L’Ecole de l’Oralité plonge dans l’univers radiophonique

Pour la 3e année consécutive, l’École de l’Oralité s’installe au collège Saint Michel de Belmont. Initié par l’Abbaye de Sylvanès, ce projet d’éducation artistique et culturelle propose une nouvelle immersion passionnante dans la langue et la culture occitanes, toujours en résonance avec le dialogue des cultures.

Cette année, le projet propose de créer la grille scénarisée d’une émission radiophonique librement inspirée des célèbres « Carnets de Campagne » diffusés quotidiennement sur France Inter. Au travers de diverses rubriques, nos journalistes, chroniqueurs et techniciens en herbe livreront un véritable écho de notre territoire en donnant la parole à celles et ceux qui l’animent et le font vivre !

Présentation du projet © Collège Belmont-sur-Rance

Tâtonner, dialoguer, oser, se tromper… élèves, enseignants et artistes expérimentent ensemble un chemin où le processus de création est plus important que la production en elle-même.

Pour les guider dans cette aventure créative inédite, trois artistes interviendront dans les classes de 6e et de 3e de janvier à juin 2023, sur un total de 90 heures d’ateliers :
Emmanuel Bardon, artiste lyrique et directeur de l’école de l’oralité, leur transmettra plusieurs chants (répertoire d’Occitanie au sens large, incluant la Galice, la Catalogne, l’Italie du Nord, la Provence…)
Avec Ismaïl Mesbahi, multi-instrumentiste, ils effectueront un travail de composition musicale (génériques, jingles et paysages sonores) avec des instruments à vent, à cordes pincées ou frottées et des percussions.
Avec Ives Durand, conteur et comédien bien connu de notre région, ils rédigeront les rubriques de l’émission radio : paysages et flore locale, mémoire, langue, patrimoine, fête, chant…

Atelier Ecole de l’Oralité © Collège Belmont-sur-Rance

Ce magnifique projet ne pourrait bien sûr avoir lieu sans l’implication des enseignant(e)s qui, chacun(e) au travers de sa matière, alimenteront le contenu de ces rubriques, rédigées et enregistrées tantôt en français, tantôt en occitan !

Les premiers ateliers se sont déroulés du 3 au 5 janvier 2023.

Cette émission radiophonique – dont le titre reste à trouver ! – sera présentée publiquement le mardi 13 juin 2023 à l’abbaye de Sylvanès, accompagnée en direct par des musiciens de l’ensemble Canticum Novum.

En attendant ce rendez-vous à ne pas manquer, plongez dans l’univers de cette grande aventure collective en écoutant les élèves, les artistes et les enseignants parler, chanter et jouer au micro de Josef Ulla pour Radio Saint-Affrique, partenaire privilégié de ce projet !  Reportage réalisé au cours des trois premiers jours de travail !

Ecouter le podcast sur le site de Radio Saint-Affrique  : podcast Ecole Oralité

S’initier au chant diphonique avec Johanni Curtet

Saviez-vous que tout le monde est capable de sortir plusieurs sons avec une seule voix ? Un khöömiich (diphoneur ou diphoneuse mongol) peut, à lui ou elle seul, émettre un bourdon vocal et réaliser simultanément une mélodie d’harmoniques entourée de diverses résonances. Cette acrobatie de la voix semble virtuose, mais elle est accessible à tous si on nous en donne les clés. N’importe qui peut être initié à ce chant diphonique ou l’art du khöömii.

Pour toute personne s’intéressant à la voix, cette pratique mongole, si elle est assidue, peut apporter sur le long terme : une augmentation des capacités respiratoires, une écoute des fréquences les plus subtiles, avec la redécouverte de certaines fréquences une amélioration de l’audition, plus de justesse, de la confiance en soi, enfin un grand plaisir vibratoire. Alors, pourquoi s’en priver ?

Cette nouveauté intégrée à l’offre éclectique de stages de formation vocale proposée par le Centre culturel de rencontre sera reconduite du 25 au 28 juillet 2023 et encadrée par le musicien et ethnomusicologue Johanni Curtet. 

