L’Ecole de l’Oralité plonge dans l’univers radiophonique

Pour la 3e année consécutive, l’École de l’Oralité s’installe au collège Saint Michel de Belmont. Initié par l’Abbaye de Sylvanès, ce projet d’éducation artistique et culturelle propose une nouvelle immersion passionnante dans la langue et la culture occitanes, toujours en résonance avec le dialogue des cultures.

Cette année, le projet propose de créer la grille scénarisée d’une émission radiophonique librement inspirée des célèbres « Carnets de Campagne » diffusés quotidiennement sur France Inter. Au travers de diverses rubriques, nos journalistes, chroniqueurs et techniciens en herbe livreront un véritable écho de notre territoire en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent et le font vivre !

Présentation du projet © Collège Belmont-sur-Rance

Tâtonner, dialoguer, oser, se tromper… élèves, enseignants et artistes expérimentent ensemble un chemin où le processus de création est plus important que la production en elle-même.

Pour les guider dans cette aventure créative inédite, trois artistes interviendront dans les classes de 6e et de 3e de janvier à juin 2023, sur un total de 90 heures d’ateliers :
Emmanuel Bardon, artiste lyrique et directeur de l’école de l’oralité, leur transmettra plusieurs chants (répertoire d’Occitanie au sens large, incluant la Galice, la Catalogne, l’Italie du Nord, la Provence…)
Avec Ismaïl Mesbahi, multi-instrumentiste, ils effectueront un travail de composition musicale (génériques, jingles et paysages sonores) avec des instruments à vent, à cordes pincées ou frottées et des percussions.
Avec Ives Durand, conteur et comédien bien connu de notre région, ils rédigeront les rubriques de l’émission radio : paysages et flore locale, mémoire, langue, patrimoine, fête, chant…

Atelier Ecole de l’Oralité © Collège Belmont-sur-Rance

Ce magnifique projet ne pourrait bien sûr avoir lieu sans l’implication des enseignant(e)s qui, chacun(e) au travers de sa matière, alimenteront le contenu de ces rubriques, rédigées et enregistrées tantôt en français, tantôt en occitan !

Les premiers ateliers se sont déroulés du 3 au 5 janvier 2023.

Cette émission radiophonique – dont le titre reste à trouver ! – sera présentée publiquement le mardi 13 juin 2023 à l’abbaye de Sylvanès, accompagnée en direct par des musiciens de l’ensemble Canticum Novum.

En attendant ce rendez-vous à ne pas manquer, plongez dans l’univers de cette grande aventure collective en écoutant les élèves, les artistes et les enseignants parler, chanter et jouer au micro de Josef Ulla pour Radio Saint-Affrique, partenaire privilégié de ce projet !  Reportage réalisé au cours des trois premiers jours de travail !

Ecouter le podcast sur le site de Radio Saint-Affrique  : podcast Ecole Oralité

S’initier au chant diphonique avec Johanni Curtet

Saviez-vous que tout le monde est capable de sortir plusieurs sons avec une seule voix ? Un khöömiich (diphoneur ou diphoneuse mongol) peut, à lui ou elle seul, émettre un bourdon vocal et réaliser simultanément une mélodie d’harmoniques entourée de diverses résonances. Cette acrobatie de la voix semble virtuose, mais elle est accessible à tous si on nous en donne les clés. N’importe qui peut être initié à ce chant diphonique ou l’art du khöömii.

Pour toute personne s’intéressant à la voix, cette pratique mongole, si elle est assidue, peut apporter sur le long terme : une augmentation des capacités respiratoires, une écoute des fréquences les plus subtiles, avec la redécouverte de certaines fréquences une amélioration de l’audition, plus de justesse, de la confiance en soi, enfin un grand plaisir vibratoire. Alors, pourquoi s’en priver ?

Cette nouveauté intégrée à l’offre éclectique de stages de formation vocale proposée par le Centre culturel de rencontre sera reconduite du 25 au 28 juillet 2023 et encadrée par le musicien et ethnomusicologue Johanni Curtet. 

Johanni Curtet entouré de ses stagiaires – Abbaye de Sylvanès – août 2022

Pour aborder la technique du khöömii dans sa globalité, Johanni Curtet apporte au cours du stage des éléments théoriques propres à sa démarche ethnomusicologique (avec enregistrements et images à l’appui), des exercices de musculation des lèvres, de la langue, une gestion particulière du souffle, un contrôle du son avec et sans diphonie, un enrichissement du timbre vocal, la recherche d’un timbre guttural, ainsi qu’un travail de l’écoute et de la pensée musicale dans une perspective mongole. Avec cette méthode, chacun peut repartir avec un bagage lui permettant de développer l’art du khöömii sérieusement chez soi, en restant au plus près de la pratique traditionnelle et de la réalité autochtone.

