Un concert dansant pour la 7e édition de Chorale à l’école

Le mardi 16 juin 2026 à 14 h, en l’abbatiale de Sylvanès, 185 élèves issus de 11 écoles du territoire intercommunal sont venus présenter devant leurs familles et amis le concert final du projet « Chorale à l’école ».

Ce projet initié par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès en septembre 2019 s’inscrit dans la continuité du Plan Chorale National. Il a pu être mené pendant sept années consécutives grâce à un partenariat étroit avec le Conservatoire à rayonnement départemental de l’Aveyron, le Département de l’Aveyron, la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier, l’Éducation nationale ainsi que la DRAC Occitanie.

Cette année, les élèves ont été encadrés par Anna-Claire Golitzin, musicienne intervenante du Conservatoire de l’Aveyron. De septembre à juin, elle est intervenue tous les quinze jours dans chaque classe du sud-aveyron :  Belmont-sur-Rance (école publique et école St Michel), Fayet, Camarès (école publique et école St Michel), Cénomes, Montlaur, Rebourguil, St Sernin-sur-Rance (École publique et école St Marie) et St Sever-du-Moustier. Autour du thème de « musiques à danser », tous les enfants ont participé à ces ateliers à la fois ludiques et pédagogiques : jeux d’écoute, interprétation, travail du rythme… Tout a été mis en œuvre pour éveiller leur sensibilité musicale et enrichir leur culture artistique.

Du côté des enfants, cette expérience représente bien plus qu’une simple activité scolaire : « j’ai bien aimé les moments passés à chanter en classe et suis trop excité de chanter dans cette église devant ma famille » précise  J. de CM2. Pour les enseignants, ce projet constitue un précieux parcours pédagogique et artistique : « Ce spectacle à l’abbaye est la finalité de tout le travail réalisé durant l’année. Les élèves apprennent progressivement à maîtriser les chants, à écouter les autres voix et à construire ensemble une œuvre collective. Elle ajoute : « Se produire dans ce lieu chargé d’histoire donne une dimension particulière au projet et offre aux enfants une expérience marquante dont ils se souviendront longtemps. »

Le répertoire musical, original et coloré illustrait la thématique de la danse : de la Bamba de Ritchie Valens au tube Cette année-là de Claude François, repris à l’unisson avec le public,  d’autres styles musicaux ont résonné dans l’abbatiale : le blues de The House of the Rising Sun des Animals – le Hip-hop  Cheap Thrills  de  Sia, la fameuse Habanera de Carmen de Bizet  ou encore Mourir sur scène de Dalida en version disco !

Devant un public venu nombreux, les enfants ont offert un moment musical plein de joie, d’énergie et de convivialité  ! Bravo à tous ces artistes en herbe et à l’année prochaine pour la 8e édition de Chorale à l’Ecole  !

 

 

Les Mécanos à la rencontre du public

A l’Abbaye de Sylvanès, les artistes en résidence ne se contentent pas de créer. Ils ouvrent régulièrement des fenêtres sur leur univers artistique, partagent leur passion avec le public et favorisent le lien social. Cela donne généralement lieu à des moments artistiques joyeux et inclusifs  !
Ce fut le cas le mercredi 10 juin dernier dans le scriptorium de l’abbaye à l’occasion de la résidence des Mécanos, venus travailler durant une semaine, leur nouvelle création LINHA[A]. Cette dernière sera donnée dans le cadre du 49e Festival le 14 juillet prochain à 17 h.

Une rencontre joyeuse et inclusive
Ce jour là, les enfants des centres de loisirs de Camarès et Belmont-sur Rance ainsi que quelques résidents de l’ABSEAH de Belmont ont vécu une expérience unique et enrichissante en rencontrant les dix chanteurs originaires de Saint-Etienne. À travers le chant et la rencontre, Les Mécanos ont partagé leur univers artistique avec les participants dans une ambiance chaleureuse et conviviale.
Rémi, Gaël, Martin, Antoine, Sylvère, Jonathan, Benoît, Jérémie, Simon et Guillaume ont livré quelques pièces de leur nouveau répertoire dédié aux polyphonies méridionales, populaires et contemporaines.  Des temps d’échanges ont aussi permis aux enfants et aux résidents de découvrir une pratique collective du chant, fondée sur l’écoute, le partage et l’expression musicale. Ce moment de médiation s’est achevé par une immense ronde au cours de laquelle les dix artistes ont embarqué petits et grands pour entonner à l’unisson un titre de leur nouveau programme « Amor d’Aussau ».
Bonne humeur et émotions ont rythmé ce chaleureux moment de partage et d’échanges  !