Johanni Curtet entouré de ses stagiaires – Abbaye de Sylvanès – août 2022

Pour aborder la technique du khöömii dans sa globalité, Johanni Curtet apporte au cours du stage des éléments théoriques propres à sa démarche ethnomusicologique (avec enregistrements et images à l’appui), des exercices de musculation des lèvres, de la langue, une gestion particulière du souffle, un contrôle du son avec et sans diphonie, un enrichissement du timbre vocal, la recherche d’un timbre guttural, ainsi qu’un travail de l’écoute et de la pensée musicale dans une perspective mongole. Avec cette méthode, chacun peut repartir avec un bagage lui permettant de développer l’art du khöömii sérieusement chez soi, en restant au plus près de la pratique traditionnelle et de la réalité autochtone.

Les inscriptions pour ce stage seront ouvertes à partir du 20 février 2023. 

 

Une formation pour artistes de chœur

Le Centre culturel de Rencontre de l’Abbaye de Sylvanès et son directeur Michel Wolkowitsky accordent une attention toute particulière à la transmission de l’art vocal et à l’insertion professionnelle des jeunes artistes. Depuis janvier, un appel à candidature de formation professionnelle pour artistes de chœur a été lancé en collaboration avec le compositeur Christopher Gibert (directeur de chœur) et l’Orchestre Baroque « Les Passions », en partenariat avec le Centre d’Art Vocal Occitanie / Les éléments.

 

ORGANISATION DE LA FORMATION
Elle se déroule à l’abbaye de Sylvanès sur trois sessions d’une semaine réparties du printemps à l’été  : la première en avril, la deuxième en juin et la troisième en août.

Cette formation intensive est encadrée par le compositeur et chef de chœur Christopher Gibert, en résidence à l’abbaye pour 3 années (2022-2024). Chaque semaine de formation proposera une thématique esthétique et variera les effectifs musicaux dans le but d’expérimenter au mieux différents dispositifs artistiques.

• Semaine 1  : « Travail a cappella » du mardi 25 au samedi 29 avril inclus
Programme Europe chorale XIXe et XXe siècles
L’objectif de cette session est de former l’oreille fine des participants au travail en chœur

• Semaine 2 : « Grand orgue et choeur »du mardi 6 au samedi 10 juin inclus
Travail avec instrument : Chanter avec l’orgue
« Création contemporaine » du 46e Festival

• Semaine 3 : « Chœur et Orchestre » du lundi 7 au dimanche 13 août inclus
Travail avec orchestre baroque (rapport soliste de chœur et grand chœur)
À travers l’étude d’une œuvre majeure du répertoire baroque français, la Missa Assumpta Est Maria et Litanies à la vierge de M.A Charpentier avec l’orchestre baroque Les Passions, direction : Jean-Marc Andrieu.

PUBLIC ET PRÉ-REQUIS
Pré requis  : Lecteur confirmé • Expérience en tant que chanteur appréciée • Formation lyrique (3e cycle, DEM ou plus) ou expérience artistique significative • Avoir moins de 35 ans •

Public  : • Ouvert aux intermittents, compatible avec les formations professionnelles • Ouverts aux artistes chanteurs souhaitant approfondir le travail de choeur de chambre professionnel

Effectif max : 16 personnes –  min 8 personnes

COMMENT SOUMETTRE SA CANDIDATURE ? 
Pour candidater, il suffit d’envoyer  CV, lettre de motivation, enregistrement audio / vidéo  à  : direction@sylvanes.com avec pour objet de mail « Candidature formation pour artistes de chœur 2023 »
Date limite de candidature : 28 février 2023
Étape 1 : Présélection sur dossier
Étape 2 : Auditions à Toulouse en mars

 

COÛT DE LA FORMATION
Coût pédagogique de la formation (pour 3 sessions soit 90h) : 2000 €
Possibilité d’hébergement et de restauration à l’abbaye (nous contacter)
NB : L’Abbaye de Sylvanès est certifiée QUALIOPI au titre des Actions de Formation. Cette certification permet aux bénéficiaires de solliciter des financements au titre de la formation professionnelle continue via les opérateurs de compétences, l’État, les régions, la Caisse des dépôts et consignations, Pôle emploi ou l’Agefiph.