Les inscriptions pour ce stage seront ouvertes à partir du 20 février 2023. 

 

Une formation pour artistes de chœur

Le Centre culturel de Rencontre de l’Abbaye de Sylvanès et son directeur Michel Wolkowitsky accordent une attention toute particulière à la transmission de l’art vocal et à l’insertion professionnelle des jeunes artistes. Depuis janvier, un appel à candidature de formation professionnelle pour artistes de chœur a été lancé en collaboration avec le compositeur Christopher Gibert (directeur de chœur) et l’Orchestre Baroque « Les Passions », en partenariat avec le Centre d’Art Vocal Occitanie / Les éléments.

 

ORGANISATION DE LA FORMATION
Elle se déroule à l’abbaye de Sylvanès sur trois sessions d’une semaine réparties du printemps à l’été  : la première en avril, la deuxième en juin et la troisième en août.

Cette formation intensive est encadrée par le compositeur et chef de chœur Christopher Gibert, en résidence à l’abbaye pour 3 années (2022-2024). Chaque semaine de formation proposera une thématique esthétique et variera les effectifs musicaux dans le but d’expérimenter au mieux différents dispositifs artistiques.

• Semaine 1  : « Travail a cappella » du mardi 25 au samedi 29 avril inclus
Programme Europe chorale XIXe et XXe siècles
L’objectif de cette session est de former l’oreille fine des participants au travail en chœur

• Semaine 2 : « Grand orgue et choeur »du mardi 6 au samedi 10 juin inclus
Travail avec instrument : Chanter avec l’orgue
« Création contemporaine » du 46e Festival

• Semaine 3 : « Chœur et Orchestre » du lundi 7 au dimanche 13 août inclus
Travail avec orchestre baroque (rapport soliste de chœur et grand chœur)
À travers l’étude d’une œuvre majeure du répertoire baroque français, la Missa Assumpta Est Maria et Litanies à la vierge de M.A Charpentier avec l’orchestre baroque Les Passions, direction : Jean-Marc Andrieu.

PUBLIC ET PRÉ-REQUIS
Pré requis  : Lecteur confirmé • Expérience en tant que chanteur appréciée • Formation lyrique (3e cycle, DEM ou plus) ou expérience artistique significative • Avoir moins de 35 ans •

Public  : • Ouvert aux intermittents, compatible avec les formations professionnelles • Ouverts aux artistes chanteurs souhaitant approfondir le travail de choeur de chambre professionnel

Effectif max : 16 personnes –  min 8 personnes

COMMENT SOUMETTRE SA CANDIDATURE ? 
Pour candidater, il suffit d’envoyer  CV, lettre de motivation, enregistrement audio / vidéo  à  : direction@sylvanes.com avec pour objet de mail « Candidature formation pour artistes de chœur 2023 »
Date limite de candidature : 28 février 2023
Étape 1 : Présélection sur dossier
Étape 2 : Auditions à Toulouse en mars

 

COÛT DE LA FORMATION
Coût pédagogique de la formation (pour 3 sessions soit 90h) : 2000 €
Possibilité d’hébergement et de restauration à l’abbaye (nous contacter)
NB : L’Abbaye de Sylvanès est certifiée QUALIOPI au titre des Actions de Formation. Cette certification permet aux bénéficiaires de solliciter des financements au titre de la formation professionnelle continue via les opérateurs de compétences, l’État, les régions, la Caisse des dépôts et consignations, Pôle emploi ou l’Agefiph.

 

TÉLÉCHARGER LA FICHE DESCRIPTIVE de la FORMATION 

En savoir plus sur  Christopher Gibert  :  lire l’article de blog Rencontre avec Christopher Gibert 
et https://www.animanostra.fr/christophergibert

 

Rencontre avec la soprano Delphine Mégret

Elle est aveyronnaise, talentueuse et fut incontestablement l’« artiste vedette » de la saison 2022 de l’abbaye avec pas moins de sept projets de résidences et de concerts. Elle nous parle de son attachement à Sylvanès et aux belles rencontres faites en ce lieu…

Tu as étudié à la très réputée Guildhall School of Music and Drama de Londres. Que retires-tu de cette expérience ?
Beaucoup de choses, magiques mais éprouvantes à la fois. C’est très dur d’être dans un lieu si exigeant où la compétitivité et la recherche d’excellence étouffent parfois la passion simple d’aimer chanter. Ça forge pour le métier, ça c’est sûr !
On devait apprendre énormément de musique, sans pour autant délaisser tous les autres aspects du métier (langues, théâtre, danse, culture musicale, esprit critique, travail de groupe, savoir collaborer, créer, transmettre…); travailler avec des personnalités très différentes, savoir recevoir leurs conseils, les critiques, parfois décourageantes, faire avec, garder la tête froide et ne surtout pas perdre notre identité artistique. Je dois beaucoup à Michel Wolkowitsky car il restait le pilier, la référence même pendant toutes ces années pour que je ne me perde pas vocalement ni personnellement. Avec du recul je pense avoir relevé le défi et j’en suis très fière !