Dessin réalisé par un enfant lors de l’atelier médiation avec les Mécanos

Le programme Linha[a]
AvecLinha[a], Les Mécanos ouvrent un nouveau chapitre de leur aventure vocale. Sous la direction de Pascal Caumont, ils explorent les polyphonies masculines d’occitan et d’ailleurs, mêlant chants traditionnels et créations contemporaines. Entre mémoire populaire et souffle nouveau, Linha[a] interroge ce qui relie les voix, les cultures et les hommes : un chant collectif, vibrant, profondément humain.
Ne manquez pas leur concert, le 14 juillet 2026 à 17 h dans l’abbatiale de Sylvanès !
Billetterie du Festival

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Denise et Craig Schaffer : passion Géorgie

Denise et Craig Schaffer étaient faits pour se rencontrer. Elle est péruvienne, lui californien et depuis plus de 20 ans, ils partagent une passion commune : la polyphonie géorgienne.  Tous deux ont fondé l’ensemble Mze Shina qui signifie « soleil intérieur » en géorgien. Partenaires de chant à la scène comme dans la vie, ils créent une musique où le chant, la polyphonie et la résonance vibratoire sont sources d’émotion et d’énergie. Ils encadreront un stage du 24 au 28 août à l’Abbaye de Sylvanès et nous invite à en savoir plus sur ce répertoire unique, déclaré chef d’œuvre du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Pouvez-vous vous présenter et expliquer comment est né votre passion pour les chants polyphoniques géorgiens et ce qui vous a donné envie de les transmettre ?
 Je m’appelle Denise Schaffer, je suis chanteuse, musicienne, cheffe de chœur. Je suis née au Pérou et suis arrivée en France à l’âge d’un an. Après avoir étudié la musique turque avec Talip Özkan, je suis tombée dans la polyphonie géorgienne suite à la rencontre avec l’ensemble Marani dont faisait parti Craig.

Je suis Craig Schaffer et je suis issu d’une famille de musiciens. Né en Californie, je suis arrivé en France en 1993. J’ai fait mes premières scènes au sein du groupe irlandais Spiral Bound pour ensuite me concentrer sur le répertoire géorgien.

En 1996, le directeur de l’ensemble Marani, Frank Kane a organisé un premier voyage en Géorgie :  c’est au retour de ce voyage que nous avons décidé de former le trio Mze Shina. Ce pays était à l’époque très peu touristique mais l’accueil des géorgiens, et surtout les chants lors des repas chantés, nous ont bouleversés. Depuis, nous n’avons eu de cesse de retourner en Géorgie pour y travailler avec les anciens, des grandes chanteuses et chanteurs porteurs de cette tradition, d’incroyables maîtres de chant, et nous n’avons eu de cesse d’interpréter et faire découvrir ce répertoire. 

Les polyphonies de Géorgie sont encore peu connues en France. Qu’est-ce qui les rend uniques et si particulières à vos yeux ?
La polyphonie géorgienne est unique car d’une extraordinaire richesse et diversité, elle a été déclarée Chef d’Œuvre du Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO en 2001, c’est à dire parmi les premiers patrimoines immatériels. Cette tradition orale, principalement à trois voix, remonte à la nuit des temps et se pratique toujours de nos jours, la transmission orale se poursuit aujourd’hui jusqu’aux jeunes générations. Les chants du répertoire populaire sont liés à toutes les activités de la vie quotidienne et sont principalement aujourd’hui chantés à table au moment des banquets chantés appelés Soupra. De plus, il existe un vaste répertoire de chants liturgiques orthodoxes car la Géorgie a été christianisée au IVe siècle, et ces chants sont issus de très anciennes académies. En somme, la richesse et l’extraordinaire harmonie de ce répertoire populaire et liturgique ne cesse d’étonner les musicologues et musiciens du monde entier comme par exemple Stravinsky ou Bartók. Par ailleurs le répertoire comporte également des chants datant de l’ère pré-chrétienne liés à des rituels tels que des hymnes au soleil ou à la nature.