 

TÉLÉCHARGER LA FICHE DESCRIPTIVE de la FORMATION 

En savoir plus sur  Christopher Gibert  :  lire l’article de blog Rencontre avec Christopher Gibert 
et https://www.animanostra.fr/christophergibert

 

Un nouveau chœur d’enfants pour La Belle et le Loup !

Si vous suivez de près l’actualité de l’Abbaye de Sylvanès, vous ne pouvez pas ne pas avoir entendu parler de La Belle et le Loup ! Inédite, cette œuvre musicale composée pour le jeune public par Cécile Veyrat sur un texte de Marie-Chloé Pujol-Mohatta a été créée en mai 2022 à Onet-le-Château avec un chœur de 45 élèves puis en juin à Paloma, SMAC Nîmes Métropole avec d’autres enfants. Fort du succès partagé par les participants, les publics et les partenaires, le projet est reconduit en 2022/23 en Aveyron et aussi dans le Gard avec de nouveaux élèves qui auront la chance d’expérimenter le processus de création artistique de A à Z !

Représentation à Paloma, SMAC Nîmes Métropole, 10 juin 2022 © Stéphane Mathieu

Librement inspiré du conte traditionnel La Belle et la Bête, La Belle et le Loup est un « opéra pop » construit sous la forme d’une fable écologique qui vient questionner notre rapport à la nature, aux animaux et plus largement au vivant. Les allégories de l’Homme (La Belle) et de la Nature (Le Loup) invitent les spectateurs (les Humains) à reconsidérer leur rapport au monde. L’œuvre est caractérisée par une musique actuelle aux accents d’opéra où les sonorités classiques – piano, violoncelle, flûte traversière – se mêlent à d’autres plus contemporaines – saxophone, synthétiseur, vibraphone.

La reconduction d’un partenariat avec le Département de l’Aveyron permet la mise en place d’actions de médiation pour les scolaires… et ce sont 65 élèves de Cm1/Cm2 de l’école Blanchard (Saint-Affrique) qui s’apprêtent à plonger dans cette grande aventure péda et musicale aux côtés de Cécile Veyrat – compositrice de l’œuvre musicale et interprète de la Belle. C’est elle qui assurera la formation des choristes en herbe tout au long de l’année scolaire.

Une quarantaine d’heures d’ateliers de chant sont prévues dans les classes pour former le « chœur de la forêt » qui montera sur scène aux côtés des 10 chanteurs et instrumentistes professionnels. A la fois témoin et acteur de l’intrigue, celui-ci est véritablement impliqué dans le spectacle par l’intermédiaire de nombreux dialogues chantés avec les protagonistes de l’histoire.

Représentation à Paloma, SMAC Nîmes Métropole, 10 juin 2022 © Stéphane Mathieu

Ne ratez pas l’aboutissement de ce travail qui sera présenté le mardi 20 juin 2023 à la Salle des Fêtes de Saint-Affrique !

Dans le Gard, les représentations auront lieu les 15 et 16 mai à Nîmes.

La Belle et le Loup s’inscrit dans la continuité des projets artistiques et pédagogiques portés par l’Abbaye de Sylvanès qui permettent la formation et l’implication d’un chœur d’enfants dans des productions musicales. Initié par l’Abbaye de Sylvanès, le projet est co-produit avec Les Oreilles en Eventail (30) en partenariat avec le Département de l’Aveyron dans le cadre de ses itinéraires d’éducation artistique et culturelle 2022/23. Il reçoit le soutien de l’Education Nationale, de la DRAC Occitanie et de la Ville de Saint-Affrique.

Ode aux femmes compositrices

La dernière résidence d’artistes de l’année s’est déroulée du 18 au 20 octobre à l’Abbaye de Sylvanès avec deux femmes musiciennes de grand talent réunies par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitsky : la pianiste espagnole Carmen Martínez-Pierret et la soprano d’origine aveyronnaise Delphine Mégret.  
Au programme :  trois journées de travail autour de leur projet musical « l’Heure rose » qui sera créé au Teatro de la Maestranza, Opéra de Séville le 19 décembre 2022.