Aujourd’hui, c’est un retour aux sources?
Oui, un retour aux sources. Après la vie londonienne j’avais besoin de retrouver mes racines – « partir pour mieux revenir ». Il me semblait plus facile de bâtir ma vie professionnelle en tant que chanteuse ici en France, cela me ressemblait. Je sentais aussi que Sylvanès allait m’apporter un socle, un levier de rencontres artistiques…

Que représente pour toi Sylvanès ?
C’est très étonnant d’avoir autant d’émotions pour un lieu. Sylvanès m’accompagne depuis toute petite – je m’y suis rendue la première fois à l’âge de 5 ans pour assister à la représentation de L’arche de Noé de Britten où jouait ma sœur Shani. J’y ai fait des rencontres incroyables, d’ami(e)s chèr(e)s, de grands artistes, des moments de partages avec des personnes de toutes origines, milieux et expériences diverses, c’est très enrichissant.

Des souvenirs marquants?
Beaucoup de premières fois qui restent gravées à vie, comme la première fois qu’on chante sur scène ou mon premier Requiem de Mozart dans l’immense abbatiale. Et tous ces concerts magnifiques qui m’ont inspirée et m’ont construite. Impossible de ne pas mentionner la rencontre la plus belle qui soit avec Michel Wolkowitsky, puisque tout cela est en grande partie grâce à lui : il m’a ouvert les portes de Sylvanès comme celles de ma maison.

Si tu devais choisir le projet mené avec Sylvanès qui t’a le plus marqué en 2022, lequel citerais-tu ?
Dur de choisir… mon coeur s’attarde tout de même sur le récital « Trois Poèmes Mystiques » auprès du compositeur, chef d’orchestre, pianiste Thierry Huillet et la violoniste concertiste Clara Cernat. C’est indescriptible d’avoir le privilège d’interpréter une musique composée pour l’occasion et de la façonner avec le compositeur et le pianiste lui-même ! J’ai eu l’honneur de rencontrer ces deux musiciens pour un récital tout aussi magique en 2020 autour de Debussy et du compositeur Raphaël Lucas. J’y avais ressenti une sorte d’apaisement artistique : tout ce que j’avais aspiré à vivre en tant que chanteuse avait abouti à Sylvanès ce soir là, tant ce concert était riche humainement et musicalement… alors remettre ça deux ans plus tard c’était the cherry on the cake !

Tu chantes du classique, du contemporain, de la comédie musicale… mais quel est ton répertoire de prédilection ?
J’ai cette démarche qui tend à diversifier les projets tant dans leur forme que dans leur contenu et je n’ai jamais cherché l’hyper-spécialisation, bien au contraire. Je crois de plus en plus que la voix peut s’adapter à tous les styles et répertoires tant qu’on la respecte et qu’on l’utilise avec les bons mécanismes. Comme l’enseigne Michel Wolkowitsky, il ne faut pas s’enfermer dans un son, une couleur, une seule façon d’utiliser sa voix mais au contraire garder ouvert le « chant » des possibles.

Mixer les styles musicaux, créer du lien entre eux : pourquoi est-ce important pour toi ?
Car le monde évolue et que c’est notre devoir en tant que musicien professionnel de garder l’esprit ouvert à ce qui se passe autour de nous. Le risque parfois d’être un interprète de musique du passé et de perpétuer sans cesse ce qui s’est déjà fait encore et encore peut enfermer cette musique et la figer. Le but de créer du lien n’est pas une lubie pour être à la mode en 2022 mais une nécessité qui se fait ressentir de toute part, car de nombreux artistes sont prêts aujourd’hui à se rassembler, collaborer, faire tomber les murs pleins de fausses croyances et de s’enrichir ensemble. Et c’est surtout à nous, les musiciens qui venons du classique de faire le premier pas. Mais ceci reste peut-être un point de vue très personnel… et parce que je n’ai pas envie de me sentir mise dans une case même si je suis incroyablement fière de faire vivre la musique classique et que c’est ce qui m’anime vocalement le plus bien sûr.

