction de chœurs.

Répétition 2019 de l’Atelier choral-production sous la direction de Bernard Tétu dans l’abbatiale de Sylvanès

A la question « pourquoi Sylvanès ? », Bernard Tétu répond « un lieu pour tous ». Au Moyen âge, l’église était un lieu universel en ce qu’elle incluait toute la société. Le sacré faisait partie intégrante du quotidien des hommes. Aujourd’hui, Bernard Tétu prône le « droit au sacré pour tous » et la musique en serait la voie d’accès. Il ajoute également que « chaque lieu a un son et une couleur ». C’est l’acoustique exceptionnelle et la charge historique de Sylvanès qui permet la transmission du sacré.

Bernard Tétu reviendra en 2020 à Sylvanès pour encadrer trois sessions auprès de chefs de chœur et aussi le stage d’été de chant choral. Après la musique sacrée italienne du 19e siècle en 2019, le répertoire de cette nouvelle saison sera consacré à une œuvre phare : Le Requiem de Mozart dans la version Czerny, pour solistes, chœur et piano à quatre mains… Notez dès à présent la date : du 13 au 19 juillet 2020 !

L’Art de la Parole et du Chant

A l’invitation de Michel Wolkowitsky, directeur du Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès et en partenariat avec le COMDT de Toulouse et l’IRHT, poètes, chanteurs, musiciens, scientifiques, liturges se sont réunis à Sylvanès du 4 au 6 octobre à l’occasion du colloque « L’art de la Parole et du Chant ».

Conférence inaugurale de Frédéric Tavernier-Vellas : L’éloquence du verbe

Nous parlons, nous chantons, nous écrivons, nous lisons… La parole est omni-présente dans notre vie quotidienne. Qu’avions-nous à en dire de plus ? Les regards croisés de ces personnalités, pour qui la parole est plus qu’un outil lorsqu’elle devient un art, nous ont permis d’en découvrir les richesses, les subtilités, la profondeur… Leurs témoignages nous ont aidés aussi à mieux comprendre comment celle-ci, transformée par la science du langage et la technique (τεχνή) de la diction et du chant, acquiert une noblesse et une puissance d’expression qui nous échappe trop souvent tant elle est banalisée dans nos quotidiens saturés d’informations à l’affût de toute nouveauté.

Loin d’un bavardage stérile, la Parole peut dire ou suggérer une intériorité. Elle peut devenir dialogue, échange, écoute profonde, intersubjectivité. De la rhétorique à l’art de la composition musicale du chant, de l’art de l’homélie chantée au Moyen Âge à la mémoire séculaire des compositions liturgiques, du chant des troubadours et des poètes ou des chansonniers au discours musical issu ou conduisant au silence, du théâtre antique à l’opéra baroque ou romantique, de la parole à la pensée et de la pensée à la contemplation de ce qui est en deçà ou au-delà de la pensée…

« De la parole au chant, une histoire du mélos’ » par François Cam

La Parole devient le vecteur d’une communion entre celui qui parle ou chante et celui qui écoute. Elle capte l’attention, éveille pensées et sentiments, s’empare du clavier des passions, élève l’âme et l’intériorise.

Merci à tous les conférenciers (Frédéric Tavernier-Vellas, Marcel Pérès, Jean-François Goudesenne, Theodora Psychoyou, Anna Schivazappa, Eric Fraj, François Cam, Pascal Riou, Brice Duisit, Gisèle Clément) qui nous ont transmis un peu de leurs savoirs précieux.

Merci à tous ceux qui ont illustré leur enseignement en disant, chantant ou jouant durant la scène ouverte du vendredi soir.

Un grand bravo également à Eric Fraj et Morgan Astruc pour le beau concert public « La Vida », proposé le samedi soir en partenariat avec le COMDT de Toulouse.