Aux côtés du violoncelliste Israel Fausto avec qui elle partage la direction artistique, la pianiste a initié le cycle « Rasgando el silencio » au Teatro de la Maestranza de Séville pour faire découvrir au public l’œuvre de 60 femmes compositrices de 1750 à 1980.
Ce cycle sur 3 ans qui comprend 12 événements a débuté la saison dernière avec 4 premiers concerts.
« Cela fait longtemps que je fais des recherches sur le répertoire le plus secret et le plus oublié de l’Histoire de la Musique : celui des compositrices. Le canon de l’histoire de la musique n’a pas pris en compte les femmes, il les a complètement oubliées, c’est un choix très injuste et je veux les rendre visibles », précise Carmen Martínez-Pierret.

Les répertoires sont de différentes époques, les formes musicales variées (musique de chambre, solo, duos, etc…) mais tous mettent en lumière le pouvoir musical de ces femmes créatrices.
«  On veut réveiller la curiosité, l’envie de découvrir ce répertoire qui n’a rien à envier aux compositeurs masculins de la même période. On veut démontrer que les créations de ces femmes ont souvent la même valeur que celles des compositeurs hommes. Souvent, le public mais aussi les interprètes sont surpris de la qualité de ce répertoire. »

La pianiste Carmen Martínez-Pierret et la soprano Delphine Mégret autour de Michel Wolkowitsky

Pour ces précédents concerts, Carmen Martínez-Pierret a déjà collaboré avec la violoniste Clara Cernat (album « Sérénade » sorti en 2021 au label Thelxínoe Music) ou encore le pianiste- compositeur Thierry Huillet.

Pour cette création « l’Heure rose » du 19 décembre à Séville, elle sera aux côtés de la soprano Delphine Mégret pour un programme de lieders, songs et mélodies de quinze compositrices de différentes nationalités du 19e et 20e siècles.
Parmi elles, certaines, en raison du nom de famille de leur mari, leur frère sont plus connues, comme Alma Mahler, Clara Schumann ou Fanny Mendelssohn. Les autres s’appellent Pauline Viardot, Amy Beach, Irène Poldowski, Rebecca Clarke, Augusta Holmes… et sont toutes aussi brillantes les unes que les autres !

Une face cachée de l’histoire de la musique qui s’avère une fascinante plongée dans le pouvoir musical des femmes à découvrir à Séville (Teatro de la Maestranza) le 19 décembre à 20 h et repris à Sylvanès dans le cadre du 46e Festival le mardi 15 août à 21h en l’abbatiale.
Un enregistrement de ce programme est également prévue à Sylvanès courant 2023.

 

Marine De Sola, la passion du chant

Originaire d’Albi, Marine De Sola est chanteuse et aussi enseignante artistique. Depuis quelques années, elle s’est installée à la Cresse en Aveyron où elle poursuit sa mission d’intervenante musicale pour le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron. Pour la troisième année consécutive, elle anime des ateliers dans les écoles du territoire intercommunal « Monts, Rance et Rougier »  dans le cadre du projet « Chorale à l’École » initié par l’Abbaye de Sylvanès. Rencontre avec cette passionnée du chant et de la transmission.

 

Comment devient-on chanteuse  ?
C’est mon père, chanteur lui aussi qui  m’a appris à devenir chanteuse « professionnelle ». J’ai également commencé le piano dès l’âge de 6 ans sans jamais vraiment m’arrêter au fil de mes prestations musicales. Le chant fait partie de ma vie au quotidien et je suis très heureuse de pouvoir partager ma passion auprès de publics très divers.