Représentation de « La Belle et le Loup », comédie musicale jeune public – Paloma juin22 © Stéphane Mathieu

 

Quel artiste t’a le plus inspirée ?
Dur… en plus j’aime surtout écouter tout ce qui n’est pas en rapport avec ce que je fais ou mon type de voix, du genre Cesaria Evora, Freddy Mercury, Wagner, Sarah Vaughan, Yseult ou des voix plutôt lyriques et graves comme Matthias Goerne. Mais bon, il y a tellement de sopranos que je ne peux qu’admirer comme Margaret Price, voix étonnante de finesse et de puissance, Patricia Petibon, Natalie Dessay tellement fascinante et bien sûr Maria Callas, qui était Carmen sur le seul CD d’opéra que j’avais à la maison quand j’étais petite… Ma première référence !

Quel autre métier aurais-tu pu faire ?
Je ne sais pas… mais j’ai toujours eu ce fantasme d’être écrivaine ou spéléologue, vraiment rien à voir !

Quelle partition emporterais-tu sur une île déserte ?
Sûrement le Requiem de Verdi pour ne surtout rien oublier de cette œuvre et pouvoir l’entendre dans ma tête, car ce n’est pas du tout pour mon type de voix par contre.

Quels conseils donnerais-tu à un(e) jeune qui souhaite devenir artiste lyrique ?
De foncer ! Si on est animé de quelque chose, il faut y aller et constamment travailler sur soi pour ne pas être guidé par la peur mais plutôt par notre lumière intérieure.

 

L’actualité de Delphine à suivre sur www.delphinemegret.com

 

Une ère nouvelle pour l’abbaye !

Le projet d’aménagement de l’abbaye avance doucement mais sûrement. Lors du dernier comité de pilotage qui a eu lieu le 28 septembre dernier, le projet se dessine et se précise peu à peu…

Un projet architectural porté par les valeurs cisterciennes

A Sylvanès, l’architecture et la spiritualité se sont conjuguées de la plus belle manière pour formaliser un commun, porté par les valeurs cisterciennes.
Les architectes du cabinet parisien Antoine-Dufour ont ressenti ces valeurs, à la fois dans les propos partagés par les acteurs qui animent aujourd’hui le lieu, mais aussi dans ce que le lieu lui-même communique : ses formes, sa composition, ses matières, son épaisseur historique, culturelle et spirituelle.

Ainsi, ils ont abordé le projet dans cet esprit en l’appuyant sur sept intentions. Chacune vise à inscrire des résonances avec le lieu et son histoire ; à consolider aussi le sens de l’abbaye dans son rapport à l’architecture cistercienne, au sacré et à la musique.

1- Maintenir une présence authentique et humble entre l’abbaye et le pré – La valeur du silence
Dans son rapport au site et à l’histoire des lieux, le projet tente de maintenir une forme d’authenticité et d’humilité, basée sur la mesure et l’expression claire, simple et brute des formes et des matériaux.

2- Cohabitation et polyphonie – Reformer un cloître ouvert

3- Entre ouverture et fermeture – une limite poreuse et rythmique entre l’abbaye et le pré
L’aile créée constitue le premier plan de l’abbaye pour les visiteurs. Le projet poursuit à la fois l’objectif de reconstituer un clos et un rapport clair entre intérieur et extérieur, mais aussi de maintenir une ouverture et une porosité sur le cœur de l’abbaye afin de confirmer ses valeurs d’accueil et de dialogue.

4- La présence des éléments – ressentir les premiers temps de l’abbaye
Le projet cherche en premier lieu à retrouver la présence et le son de l’eau, en permettant aux visiteurs de s’approcher du Cabot, l’entendre et le voir.
– La pierre et le bois constitue 80% des matériaux constructifs du projet.
– Le sol est maintenu à 90% en herbe dans le pré et dans le cloître.

5- Mesure et proportions – vers une quête d’équilibres et de correspondances
L’architecture cistercienne est un art de composition et de mesure. Le projet par son installation et ses proportions procède d’ajustements géométriques basés sur le carré et les proportions d’or.

6- Confort et harmonie – se sentir bien à Sylvanès
L’un des principaux idéaux spirituels concernent probablement le bonheur et le bien-être. L’architecture comme la musique en sont des vecteurs fondamentaux.

7- Sobriété et pérennité – durer sans laisser de traces
Les matériaux mis en œuvre sont majoritairement issus de filières courtes, locales, sont peu transformés, de telle sorte à limiter les transports, activer l’économie locale et s’assurer d’un vieillissement optimal et mélioratif de l’édifice par sa patine.

 

Un ambitieux projet, un enjeu collectif

Cet ambitieux projet de territoire est porté par la Communauté de Communes Monts, Rance et Rougiers qui assure la maîtrise d’ouvrage en collaboration étroite avec la petite commune de Sylvanès, propriétaire des lieux, les conseils et le soutien des services de la DRAC et des Monuments historiques d’Occitanie au Ministère de la Culture, le Département de l’Aveyron, du Conseil Régional Occitanie-Sud de France, de l’Europe et du Parc Naturel régional des grands Causses.