Concert « La Vida » par Eric Fraj et Morgan Astruc dans le scriptorium de l’abbaye

Une deuxième édition de ce colloque autour de la Parole et du chant est en préparation pour 2020 ! A suivre …

Résidence d’enregistrement de la Misa Flamenca

Venus cet été au festival pour la création d’une Misa flamenca inédite, les artistes de la compagnie Tavernier-Vellas sont de retour à l’abbaye du 7 au 11 octobre pour enregistrer cette œuvre qui sera édité en 2020 sous le label Psalmus.

Après la création et l’enregistrement en 2018 de la Messe Grecque de Saint Denis à Sylvanès, les sept musiciens et chanteurs nous entraînent dans un voyage autour des chants sacrés de la Méditerranée et nous invitent dans la culture andalouse à travers une expérience musicale et spirituelle inédite.

Développée selon le Rit Hispanique, très différent du Rit Romain, cette Misa Flamenca fait entendre des pièces anciennes du répertoire mozarabe interprétées par Frédéric Tavernier-Vellas associé à ses amis chanteurs Jean-Etienne Langianni, Jean-Christophe Candau, Antoine Sicot et Raphaël Robin. Le chant Flamenco s’y intègre de manière vivante et naturelle à travers des compositions du guitariste Kiko Ruiz chantées par Matéo Cortès.

« Vive flamme d’Amour » pourrait être le titre de cette création où la ferveur liturgique de l’ancien et actuel chant Mozarabe se mêle au duende légendaire du Flamenco. C’est l’âme sacrée de l’Andalousie qui s’intériorise pour se communiquer de manière encore plus profonde et vivante. Des créations sur des textes de Jean de La Croix apportent à cette Misa Flamenca une vive flamme qui est danse de l’âme.

Cette Misa est aussi un hommage à Pedro Soler, auprès de qui Frédéric Tavernier-Vellas a découvert cette tradition toujours vivante qui veut qu’un artiste de flamenco crée, au moins une fois dans sa vie, une Misa flamenca.

Revivez le 42e festival en images !

C’est une très belle édition du Festival qui s’est achevée le 25 août dernier  en l’abbatiale de Sylvanès ! Pour ceux qui n’ont pas pu se déplacer et les nostalgiques de ces merveilleux moments musicaux partagés, voici un retour en images des 25 concerts qui ont rythmé l’été  ! Merci à tous les artistes et au public de ce 42 e festival  et à l’année prochaine  !

Splendeurs de la musique sacrée …

Le Festival de l’Abbaye de Sylvanès a perpétué sa tradition de partage artistique et interculturel. Du Chœur mondial des Jeunes accueilli en résidence exceptionnelle à Sylvanès à la rencontre polyphonique France et Turquie, plus de 40 pays ont été représentés au festival en passant par le Liban, la Bulgarie, la Russie, le Portugal, l’Espagne, l’Italie… Comme chaque année, le Festival a rendu hommage aux monuments de la musique sacrée avec Le Gloria de Vivaldi, La Messa di Gloria de Puccini, le Magnificat de Bach, le Stabat Mater d’Arvo Pärt, les grands airs d’opéras de Verdi, Bizet, Gounod et ainsi que des œuvres plus rarement jouées comme le Requiem for the living de Dan Forrest

  • World Youth Choir

  • 30e anniversaire du Chœur mondial des Jeunes

  • Chœur National Polyphonique d’Ankara & Ensemble Sagittarius

    © Marie Lamour

  • Dir : Michel Laplénie, Burak Onur Erdem

    © Marie Lamour

  • Ensemble vocal et instrumental de Montpellier, dir F.Fontcouberte

  • Marine Chaboud et Emilie Boudeau

    © Marine Rey

  • Ensemble A bout de souffle, dir : S.Delincak

    © Emidio Castri

  • Stéphane Delincak

    © Emidio Castri

  • Musique sacrée italienne, Dir : B.Tétu

    © Marie Lamour

  • Musique sacrée italienne, Dir : B.Tétu

  • 30e Académie de chœurs et d’orchestre, Dir : M.Piquemal

  • 30e Académie de chœurs et d’orchestre, Dir : M.Piquemal

    © Marie Lamour

  • Michel Piquemal et Michel Wolkowitsky, 30 ans d’amitié !