Écouter « CHKIM TCHONGOURI » de Mze Shina

A qui s’adresse ce stage de chant ? A quoi peuvent s’attendre les participants et que souhaitez-vous qu’ils retiennent à l’issue du stage ?
Le stage s’adresse à toute personne qui souhaite découvrir un répertoire unique car cette tradition orale ne demande pas de connaissance en solfège et nous travaillerons sans partition. Comme pour beaucoup de chants traditionnels, la puissance du son vibratoire véritablement « physique » qui se dégage de la polyphonie géorgienne repose en grande partie sur une production d’harmoniques qui viennent enrichir le son par le timbre des voix. Il s’agit à la fois d’explorer sa voix, de développer son écoute, de travailler le son du chœur ainsi que ses résonances harmoniques et de s’immerger dans l’univers d’une polyphonie ancestrale pour un voyage à la fois physique, émotionnel et musical.

Le 23 août prochain, en amont du stage, vous donnez avec votre ensemble Mze Shina un concert dans le cadre du Festival. Est-ce pour vous une première à Sylvanès ? Quel sera le programme ?
Ce sera en effet notre premier concert à Sylvanès et nous sommes très heureux de pouvoir chanter dans ce cadre magnifique. Nous visiterons des chants de différentes régions de la Géorgie car la musique est très ancrée au paysage ce qui donne une grande variété de styles musicaux : chants de Ratcha, Svanétie (haut Caucase), Kakhetie, Gourie, Mingrélie et Adjarie (Mer Noire), et chants liturgiques des différentes écoles. Il y aura au programme des chants de labour, de récolte, de mariage, de guérison, des chants de banquets, des chants sacrés. Nous chanterons parfois accompagnés des instruments traditionnels tels le tchongouri (luth à 4 cordes), le pandouri (luth à 3 cordes) le tchangi (harpe à 9 cordes) et le Tchouniri (vielle à archer).

 

SITE INTERNET DE MZE SHINA


PLUS D’INFOS SUR LE STAGE 


MZE SHINA EN CONCERT AU 49 e FESTIVAL le 23 août 2026 à 21h
BILLETTERIE EN LIGNE

Diana Baroni, l’âme des copleras argentines

Flûtiste virtuose et chanteuse argentine, Diana Baroni est décrite comme une « musicienne d’entre les mondes ». Elle s’est produite à plusieurs reprises au Festival de l’Abbaye de Sylvanès et elle sera de retour cette saison 2026, du 3 au 7 août à l’abbaye pour y encadrer un stage de chant sur le thème :  « Copleras : chants d’Argentine ». Diana nous éclaire sur ce répertoire traditionnel de femmes du Nord de l’Argentine.

 

Peux-tu expliquer ce qu’est la copla et ce que racontent ces chants de femmes venus du nord de l’Argentine ?
La copla est la forme poétique la plus répandue dans les chants des pays hispanophones, et plus particulièrement en Amérique latine. Il s’agit d’une strophe composée de quatre vers octosyllabiques, généralement avec une rime assonante entre les vers pairs, forme connue également sous le nom de « cuarteto de romance » proprement dite. Venue d’Espagne, de la tradition poétique du siècle d’or, elle s’est implantée dans le nord-ouest de l’Argentine, où elle est interprétée accompagnée de la « caja chayera » (tambour traditionnel). Les couplets sont pour la plupart improvisés; au-delà d’être un espace de liberté, de déclamation poétique, d’échange populaire, ces chants expriment tant la beauté des paysages comme la difficulté des femmes dans la vie quotidienne.