J’ai eu la chance de baigner dans la musique depuis ma naissance et faire des rencontres essentielles à mon parcours de chanteuse : Elène Golgevit, professeure de technique vocale de renommée internationale et bien connue à Sylvanès, m’a inculquée de solides bases de technique vocale. Christiane Legrand (la soeur de Michel Legrand) m’a fait découvrir le jazz vocal et Boris Vian. Emmanuelle Trinquesse et Amandine Le Laurent « Chant, voix, corps » m’ont apporté de précieux outils sur la pédagogie de la voix. Ma formation en cycle professionnel au JAM de Montpellier m’a appris les bases de Jazz… Catherine Boulanger m’a formée à la scène…

 

Depuis quand enseignez-vous le chant ?
En 2005, j’ai été sollicité par un groupe scolaire montpelliérain pour diriger la chorale des élèves de l’école. J’y ai découvert mon goût pour la transmission, l’échange et la direction de choeur que je ne soupçonnais pas.
J’ai également eu d’autres expériences en colonies de vacances artistiques à l’Abbaye de St Maur en Anjou. En alternance avec ma vie d’artiste, j’ai répondu à un appel d’offre pour diriger des chorales scolaires à l’école de Baillargues dans l’Hérault. J’y suis restée de 2009 à 2019 et suis intervenue auprès de 17 classes…

A présent que je suis salariée à temps plein pour le CRDA, j’interviens toujours en milieu scolaire depuis la toute petite section jusqu’au CM2. Mais aussi à l’antenne du conservatoire de Millau pour des jeunes enfants en éveil musical, pour de grands enfants et ados en chant choral. Et la nouveauté cette année,  j’encadre des ateliers de chant de musiques actuelles pour tous les publics. A côté de cela, j’anime aussi une chorale de personnes âgées.

Séance de rentrée à l’école St Michel de Camarès

Quel est le rythme de vos interventions dans les écoles du territoire intercommunal Monts, Rance et Rougier ?

Depuis le 1er septembre 2020, j’y viens toutes les semaines. Je vois 6 écoles en semaine A (Montlaur, Camarès (privée et publique), Brusque, Fayet et Cénomes)  et 4 écoles en semaine B (Saint-Sever, Belmont-sur-Rance, Murasson et Saint-Sernin) pour des séances variant de 30 à 45 minutes/classe.

 

Que souhaitez-vous transmettre à tous ces enfants ?
Je voudrais leur transmettre le plaisir et l’exigence que demande le chant, les sensibiliser à l’expression artistique, leur faire ressentir également le plaisir de se préparer pour se produire en concert, le dépassement de soi dans les chants difficiles…
Ce qui est très important pour moi, c’est le partage de cette aventure avec les copains de classes et des autres écoles, à la manière d’une équipe sportive qui doit rester soudée coûte que coûte mais qui vivra des moments intenses !

En tant que chanteuse, quel est votre répertoire de prédilection et quel artiste vous a le plus inspiré ?
L’artiste qui m’a le plus inspiré est Boris Vian : je trouve ses textes et ses musiques d’une finesse inouïe, entre humour et émotion… un régal!
Ensuite, je suis fan de la voix d’Ella Fitzgerald, suave et pétillante et j’aime beaucoup le jazz en général !

 

 

Quand chant rime avec occitan !

Pascal Caumont encadrera du 26 au 28 octobre prochains un stage de chants occitans à l’abbaye.
Les participants pourront profiter à la fois du cadre apaisant de l’abbaye, de la merveilleuse sonorité de l’église et du répertoire choisi alternant entre répertoires anciens ou récents ! C’est aussi une belle occasion de bénéficier d’une pédagogie originale sans partition et axée sur la mémoire corporelle ! Le cantaire Pascal Caumont a accepté de répondre à quelques questions au sujet de ce stage :

A qui s’adresse ce stage de fin octobre ?
Il s’adresse à toute personne résident en Occitanie mais aussi bien au-delà ! notre pratique vocale est très inclusive. Il s’agit seulement d’avoir un minimum de pratique du chant, mais absolument pas d’arriver en étant déjà spécialisé ou après avoir fait des années de chant traditionnel. Nous utilisons une technique accessible à chacun, et dans laquelle les personnes expérimentées peuvent aussi évoluer et progresser. En somme c’est ouvert à toute personne motivée qui a envie de progresser ou de découvrir.