Le budget prévisionnel de l’opération s’élève au total à 4 200 000 € HT.

Il est également prévu que l’Association de l’Abbaye de Sylvanès apporte sa participation à hauteur de 350 000 € HT pour financer tout ce qui concerne la muséographie, scénographie, signalétique, équipements scéniques et mobilier.

Côté calendrier des actions, la phase d’études (en cours) enchainera avec la consultation des entreprises ( juin 2023), préparation des travaux (septembre 23) avec une phase travaux (de l’automne 23 à décembre 24) pour une inauguration prévue printemps-été 2025 pour les 50 ans de l’aventure Sylvanès !

Plan de masse, © Cabinet Antoine Dufour

Un appel aux dons des particuliers, fondations et entreprises 

Pour que nous apportions notre part aux côtés des pouvoirs publics à cet ambitieux projet, nous avons créé le Fonds Abbaye de Sylvanès au sein du Fonds de Dotation Transatlantique. Le Fonds de l’Abbaye de Sylvanès a pour vocation de financer les investissements à long terme qui façonneront l’Abbaye de Sylvanès de demain grâce au soutien des particuliers, des fondations et des entreprises. Le Fonds vous offre l’opportunité de vous associer durablement à l’histoire de l’Abbaye de Sylvanès, de nous aider à apporter notre pierre à l’édifice et de bénéficier de réductions d’impôts.

Si vous souhaitez faire un don, nous lancerons très prochainement une campagne et mettrons à disposition en ligne un bulletin de don à compléter et à adresser directement au Fonds de Dotation Transatlantique.

C’est une nouvelle page de l’histoire de l’abbaye qui se prépare, alors construisons ensemble l’avenir qui vient  ! 

 

Clap de fin de saison avec le film musical !

Pour marquer la fin de la saison artistique du Centre culturel de rencontre de l’abbaye, le directeur artistique Michel Wolkowitsky avait concocté une très belle sélection de films musicaux lors des rencontres organisées au Cinéma le Temple de Camarès du 10 au 13 novembre. Cette 14 e édition a retrouvé un public local de cinéphiles et mélomanes avec une fréquentation doublée par rapport à l’édition précédente.

Cette rencontre du film musical s’est ouverte avec légèreté sur la magnifique musique de George Gershwin et la grâce de Gene Kelly dans « Un Américain à Paris » de Vincente Minelli, chef d’œuvre du musical hollywoodien au palmarès  juste incroyable  : pas moins de six oscars dont celui du meilleur film!

Ce fut aussi pour quelques nostalgiques du couple mythique John Travolta & Olivia Newton-John l’occasion de revoir « Grease » la comédie la plus célèbre des 70’s touchante de naïveté mais au dynamisme très communicatif  !

« Billy Elliot », non pas le film mais la comédie musicale live fut une belle surprise de la programmation. L’histoire qui transporte le public dans le quotidien d’un fils de mineur se rêvant danseur étoile est un spectacle émouvant porté par la musique captivante d’Elton John et une troupe d’enfants danseurs exceptionnelle.

Trois biopics retraçant des vies d’artistes hors du commun étaient aussi à l’affiche.
Le sombre et à la fois lumineux « Shine » qui retrace l’histoire vraie et poignante du célèbre pianiste australien David Helfgott, enfant prodige qui a passé plus d’une décennie dans des institutions psychiatriques. Cette histoire poignante, véritable concert d’émotions a révélé l’acteur Geoffrey Rush, bouleversant de vérité dans son incarnation de David adulte.
Quant au film  « Rachmaninov » de Pavel Lounguine,  il s’inspire de l’itinéraire tumultueux et baigné de mélancolie du légendaire pianiste compositeur Serguei Rachmaninov, de son enfance dans la Russie du début du 20e siècle à ses derniers jours en Californie. Une vie mouvementée faite d’exils, de passions et de tourments !

Mais sans conteste, c’est le film « Respect » qui a eu le plus de succès auprès du public ; ce premier film de Liesl Tommy suit l’ascension de la carrière de la Reine de la soul, Aretha Franklin, de ses débuts d’enfant de chœur dans l’église de son père à sa renommée internationale. Un très beau film porté par une Jennifer Hudson à la voix puissante et émouvante, au sommet de son art.