  • Jeune chœur de l’abbaye

    © Marie Lamour

  • Ensemble Scandicus

    © Marie Lamour

Le 15 août, Michel Piquemal à la tête de la 30e Académie de Chœurs et d’Orchestre a offert un sublime concert autour des œuvres emblématiques de Mozart. Le public a aussi pu se délecter des polyphonies sacrées de Bach, Monteverdi, Purcell, Victoria ainsi que de deux créations musicales de Raphael Lucas interprétés par le Jeune Choeur de l’Abbaye dirigé par Emmanuel et Jean-Michel Hasler. Belle découverte également avec l’Ensemble Scandicus qui a exhume les chants des chemins portugais de Saint jacques de Compostelle. Le festival a comme chaque année fait résonner son grand orgue contemporain autour de pièces célèbres interprétées par l’organiste titulaire Henri-Franck Beaupérin.

… et traditions musicales du monde entier

Forte de sa très riche offre musicale, l’Abbaye a aussi accueilli de la danse flamenco avec la Compagnie Flamenco Vivo-Luis de la Carrasca et son spectacle « Flamenco por un poeta » en l’honneur au poète Antonio Machado. L’Andalousie toujours avec la création d’une Misa Flamenca–Mozarabe inédite par la Compagnie Tavernier-Vellas.

  • Luis de la Carrasca

    © Emidio Castri

  • Ana Perez

    © Emidio Castri

  • Misa Flamenca Mozarabe

    © Marie Lamour

  • La Camera delle Lacrime

    © Marie Lamour

  • Neapolis Ensemble

    © Marie Lamour

  • Canticum Novum

    © Marie Lamour

De retour au festival, la Camera delle Lacrime a présenté son spectacle « Dante troubadour », superbe adaptation musicale de la Divine Comédie de Dante. L’Italie encore, avec les musiques napolitaines du Neapolis Ensemble ou les échos de la Perse et de la Turquie avec les excellents musiciens de Canticum Novum.

  • Sirba Octet

    © Jean-Marc Saumade

  • Françoise Atlan et Shadi Fathi

    © Marie Lamour

  • Irini

    © Marie Lamour

  • Ensemble Héliodores

  • Chœur de Sartène et Chœur de Sofia

    © Marie Lamour

  • Chœur du Patriarcat russe de Moscou

  • Bal traditionnel occitan sur le parvis

  • La Talvera

  • Merci à tous et à l’année prochaine !

Également fidèles au festival, les artistes du Sirba Octet ont livré les standards de la musique tzigane et klezmer autour de la balalaika d’Alexeï Birioukov. Duos, trios et quatuor féminins se sont succédé : Françoise Atlan et Shadi Fathi ont loué les chants sacrés « De la Perse à la Méditerranée » ; l’Ensemble Irini a mis en lumière les différentes figures de la Vierge et de son culte. Quant au jeune Ensemble Héliodores, il nous a régalé des œuvres de Purcell ou Haendel mêlées aux mélodies françaises du 20e siècle. Le Festival s’est clôturé le 25 août dans la convivialité autour de polyphonies corses et bulgares avec le Chœur de Sartène sous la direction de Jean-Paul Poletti et le chœur de Sofia. Sans oublier les artistes de La Talvera qui, à l’occasion de leur 40 ans de scène, ont entrainé les festivaliers dans la ferveur des chants, danses et musiques occitanes sur le parvis de l’abbatiale !

A l’écoute de la Lumière

C’est l’histoire d’une belle rencontre qui s’inscrit  à présent dans la longue histoire de l’abbaye…  celle entre un patrimoine d’exception et une création artistique contemporaine unique portée par lartiste lyonnais Jean-François Ferraton !