À travers tes créations, tu mets souvent en lumière la parole des femmes. En quoi les coplas participent-elles, selon toi, à cette expression féminine ?
Et bien, la copla incarne une pratique traditionnellement dédiée aux femmes, et notamment du nord de mon pays; avec le temps, elle a traversé des territoires, des générations et est devenue aussi un espace ludique entre hommes et femmes. Ce qui m’inspire dans ce genre, c’est le coté introspectif; la copla porte en elle une sorte de vérité, de revendication aussi; elle est très identitaire, ancrée dans le paysage, dans les communautés ancestrales, dans le temps présent, tout en venant de très loin.

Diana Baroni, cloître de l’Abbaye de Sylvanès, avril 2021 ©Erol Gum

Comment transmets-tu cet art de la copla au cours d’un stage de quatre jours ?
L’idée est de vraiment découvrir ce genre sans s’imposer de nécessairement le reproduire, mais de comprendre la pratique et l’exercice. Nous allons surtout travailler les textes, sur la base de compilations que j’ai faites moi-même ou des musicologues, pour scander les paroles sur le tempo traditionnel de la « caja » (le tambour qui accompagne ce chant). Il s’agit plutôt de ressentir et s’approprier par la voix et le corps cette pratique, pendant laquelle on fait d’ailleurs dialoguer des groupes de chanteurs – copleros – en créant des joutes d’improvisation.

À qui s’adresse ce stage ? Faut-il avoir une expérience vocale, savoir lire la musique ou parler espagnol pour y participer ?
Ce stage s’adresse à tous car ce genre est né de l’oralité. Bien entendu, parler espagnol est un atout, mais il ne faut pas que cela soit un blocage… Tout le monde est bienvenu !

Tu es venue à plusieurs reprises à Sylvanès : quel est le meilleur souvenir que tu gardes du lieu ?
Pour moi Sylvanès est un espace de création, d’inspiration, de recueil… Le lieu vous parle, les murs sont imprégnés de sons. Nous avons enregistré MUJERES il y a quelques années, peu après le confinement; c’était le printemps, et le silence nous envahissait avec douceur quand nous arrêtions les séances d’enregistrement dans le réfectoire. Lors d’une soirée, nous avons confectionné des couronnes de fleurs pour imaginer la couverture du disque; l’idée est née ainsi, et c’est ensuite avec Erol Gum que nous avons recréé la vision !

Y a-t-il une figure féminine d’Amérique du Sud — artiste, poétesse ou chanteuse — qui t’inspire particulièrement dans ton parcours ?
Oh là là, pas qu’une ! Les femmes sud-américaines sont un peu partout dans mon espace d’inspiration : Alfonsina Storni, Frida Kahlo, Luzmila Carpio, Leonora Carrington, Violeta Parra, Chavela Vargas entre autres… Et une nouvelle muse, qui vient de ma ville natale : Emilia Bertolé, poétesse et peintre, qui fera l’objet d’un projet pour 2027 avec le Quatuor Zaide.


Renseignements sur le stage du 3 au 7 août 2026


en savoir plus sur l’actualité de Diana Baroni
SITE DIANA BARONI

Découvrir un extrait de son dernier album Madre Selva : « Vidala del ultimo dia »

A vol d’oiseau entre musique et environnement

Déjà fortement engagée dans le domaine de l’éducation à la nature et à l’environnement à travers ses divers projets (Des pieds et des mains pour la forêt, dialogue avec le rossignol, Forêt en fête…), le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès poursuit son travail de sensibilisation en 2026 avec le nouveau projet d’éducation artistique et culturelle « À vol d’oiseau ».

Développé par les artistes de la Chapelle Harmonique, « À vol d’oiseau » propose aux élèves un programme inédit pour les sensibiliser à la richesse de la biodiversité. En reliant la musique aux oiseaux, ce dispositif associe originalement éducation musicale et éducation à l’environnement par l’intermédiaire d’ateliers immersifs (pratique avec des appeaux, apprentissage de chant, écoute musicale et sortie nature).