Des histoires de résilience et d’espoir, il en était aussi bien sûr question dans le merveilleux film « Un Violon sur le Toit » de Norman Jewison qui dépasse le style alerte de la comédie musicale pour atteindre la pure tragédie. Tout au long du film , on se régale de la bande originale de John Williams dont le légendaire « Ah si j’étais riche ! » et du violon d’Isaac Stern. « Le miracle de ce film c’est la vie. Elle palpite partout, à chaque instant et à fleur d’écran. Elle vous emporte. Elle vous transporte. Elle vous étourdit »  écrivait Michel Lengliney dans le Télérama du 19 décembre 1971. Un vrai chef d’œuvre et le public, venu nombreux à la séance n’a pas regretté le déplacement !

Enfin, cette 14e rencontre s’est achevée en beauté avec un spectacle hors-norme filmé au Stade de France à Paris : l’opéra « Turandot », dernier chef-d’œuvre de Puccini sublimé par la mise en scène du maître du cinéma fantastique chinois Zhang Yimou et servi par par une distribution internationale, des costumes, une scénographie et des chorégraphies exceptionnels. Un opéra spectacle grandiose !

Un merci particulier à la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier pour son soutien et rendez-vous l’année prochaine pour une 15e édition de ces rencontres du film musical  !

 

 

Un nouveau chœur d’enfants pour La Belle et le Loup !

Si vous suivez de près l’actualité de l’Abbaye de Sylvanès, vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler de La Belle et le Loup ! Inédite, cette œuvre musicale composée pour le jeune public par Cécile Veyrat sur un texte de Marie-Chloé Pujol-Mohatta a été créée en mai 2022 à Onet-le-Château avec un chœur de 45 élèves puis en juin à Paloma, SMAC Nîmes Métropole avec d’autres enfants. Fort du succès partagé par les participants, les publics et les partenaires, le projet est reconduit en 2022/23 en Aveyron et aussi dans le Gard avec de nouveaux élèves qui auront la chance d’expérimenter le processus de création artistique de A à Z !

Représentation à Paloma, SMAC Nîmes Métropole, 10 juin 2022 © Stéphane Mathieu

Librement inspiré du conte traditionnel La Belle et la Bête, La Belle et le Loup est un « opéra pop » construit sous la forme d’une fable écologique qui vient questionner notre rapport à la nature, aux animaux et plus largement au vivant. Les allégories de l’Homme (La Belle) et de la Nature (Le Loup) invitent les spectateurs (les Humains) à reconsidérer leur rapport au monde. L’œuvre est caractérisée par une musique actuelle aux accents d’opéra où les sonorités classiques – piano, violoncelle, flûte traversière – se mêlent à d’autres plus contemporaines – saxophone, synthétiseur, vibraphone.

La reconduction d’un partenariat avec le Département de l’Aveyron permet la mise en place d’actions de médiation pour les scolaires… et ce sont 65 élèves de Cm1/Cm2 de l’école Blanchard (Saint-Affrique) qui s’apprêtent à plonger dans cette grande aventure péda et musicale aux côtés de Cécile Veyrat – compositrice de l’œuvre musicale et interprète de la Belle. C’est elle qui assurera la formation des choristes en herbe tout au long de l’année scolaire.

Une quarantaine d’heures d’ateliers de chant sont prévues dans les classes pour former le « chœur de la forêt » qui montera sur scène aux côtés des 10 chanteurs et instrumentistes professionnels. A la fois témoin et acteur de l’intrigue, celui-ci est véritablement impliqué dans le spectacle par l’intermédiaire de nombreux dialogues chantés avec les protagonistes de l’histoire.

Représentation à Paloma, SMAC Nîmes Métropole, 10 juin 2022 © Stéphane Mathieu

Ne ratez pas l’aboutissement de ce travail qui sera présenté le mardi 20 juin 2023 à la Salle des Fêtes de Saint-Affrique !

Dans le Gard, les représentations auront lieu les 15 et 16 mai à Nîmes.

La Belle et le Loup s’inscrit dans la continuité des projets artistiques et pédagogiques portés par l’Abbaye de Sylvanès qui permettent la formation et l’implication d’un chœur d’enfants dans des productions musicales. Initié par l’Abbaye de Sylvanès, le projet est co-produit avec Les Oreilles en Eventail (30) en partenariat avec le Département de l’Aveyron dans le cadre de ses itinéraires d’éducation artistique et culturelle 2022/23. Il reçoit le soutien de l’Education Nationale, de la DRAC Occitanie et de la Ville de Saint-Affrique.

Ode aux femmes compositrices

La dernière résidence d’artistes de l’année s’est déroulée du 18 au 20 octobre à l’Abbaye de Sylvanès avec deux femmes musiciennes de grand talent réunies par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitsky : la pianiste espagnole Carmen Martínez-Pierret et la soprano d’origine aveyronnaise Delphine Mégret.  
Au programme :  trois journées de travail autour de leur projet musical « l’Heure rose » qui sera créé au Teatro de la Maestranza, Opéra de Séville le 19 décembre 2022.