Inaugurés en mai 2018, les nouveaux vitraux qui parent l’abbatiale lui offrent une nouvelle lumière, intense et vibrante, rendant «la sobriété et le dépouillement de lédifice tout en magnifiant sa luminosité naturelle». Une œuvre qui s’affirme en profonde et véritable adéquation avec l’esprit et la spiritualité du lieu.

Un ouvrage d’art de 128 pages reliées et riche de 130 illustrations paraitra aux éditions Invenit le 22 novembre 2019. Il propose au lecteur une découverte du processus de création et de réalisation de  ces nouveaux vitraux. Chaque étape est abordée pour illustrer comment le créateur, Jean-François Ferraton, est passé des intuitions premières aux dessins préparatoires, puis aux essais, puis à la réalisation en atelier et enfin à la pose sur site. Il a été accompagné dans son travail par Philippe Brissy, maître-verrier.

Vous pouvez dès à présent commander ce livre par l’intermédiaire du bon de souscription ci dessus à imprimer, à compléter et à retourner par courrier postal avec le règlement. Jusqu’au 15 octobre inclus, vous pouvez ainsi bénéficier du tarif préférentiel de 25 € par livre (au lieu de 30 €) et profiter aussi d’une opportunité rare : pour les 50 premières personnes qui se manifesteront, la possibilité de s’offrir un tirage de tête (livre numéroté et signé par l’auteur) accompagné d’une fraction de vitrail coupée en pleine largeur !

NOTE DE L’AUTEUR : 

« Cet ouvrage traite simultanément du rapport de la lumière ou radiance de l’abbatiale avec son acoustique ou pulsation. Avant la création des vitraux, j’ai préalablement étudié ce rapport à partir de mes propres tracés de l’architecture. Depuis les études de Robert Aussibal dans les cahiers de Sylvanès, rien n’avait été fait sur le sujet. De même, aucune publication n’a encore traité avec précision de ce rapport dans l’architecture cistercienne. Il y a donc une approche originale qui permettra de mieux apprécier cette merveille d’architecture qu’est l’abbatiale. »

Télécharger la plaquette descriptive du livre

Vivre l’abbaye à l’heure monastique !

C’est une plongée dans la mémoire historique et liturgique de l’Abbaye de Sylvanès qui vous est proposée le temps d’un week-end du 20 au 22 septembre prochains. Cette expérience d’immersion dans un rythme « monastique » sera ponctuée par des concerts de chant grégorien et byzantin !

Plonger dans le patrimoine musical des offices médiévaux, se laisser surprendre par l’acoustique extraordinaire des lieux, s’émerveiller de l’architecture cistercienne en retrouvant l’harmonie des heures avec les cycles quotidiens de la nature…

Des ateliers de chant autour des différents répertoires liturgiques sont prévus et seront encadrés par deux chanteurs spécialisés dans les musiques anciennes liturgiques : Frédéric Tavernier-Vellas et Dominique Besse.

Ces ateliers alterneront avec des temps forts d’animation du patrimoine : chant des heures principales du jour dans l’abbatiale, conférences dans la salle capitulaire pour mieux comprendre la liturgie, son organisation et son exécution vocale…
Cette session de 3 jours est ouverte à tous les amateurs de chant liturgique qui seront conviés, dans la mesure des possibilités de chacun, et selon les pièces acquises durant les répétitions, à chanter auprès des artistes professionnels lors des offices et du concert ouvert au public le dimanche 22 septembre à 16 h dans le cadre des 36e Journées européennes du patrimoine.

Inscrivez-vous vite ICI pour vivre cette expérience unique !

Raphaël Lucas, compositeur en résidence

Sur l’invitation de Michel WOLKOWITSKY, directeur général du Centre Culturel de Rencontre de l’abbaye de Sylvanès, le jeune compositeur Raphaël LUCAS effectuera une résidence de création artistique pendant deux ans à l’abbaye et participera à 3 festivals consécutifs.