Quel est le répertoire abordé au cours de ces 3 jours ?
Pour ce stage nous partagerons ensemble plusieurs styles de chants d’Occitanie : des chants festifs, des chants narratifs, des polyphonies sacrées, des chants pour la danse…

Quelle méthode privilégies-tu ?
Surtout la transmission orale des différentes voix; les textes sont donnés, dès le départ, mais pas les partitions, afin de créer les conditions d’une réalisation immédiate d’un son collectif vibrant, coloré, fusionnel. Un son qui « fait du bien », sans forçage vocal ou sonore, mais qui permet aux voix de se déployer, d’ouvrir leur spectre sonore.

Sylvanès : un cadre idéal de transmission pour toi ?
Oui vraiment. Les maîtres bâtisseurs possédaient la connaissance et la maîtrise de l’architecture en rapport avec le son, c’est réellement impressionnant dans le cas de Sylvanès. Et c’est une grande joie que de chanter dans l’abbatiale, j’en profite pour remercier les équipes qui font vivre ce lieu, cet endroit qui est un magnifique réceptacle pour les personnes motivées par le chant aujourd’hui !

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES ET FORMULAIRE D’INSCRIPTION

INTERVIEW DE PASCAL CAUMONT SUR RADIO OCCITANIA

Un émouvant concert de clôture

« Nous vivons un moment très difficile. Mais nous voulons continuer à chanter pour la paix » déclarait dimanche 28 août, à l’issue du concert de clôture du Festival, Yulia Khutoretskaya, les yeux embués de larmes. La jeune chef de chœur russe et son ensemble Khutoretskaya Vocal Consort se produisaient avec deux solistes ukrainiens et aux côtés du chœur d’hommes basques Anaiki. Pendant près de deux heures, ils ont partagé la scène avec une belle complicité et un équilibre parfait livrant de magnifiques et émouvants chants, issus du répertoire sacré et traditionnel de Russie, d’Ukraine et du Pays basque.

Cette rencontre polyphonique inédite, empreinte d’une intense émotion, restera un moment fort de cette édition :  le témoin d’un respect mutuel entre ces différentes cultures musicales mais aussi d’une fidèle et fraternelle amitié entre Jean-Marie Guezala, les chanteurs russes, ukrainiens et Michel Wolkowitsky.

Pour notre directeur artistique « les artistes ne doivent être les otages de la guerre »… Le public du festival ne s’y est pas trompé et les 600 personnes présentes dans l’abbatiale pour cet ultime rendez-vous musical de l’été ont offert aux trente artistes réunis sur scène une longue standing ovation !

Encore une fois, le Festival de l’Abbaye de Sylvanès a offert des espaces de liberté, d’émotions partagées et a permis, à travers la musique, de nourrir les esprits et d’apaiser les cœurs !

Vivement l’année prochaine pour une nouvelle édition !

Sajan Sankaran, entre pratique et partage !

Après plusieurs reports de sa résidence à l’abbaye de Sylvanès (depuis 2020), l’artiste indien Sajan Sankaran a enfin pu se poser en terre aveyronnaise, du 25 juillet au 6 août 2022 dans le cadre du dispositif « Odyssée » initié par l’ACCR.

Il s’agissait pour Sajan de sa première résidence en Europe avec pour objectif d’aller à la rencontre des personnes et d’explorer plusieurs milieux artistiques. Des souhaits qui ont été très largement concrétisés lors de sa résidence artistique à l’abbaye placée sous le signe du partage et des échanges.

 

DES ÉCHANGES PASSIONNANTS ET FRUCTUEUX

Lors de son séjour, l’activité artistique des stages et du 45e Festival était à son apogée à Sylvanès. Pas moins de quatre stages et masterclasses se déroulaient dans les murs du Centre culturel de rencontre ainsi que des concerts du festival de musiques sacrées-musiques du Monde.