En avril et en mai, deux classes maternelles et élémentaires de La Claparède et Saint Izaire, soient 30 élèves au total bénéficieront d’une série de 3 ateliers, qui, portés par des artistes et des médiateurs spécialisés, s’inscrivent pleinement dans les trois piliers de l’EAC : la pratique artistique, la rencontre avec les œuvres et les artistes et l’acquisition de savoirs.

Ces ateliers invitent les enfants à une immersion ludique et pédagogique dans l’univers des oiseaux : leurs chants, leur richesse biologique et leur influence sur l’histoire musicale.
• Atelier 1 : imiter, observer et reconnaître les chants d’oiseaux avec des appeaux et découvrir comment les oiseaux ont inspiré les compositeurs du Moyen Âge à aujourd’hui, un atelier animé par Armelle Supervie, médiatrice scientifique et musicienne.

• Atelier 2 :  apprentissage de deux chants « Les Rossignols » de Ballard et « Le concert des oyseaux » de Moulinié , un atelier de chant sous la conduite de Emilie Boudeau, chanteuse soprano.

• Atelier 3 : intervention prévue de La Ligue de Protection des oiseaux pour fabriquer une mangeoire, un nichoir ou profiter d’une sortie nature.

Face à l’urgence écologique, voilà une belle parenthèse poétique et pédagogique qui permettra aux adultes de demain d’apprendre à tendre l’oreille… et à regarder la nature autrement.

Ce projet est développé dans le cadre de la campagne départementale des Parcours d’Education artistique et culturelle -1er degré, en partenariat avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale de l’Aveyron et avec la Ligue pour la Protection des oiseaux de l’Aveyron.

Les résidences du printemps à l’abbaye

En avril, l’Abbaye de Sylvanès accueille deux résidences artistiques.

Du 6 au 12 avril, « Sukoon » : une traversée musicale entre les mondes

Sukoon est une fusion unique de cultures et de sons, née de la rencontre entre deux musiciennes syriennes, Sarah Abo Aljadail, artiste plasticienne-chanteuse et Sadim Alzafari, chanteuse-joueuse de oud avec le guitariste mexicain, Gregorio Orozco. La musique de Sukoon est un voyage, une conversation entre différents héritages, une célébration des expériences partagées de trois artistes originaires de pays marqués par le colonialisme et la dictature. Ils explorent ensemble les riches traditions musicales arabes et mexicaines, à la recherche de ce qui les unit au-delà des frontières.

En résidence à Sylvanès dans le cadre du programme Nora de l’Association des Centres culturels de rencontre, ils approfondissent ce dialogue à travers des chants inspirés par la liberté, la paix, l’amour et la diversité. Ce temps de création leur permet d’explorer de nouvelles compositions et d’enrichir leur univers artistique au contact du lieu. Ils reviendront en résidence cet été, du 24 au 28 août pour finaliser la création de ce fascinant programme qui sera dévoilé dans le cadre du festival le 28 août à 21 h. Le trio invitera le public à plonger dans cette aventure musicale où les mélodies du Moyen-Orient rencontrent les rythmes de l’Amérique latine.

Du 27 au 30 avril, « le Miroir des Anges » : de la création à l’enregistrement

Créée le 19 mai 2024 à l’Abbaye, le Miroir des Anges, œuvre poétique et musicale de Christophe Guyard entre aujourd’hui dans une phase d’enregistrement, marquant l’aboutissement du projet.

La genèse du Miroir des Anges est liée à l’expérience vécue par Christophe Guyard au sein de l’abbaye lors de la résidence de création de la première du Requiem de Thierry Huillet au festival Musiques sacrées- Musiques du monde de l’abbaye de Sylvanès en 2018. Au cours de cette résidence, le compositeur-organiste fut émerveillé par les anges de la chapelle russe. Ces anges ont continué à l’inspirer bien au-delà de cette résidence, devenant une source de créativité durant les périodes de confinement en 2020. C’est dans ce contexte qu’il a composé cette œuvre et a partagé l’évolution de son travail avec la soprano Laura Tătulescu, malgré la distance.