Élève en percussions et en harmonie / contrepoint au CRR de Montpellier de 2001 à 2006, il s’est formé à la composition aux États-Unis, à la State University of New York collège de Purchase où il obtient un Bachelor of Music en 2009 et un Master of Music en 2012. Il étudie également à la Manhattan School of Music à New York (Master 1) sous la direction de Nils Vigeland, un élève du compositeur américain Morton Feldman. Cette année, deux de ses compositions, dont une création mondiale, commande de l’abbaye de Sylvanès, seront proposées dans le cadre du 42ème festival des musiques sacrées / musiques du monde pour le concert du Jeune Chœur de l’abbaye de Sylvanès, « l’Europe Mystique » Polyphonies sacrées des 17ème et 18ème siècles.

Le concert aura lieu samedi 17 août à 21h en l’Abbatiale de Sylvanès.

Partons à la rencontre du jeune compositeur.

Comment avez-vous connu l’Abbaye de Sylvanès ?

La première fois que je me suis rendu à l’Abbaye de Sylvanès, c’est en tant que percussionniste, au début des années 2000 avec l’Orchestre Contrepoint. Mais j’ai fait la connaissance de Michel WOLKOWITSKY en 2013 lors de la Saison Musicale de Saint-Guilhem-le-Désert, qu’il dirige et où une de mes œuvres a été jouée par l’Ensemble Orchestral de Montpellier sous la direction de Dorota ANDERSZEWSKA. Après quelques années passées à New York puis à Paris, je me suis installé en sud-Aveyron en octobre dernier. A la faveur de cette installation, j’ai repris contact avec Michel WOLKOWITSKY et c’est à ce moment que j’ai vraiment pu découvrir l’abbaye de Sylvanès.

 

Pourquoi avoir choisi l’Abbaye de Sylvanès comme résidence artistique ?

Dès mon installation dans la région je me suis rendu régulièrement à l’abbaye de Sylvanès. Nous avons eu de nombreux échanges avec Michel WOLKOWITSKY sur des sujets aussi variés que la littérature, le cinéma, la spiritualité, une passion commune pour la culture russe, etc. Le projet d’une résidence de création en composition a émergé de ces conversations et d’un désir commun de créer de la musique pour l’abbaye de Sylvanès. La dimension spirituelle, l’histoire et la richesse culturelle de l’Abbaye de Sylvanès en font un lieu parfaitement adapté à une résidence de création en composition. De plus, le Centre Culturel de Rencontre de l’abbaye de Sylvanès est une institution à taille humaine, chaleureuse, où l’atmosphère est propice aux échanges et à la créativité, avec une équipe administrative et technique disponible et passionnée. C’est aussi un cadre de travail idéal par les possibilités extraordinaires d’expérimentation qu’il offre, que ce soit avec le grand orgue, l’acoustique de l’abbatiale, la bibliothèque, l’immersion dans la nature, etc.

 

Comment ce lieu va influer sur votre création artistique ?

A l’origine, l’Abbaye de Sylvanès est un lieu de silence et de prière, niché dans une nature elle-même silencieuse et profonde. Être ici invite au recueillement, à la contemplation et à l’écoute de ce silence, à l’observation de toute une palette de nuances sensorielles, des sons de l’abbaye, des variations de lumière du paysage, etc. C’est un lieu qui inspire aussi une sorte de sobriété imposante. Je pense que c’est cet aspect qui va le plus influer sur ma façon d’aborder la composition.

Par ailleurs, le fait que le Centre Culturel de Rencontre soutienne ma création et porte les projets que je vais y réaliser dans le cadre de cette résidence d’artiste aura une influence fondamentale dans ma démarche, m’apportant la sérénité, l’ancrage et la confiance indispensable à toute pratique créative dans le monde actuel.

 

Comment vos œuvres qui seront interprétées ce samedi, vont-elles s’inscrire dans un programme de polyphonies des 17ème et 18ème siècles ?