Aux côtés du violoncelliste Israel Fausto avec qui elle partage la direction artistique, la pianiste a initié le cycle « Rasgando el silencio » au Teatro de la Maestranza de Séville pour faire découvrir au public l’œuvre de 60 femmes compositrices de 1750 à 1980.
Ce cycle sur 3 ans qui comprend 12 événements a débuté la saison dernière avec 4 premiers concerts.
« Cela fait longtemps que je fais des recherches sur le répertoire le plus secret et le plus oublié de l’Histoire de la Musique : celui des compositrices. Le canon de l’histoire de la musique n’a pas pris en compte les femmes, il les a complètement oubliées, c’est un choix très injuste et je veux les rendre visibles », précise Carmen Martínez-Pierret.

Les répertoires sont de différentes époques, les formes musicales variées (musique de chambre, solo, duos, etc…) mais tous mettent en lumière le pouvoir musical de ces femmes créatrices.
«  On veut réveiller la curiosité, l’envie de découvrir ce répertoire qui n’a rien à envier aux compositeurs masculins de la même période. On veut démontrer que les créations de ces femmes ont souvent la même valeur que celles des compositeurs hommes. Souvent, le public mais aussi les interprètes sont surpris de la qualité de ce répertoire. »

La pianiste Carmen Martínez-Pierret et la soprano Delphine Mégret autour de Michel Wolkowitsky

Pour ces précédents concerts, Carmen Martínez-Pierret a déjà collaboré avec la violoniste Clara Cernat (album « Sérénade » sorti en 2021 au label Thelxínoe Music) ou encore le pianiste- compositeur Thierry Huillet.

Pour cette création « l’Heure rose » du 19 décembre à Séville, elle sera aux côtés de la soprano Delphine Mégret pour un programme de lieders, songs et mélodies de quinze compositrices de différentes nationalités du 19e et 20e siècles.
Parmi elles, certaines, en raison du nom de famille de leur mari, leur frère sont plus connues, comme Alma Mahler, Clara Schumann ou Fanny Mendelssohn. Les autres s’appellent Pauline Viardot, Amy Beach, Irène Poldowski, Rebecca Clarke, Augusta Holmes… et sont toutes aussi brillantes les unes que les autres !

Une face cachée de l’histoire de la musique qui s’avère une fascinante plongée dans le pouvoir musical des femmes à découvrir à Séville (Teatro de la Maestranza) le 19 décembre à 20 h et repris à Sylvanès dans le cadre du 46e Festival le mardi 15 août à 21h en l’abbatiale.
Un enregistrement de ce programme est également prévue à Sylvanès courant 2023.

 

Marine De Sola, la passion du chant

Originaire d’Albi, Marine De Sola est chanteuse et aussi enseignante artistique. Depuis quelques années, elle s’est installée à la Cresse en Aveyron où elle poursuit sa mission d’intervenante musicale pour le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron. Pour la troisième année consécutive, elle anime des ateliers dans les écoles du territoire intercommunal « Monts, Rance et Rougier »  dans le cadre du projet « Chorale à l’École » initié par l’Abbaye de Sylvanès. Rencontre avec cette passionnée du chant et de la transmission.

 

Comment devient-on chanteuse  ?
C’est mon père, chanteur lui aussi qui  m’a appris à devenir chanteuse « professionnelle ». J’ai également commencé le piano dès l’âge de 6 ans sans jamais vraiment m’arrêter au fil de mes prestations musicales. Le chant fait partie de ma vie au quotidien et je suis très heureuse de pouvoir partager ma passion auprès de publics très divers.

J’ai eu la chance de baigner dans la musique depuis ma naissance et faire des rencontres essentielles à mon parcours de chanteuse : Elène Golgevit, professeure de technique vocale de renommée internationale et bien connue à Sylvanès, m’a inculquée de solides bases de technique vocale. Christiane Legrand (la soeur de Michel Legrand) m’a fait découvrir le jazz vocal et Boris Vian. Emmanuelle Trinquesse et Amandine Le Laurent « Chant, voix, corps » m’ont apporté de précieux outils sur la pédagogie de la voix. Ma formation en cycle professionnel au JAM de Montpellier m’a appris les bases de Jazz… Catherine Boulanger m’a formée à la scène…

 