Conçu comme un cycle musical poétique et spirituel pour voix et piano, Le Miroir des Anges explore, à travers huit pièces, différentes figures de l’ange : présence intérieure, messager, passeur, gardien, ou encore souffle cosmique.
L’œuvre interroge moins la croyance que l’expérience sensible : celle d’une médiation entre l’humain, le temps et l’invisible.
Le cycle a été créé le 19 mai 2024 à l’Abbaye de Sylvanès, avec la soprano Laura Tătulescu et la pianiste Sophie Raynaud. Cette création a marqué la naissance publique de l’œuvre.

La résidence proposée aujourd’hui s’inscrit dans une seconde étape essentielle, rarement formalisée : celle de la transmission après la création. Ce travail d’enregistrement réunira autour de Christophe Guyard à la direction artistique la pianiste et cheffe de chant à l’Opéra de Munich Sophie Raynaud et la soprano Delphine Mégret.

« Cet enregistrement n’a pas, dans un premier temps, de finalité discographique commerciale. Il est pensé comme un outil de transmission : – pour permettre à d’autres interprètes de s’approprier l’oeuvre, – pour documenter durablement le cycle, – et pour nourrir la mémoire artistique de l’Abbaye  » précise le compositeur.

Une première académie de composition chorale

C’est à l’initiative du directeur artistique de l’Abbaye Michel Wolkowitsky et du chef de chœur et compositeur Christopher Gibert qu’a été créée à Sylvanès cette première Académie à destination de jeunes compositeurs et compositrices.

L’Académie de Composition Chorale de Sylvanès se veut être un lieu unique de transmission, de formation et d’exploration dédié à la création contemporaine pour chœur et pour voix. Placée sous le parrainage artistique du compositeur Thierry Escaich, elle s’adresse à de jeunes créateurs désireux d’approfondir l’écriture vocale et de s’immerger dans l’univers exigeant et spécifique de la composition chorale.

Michel Wolkowitsky entouré de Christopher Gibert et Thierry Escaich

Pensée comme un véritable tremplin pour une nouvelle génération de compositeurs et compositrices, l’Académie propose un parcours complet, de l’esquisse à la diffusion, afin de répondre aux enjeux actuels du développement du répertoire choral français.

Le projet se développe en deux temps forts à l’Abbaye de Sylvanès :

• Du 1er au 3 mai 2026
D’abord, une session d’échanges, de réflexion et de travail « à la table » avec Thierry Escaich, au cours de laquelle les compositeurs sont accompagnés dans l’élaboration de leur œuvre avec leur langage, l’exploration des potentialités vocales et la mise en musique de textes français. Cette phase fondatrice permet d’inscrire chaque œuvre dans une démarche artistique personnelle, nourrie par l’expérience d’un compositeur majeur de notre temps internationalement reconnu.

 • Du 16 au 20 septembre 2026
Puis vient la résidence de « mise en voix » à Sylvanès, au cœur d’un patrimoine exceptionnel dont l’acoustique et la beauté nourrissent l’inspiration. Les œuvres y prennent vie grâce au chœur professionnel Dulci Jubilo, dirigé par Christopher Gibert, un instrument d’excellence reconnu pour sa précision, sa souplesse et son engagement en faveur de la création contemporaine. Le contact direct avec les chanteurs, leurs timbres, leurs possibilités techniques et expressives, constitue un moment déterminant de la formation : les partitions se façonnent, se transforment et s’accomplissent dans l’échange et l’expérimentation.

Le chœur professionnel Dulci Jubilo placé sous la direction de Christopher Gibert

Cette Académie constitue ainsi un espace privilégié d’apprentissage, où la technique, l’imaginaire et la pratique professionnelle se rencontrent pour faire émerger de nouveaux répertoires chorals français. Deux ambitions majeures guident ce projet : offrir à de jeunes compositeurs une formation d’exception, et enrichir durablement le paysage choral contemporain.

Les œuvres réalisées font l’objet d’une restitution publique le dimanche 20 septembre en l’abbatiale de Sylvanès, puis d’une captation professionnelle en vue d’une diffusion à travers le label Anima Nostra et le Centre culturel de rencontre de Sylvanès, assurant aux jeunes compositeurs une visibilité concrète et une première insertion professionnelle.