Environ 8 ans séparent la composition des deux pièces qui vont être jouées. Nativity, composée en 2011 sur commande de la paroisse de Saint-Jean l’Évangéliste à Boston, est une mise en musique d’un texte extrait de la Corona, du poète mystique anglais John Donne, à la charnière des 16ème et 17ème siècles. Par son texte, cette pièce s’inscrit donc parfaitement dans ce programme, bien que son écriture musicale se situe plus de côté des compositeurs français de la première moitié du 20ème siècle.

L’autre pièce, Hymne est une commande de l’abbaye de Sylvanès, composée à la fin du printemps cette année. C’est la première œuvre que je compose dans le cadre de la résidence de création artistique. J’ai par ailleurs œuvré à sa composition sur les lieux même de l’abbaye de Sylvanès. Pour cette pièce, écrite pour 8 voix a capella, j’ai travaillé sur un superbe texte de l’auteur français Mathias Énard, extrait de son roman Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Il y évoque un épisode de la vie de Michel-Ange. Pour cette pièce, j’ai mis en œuvre une pensée inspirée entre autre par l’acoustique de l’abbatiale de Sylvanès. J’ai travailler sur une écriture contemporaine qui serait une dérivation de la façon de penser la polyphonie à la renaissance.

 

Jean-Louis Comoretto de Scandicus évoque VIA LUSITANA

Intéressé par les musiques européennes anciennes, l’ensemble Scandicus nous emmène cette année sur la « Via Lusitana », chemin de pèlerinage qui relie Lisbonne à Saint-Jacques de Compostelle. De la capitale du Portugal en passant par Coimbra et son université, et la grande cathédrale de Braga, huit chanteurs et un pèlerin conteur réactualisent les œuvres méconnues de compositeurs portugais de la Renaissance. Partons à leur rencontre…

  • Votre répertoire s’étend du chant grégorien aux madrigalistes italiens, pourquoi avoir choisi cette année ce programme de chants des chemins portugais ?

En fait, d’une part, il y a longtemps que nous souhaitions faire un programme autour des chemins de St-Jacques et d’autre part, nous avions dans les tiroirs de la musique portugaise de la Renaissance qui recèle de trésors qui ne sont que très rarement interprétés. C’est donc assez naturellement que nous avons eu l’idée de construire notre chemin autour des grands compositeurs et centres musicaux portugais. Ainsi est né ce programme que nous avons grand plaisir à chanter. Les musiques sont magnifiques.

 

Extrait live de « Via Lusitana » : Requiem de Lobo

  • En plus de proposer un programme inédit, aux pièces chantées par les huit voix d’hommes, s’ajoute la voix du pèlerin conteur incarné par Michel Wolkowitsky. Quelques mots sur cette démarche artistique ?

L’idée était d’emmener le public dans la démarche du pèlerin à la charnière du 16e et 17e siècle. Nous nous sommes appuyés pour cela sur un texte historique  «  Le pèlerinage d’un nommé Chrétien ». La fonction du conteur pèlerin est de faire cheminer le public avec nous, le faire réfléchir, imaginer et partager les émotions suscitées par la musique. Le pèlerin est en fait ce personnage central sans lequel il n’y a pas d’histoire.

  • Enfin, que vous inspire et que représente pour vous un lieu comme l’abbaye de Sylvanès ?

Pour nous, l’Abbaye de Sylvanès est le lieu idéal pour que cette musique s’exprime au mieux. La beauté du lieu, son histoire jacquaire, sa quiétude en fait une halte incontournable sur le chemin musical du groupe. L’adéquation entre lieu et de la musique est totale. Ensuite, en fonction des convictions de chacun, ce lieu chargé d’histoire et de chrétienté, est un symbole d’ouverture et d’oecuménisme par le travail réalisé. Nous terminons d’ailleurs ce programme par la lecture d’un texte qui ouvre vers cette humanité et universalité.

Puisque l’occasion nous en est donné ici, nous tenons à remercier l’équipe du festival, réunie autour de son directeur, de nous offrir les conditions optimales pour interpréter ces musiques.

Découvrez Jean-Louis Comoretto le vendredi 9 août à 21 heures pour « Via Lusitana«