Depuis quand enseignez-vous le chant ?
En 2005, j’ai été sollicité par un groupe scolaire montpelliérain pour diriger la chorale des élèves de l’école. J’y ai découvert mon goût pour la transmission, l’échange et la direction de choeur que je ne soupçonnais pas.
J’ai également eu d’autres expériences en colonies de vacances artistiques à l’Abbaye de St Maur en Anjou. En alternance avec ma vie d’artiste, j’ai répondu à un appel d’offre pour diriger des chorales scolaires à l’école de Baillargues dans l’Hérault. J’y suis restée de 2009 à 2019 et suis intervenue auprès de 17 classes…

A présent que je suis salariée à temps plein pour le CRDA, j’interviens toujours en milieu scolaire depuis la toute petite section jusqu’au CM2. Mais aussi à l’antenne du conservatoire de Millau pour des jeunes enfants en éveil musical, pour de grands enfants et ados en chant choral. Et la nouveauté cette année,  j’encadre des ateliers de chant de musiques actuelles pour tous les publics. A côté de cela, j’anime aussi une chorale de personnes âgées.

Séance de rentrée à l’école St Michel de Camarès

Quel est le rythme de vos interventions dans les écoles du territoire intercommunal Monts, Rance et Rougier ?

Depuis le 1er septembre 2020, j’y viens toutes les semaines. Je vois 6 écoles en semaine A (Montlaur, Camarès (privée et publique), Brusque, Fayet et Cénomes)  et 4 écoles en semaine B (Saint-Sever, Belmont-sur-Rance, Murasson et Saint-Sernin) pour des séances variant de 30 à 45 minutes/classe.

 

Que souhaitez-vous transmettre à tous ces enfants ?
Je voudrais leur transmettre le plaisir et l’exigence que demande le chant, les sensibiliser à l’expression artistique, leur faire ressentir également le plaisir de se préparer pour se produire en concert, le dépassement de soi dans les chants difficiles…
Ce qui est très important pour moi, c’est le partage de cette aventure avec les copains de classes et des autres écoles, à la manière d’une équipe sportive qui doit rester soudée coûte que coûte mais qui vivra des moments intenses !

En tant que chanteuse, quel est votre répertoire de prédilection et quel artiste vous a le plus inspiré ?
L’artiste qui m’a le plus inspiré est Boris Vian : je trouve ses textes et ses musiques d’une finesse inouïe, entre humour et émotion… un régal!
Ensuite, je suis fan de la voix d’Ella Fitzgerald, suave et pétillante et j’aime beaucoup le jazz en général !

 

 

Quand chant rime avec occitan !

Pascal Caumont encadrera du 26 au 28 octobre prochains un stage de chants occitans à l’abbaye.
Les participants pourront profiter à la fois du cadre apaisant de l’abbaye, de la merveilleuse sonorité de l’église et du répertoire choisi alternant entre répertoires anciens ou récents ! C’est aussi une belle occasion de bénéficier d’une pédagogie originale sans partition et axée sur la mémoire corporelle ! Le cantaire Pascal Caumont a accepté de répondre à quelques questions au sujet de ce stage :

A qui s’adresse ce stage de fin octobre ?
Il s’adresse à toute personne résident en Occitanie mais aussi bien au-delà ! notre pratique vocale est très inclusive. Il s’agit seulement d’avoir un minimum de pratique du chant, mais absolument pas d’arriver en étant déjà spécialisé ou après avoir fait des années de chant traditionnel. Nous utilisons une technique accessible à chacun, et dans laquelle les personnes expérimentées peuvent aussi évoluer et progresser. En somme c’est ouvert à toute personne motivée qui a envie de progresser ou de découvrir.

Quel est le répertoire abordé au cours de ces 3 jours ?
Pour ce stage nous partagerons ensemble plusieurs styles de chants d’Occitanie : des chants festifs, des chants narratifs, des polyphonies sacrées, des chants pour la danse…

Quelle méthode privilégies-tu ?
Surtout la transmission orale des différentes voix; les textes sont donnés, dès le départ, mais pas les partitions, afin de créer les conditions d’une réalisation immédiate d’un son collectif vibrant, coloré, fusionnel. Un son qui « fait du bien », sans forçage vocal ou sonore, mais qui permet aux voix de se déployer, d’ouvrir leur spectre sonore.

Sylvanès : un cadre idéal de transmission pour toi ?
Oui vraiment. Les maîtres bâtisseurs possédaient la connaissance et la maîtrise de l’architecture en rapport avec le son, c’est réellement impressionnant dans le cas de Sylvanès. Et c’est une grande joie que de chanter dans l’abbatiale, j’en profite pour remercier les équipes qui font vivre ce lieu, cet endroit qui est un magnifique réceptacle pour les personnes motivées par le chant aujourd’hui !

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES ET FORMULAIRE D’INSCRIPTION

INTERVIEW DE PASCAL CAUMONT SUR RADIO OCCITANIA