Soutenue par un territoire inspirant, sublimée par un ensemble vocal d’excellence et nourrie par l’accompagnement d’un maître de la création, l’Académie de Sylvanès affirme son ambition : donner naissance aux voix chorales de demain, et écrire aujourd’hui le futur de la musique vocale française.

Infos pratiques :
Deux sessions
indissociables : du 1er au 3 mai et du 16 au 20 septembre 2026
Coût pédagogique  : 300 € pour les deux sessions (frais d’hébergement et de restauration en sus)
Effectif maximum : 3 compositeurs et 3 compositrices
Candidatures jusqu’au jeudi 2 avril sur le site de l’abbaye  : Déposez votre candidature 

En savoir plus sur  :
Thierry Escaich
Christopher Gibert et Dulci Jubilo
L’Association Anima Nostra

La Belle et le Loup : du spectacle au disque !

Initié en 2022 par l’Abbaye de Sylvanès en coproduction avec Les Oreilles en Eventail (30), le projet d’éducation artistique La Belle et le Loup a poursuivi son aventure en 2023 puis en 2025 du côté de l’Aveyron.

De novembre à avril, 70 élèves de CM et de 6e de l’ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance ont vécu un véritable parcours artistique, rendu possible grâce au Pass Culture. Au total, 66 heures d’ateliers de chant et de mise en scène, guidés par Cécile Veyrat : une préparation exigeante qui les a menés le 30 avril jusqu’à la scène de Saint-Affrique, aux côtés de dix chanteurs-acteurs professionnels et devant 450 petits et grands spectateurs !

Et l’aventure ne s’est pas arrêtée là : un album audio du spectacle a été enregistré au printemps 2025, entre le collège et le studio. Grâce à une collecte participative menée à l’automne, les fonds nécessaires ont été réunis pour que le disque voie le jour, prolongeant ainsi cette expérience artistique et humaine exceptionnelle.

Séance d’enregistrement avec l’Ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance

La sortie du CD (produit par les Oreilles en Eventail) est prévue fin février 2026  et sera disponible à la vente à partir de mi-mars à l’abbaye de Sylvanès au tarif de 20 €.

Écoutez ci-dessous l’extrait 1 – Introduction

Les Mécanos en résidence de création à l’abbaye

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes 
Du 8 au 12 juin 2026 – Abbaye de Sylvanès

Du 8 au 12 juin 2026, l’abbaye de Sylvanès accueillera une résidence de création singulière de l’ensemble vocal masculin Les Mécanos autour d’un projet inédit : LINHA[A] sous la direction artistique de  Pascal Caumont, chanteur, compositeur et professeur au Conservatoire de Toulouse. Durant une semaine de travail à Sylvanès, Les Mécanos exploreront et interpréteront un répertoire de polyphonies méridionales a cappella, mêlant tradition orale et création contemporaine. Le fruit de cette création sera dévoilé sur scène le mardi 14 juillet 2026 à 17 h, à l’occasion du 49ᵉ Festival de l’Abbaye de Sylvanès.

Le projet musical LINHA(A) : lignée (vivaro-alpin)

Signifiant « ligne » en vivaro-alpin, LINHA[A] s’inscrit pleinement dans la démarche artistique des Mécanos et de Pascal Caumont, fondée sur le travail de la mémoire populaire à partir de collectages de chants et de témoignages. Il dessine un lien vivant entre tradition orale et création contemporaine, faisant entendre des polyphonies à voix d’hommes issues des répertoires traditionnels, profanes comme sacrés, ainsi que des compositions nourries de ces pratiques populaires toujours actives. Dix voix d’hommes a cappella interprètent des chants en français et en occitan, tout en ouvrant le répertoire à l’ensemble des territoires des Pyrénées occitanes et catalanes jusqu’aux Alpes italiennes.

© Les Mécanos

 

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes

Trois ans après leur EP éponyme suivi d’une centaine de concerts à travers la France, l’Europe et au Canada, Les Mécanos sortent leur premier album : USURES. Poursuivant leur exploration de la polyphonie occitane, les dix musiciens confirment leur appartenance à cette nouvelle génération issue des musiques dites « traditionnelles » (Barrut, Cocanha…). Basé à Saint-Étienne et ses alentours, le collectif réinvente une musique populaire qui prend racine dans l’histoire de ce bassin industriel.

Dans la lignée d’une sono mondiale créative, USURES perpétue la polyphonie occitane tout en l’inscrivant au cœur des musiques actuelles. Les dix voix des MÉCANOS se mêlent aux tambours et percussions pour chanter en français et en occitan les luttes passées et actuelles. Dix titres inspirés des musiques traditionnelles pour écrire une histoire populaire faite de complaintes, de révolte, de danse et d’espoir.

En bénéficiant de l’expérience de Pascal Caumont et de son expertise musicale dans ce projet, Les Mécanos poursuivront leur travail vocal, initié en 2019 auprès de Lutxi Achiary et poursuivi avec Titouan Billon en 2024. Ce travail et cette recherche s’articulent autour de plusieurs axes : le timbre et ses différentes couleurs dans les placements vocaux du chant populaire méridional ; la vibration harmonique collective et corporelle située dans un espace résonnant ; l’ornementation et la variation propres aux répertoires traditionnels ; et enfin le phrasé dynamique non pulsé d’une mélodie aux rythmes irréguliers, typique de la polyphonie pyrénéenne.
En savoir plus sur Les Mécanos

Rendez-vous le 14 juillet 2026 à 17 h dans l’abbatiale de Sylvanès pour la première de cette création inédite.

Un hommage vibrant à Venise et Vivaldi !

Dimanche 17 août au soir, dans les murs chargés d’histoire de l’abbatiale, s’est tenu un concert pas comme les autres. À l’occasion du tricentenaire des Quatre Saisons de Vivaldi, l’Orchestre de Chambre de Toulouse sous la direction de Thierry Huillet a proposé une interprétation pleine de souffle et d’originalité, redonnant vie à une œuvre pourtant jouée depuis des siècles.
Vivaldi, maître des contrastes, excellait dans l’art de faire dialoguer le violon soliste et l’ensemble orchestral. Fidèle à cet esprit, mais avec une touche de modernité, cette création du festival « Vivaldi : le violon des quatre saisons » associait musique et récit.
La soliste Clara Cernat, par sa virtuosité lumineuse et sa fougue, incarnait le violon des Quattro Stagioni et donnait vie aux couleurs de chaque saison, du frisson glacé de l’hiver aux éclats orageux de l’été. Elle signait aussi le texte du spectacle, un récit sensible et imagé qui donnait chair au « prêtre roux » et éclairait avec une chaleur lyrique le contexte de naissance de son chef-d’œuvre.

La direction artistique et musicale de Thierry Huillet accompagnait cette virtuosité avec finesse, guidant l’orchestre et orchestrant le dialogue subtil entre narration et musique. Le texte de Clara Cernat prenait corps grâce aux trois voix sur scène : Pauline Cheviller (dans les rôles du violon et de Maria), Delphine Mégret (le rosier) et Michel Wolkowitsky (narrateur et Vivaldi lui-même). Ensemble, ils sublimaient le texte, donnant chair à l’ingéniosité de Vivaldi et renforçant l’union entre musique et récit.

Mais il ne s’agissait pas seulement de raconter une vie. Le spectacle montrait aussi l’héritage d’une œuvre universelle. À travers Maria, une enfant apprenant à découvrir et à apprivoiser le violon, le public se retrouvait lui-même : pas à pas, chacun entrait dans l’univers de Vivaldi, apprenait à écouter et finissait par en saisir toute la beauté et l’importance.
Ce concert fut bien plus qu’une célébration musicale. Entre le jeu sensible des musiciens de l’Orchestre de chambre de Toulouse et la narration incarnée des comédiens, le public a redécouvert une œuvre monumentale, éclairée d’un jour nouveau. Une soirée où musique et théâtre se sont unis pour offrir un voyage vibrant, dans l’histoire intemporelle du violon et des saisons.

Alannah Santos de Almeida