La première semaine de sa résidence, la classe de maître encadrée par Élène Golgevit & Charlotte Bonneu cohabitait avec un atelier de chant sacrés d’orient et d’occident animé par Frédéric Tavernier-Vellas.
« L’énergie des chanteurs professionnels participant à la classe de maître de chant lyrique était très inspirante et m’a rappelé l’énergie de mon propre Gurukul [1]  où tous les enseignants sont eux-mêmes des musiciens professionnels et délivrent une formation individuelle intense pour chaque élève.
J’ai aussi apprécié d’expérimenter des chants sacrés européens : j’ai retrouvé de nombreuses similitudes dans l’approche de la voix avec la musique indienne.
Dans tous les cas, j’ai apprécié l’intérêt des enseignants et des participants pour la musique indienne et les nombreuses discussions sur la musique en général, la création musicale, l’approche et la philosophie de la voix ».

Lors de sa deuxième semaine, Sajan a eu l’occasion de rencontrer Johanni Curtet qui animait dans les murs une initiation au chant diphonique mongol. « Les chants de gorge sont une approche très particulière de l’utilisation de la voix. J’ai eu la chance de pouvoir longuement échanger avec Johanni – qui est aussi ethnomusicologue – sur de nombreux aspects de la musique, de la technique vocale dans les différentes formes d’art. J’ai appris beaucoup de choses sur la culture et l’art mongol et j’ai hâte de les découvrir davantage ».

L’Atelier de chant médiéval avec Els Janssens-Vanmunster et Caroline Marçot se déroulait sur la même période et a été le terrain de dialogues et de partages enrichissants : « La merveilleuse connexion avec les formatrices et participants de cet atelier nous a permis de réaliser une présentation collaborative à l’issue de celui-ci, intégrant mes improvisations à l’une des pièces d’Hildegarde chantée par les stagiaires. Permettre la confluence de ces deux traditions de chant et expérimenter leur coexistence était une puissante expérience. J’ai découvert de nombreuses possibilités de collaboration entre la musique dhrupad et la musique médiévale d’Europe».

Concernant les concerts du 45e Festival auquel Sajan a assisté (Musique baroque, Flamenco, Nuit à l’Opéra, Trompette et Orgue … ) ce fut aussi pour lui une riche découverte : « Même si j’avais déjà écouté certaines de ces formes musicales auparavant, ce n’était que par le biais d’enregistrements. Aussi, pouvoir assister à ces concerts, observer les attitudes des artistes et leur approche de la musique avant de pouvoir échanger de vive voix avec eux était une expérience formidablement enrichissante».

 

ENTRE MUSIQUE DHRUPAD ET PHILOSOPHIE DU YOGA

En dehors de la collaboration avec l’atelier de chant médiéval, Sajan a pu effectuer dans l’église abbatiale deux présentations de Dhrupad qui ont été très bien accueillis par le public, généralement peu familier avec la musique indienne.

Pour la petite histoire, c’est pendant ses études à Bombay que Sajan se découvre un intérêt pour la musique classique indienne. Il fut introduit dans ce milieu par Shri Harshal Pulekar et le professeur Milind Malshe. Suite à sa découverte du dhrupad, cette autre forme de musique classique indienne, il décide de s’y consacrer et eut la chance d’être accepté comme élève par les frères Padma Shri Gundecha – les musiciens les plus en vue du dhrupad aujourd’hui.

Sajan enseigne aussi le Yoga et le Pranayama. Il a profité de son séjour à Sylvanès pour proposer quelques séances d’enseignement et s’adonner également à un travail de recherche autour de la convergence qui existe entre la musique Dhrupad et philosophie du yoga.

« Ce fut une très bonne expérience d’être à Sylvanès. Je me réjouis de poursuivre les amitiés et les interactions avec toutes les personnes merveilleuses que j’y ai rencontrées !
Ce fut formidable et inspirant d’interagir avec le directeur Michel Wolkowitsky qui a régulièrement pris le temps de découvrir ma pratique, de me parler de la sienne et d’échanger quelques points de vue sur la musique en général. Tout cela a constitué de belles conversations humaines et musicales.
Une résidence très productive qui donnera lieu, je l’espère à de nombreuses autres interactions et échanges enrichissants».

Nous n’en doutons pas et souhaitons à Sajan de belles nouvelles aventures et une bonne continuation dans tous ses projets  !

Sajan Sankaran et Michel Wolkowitsky

 

[1] Un gurukul est une école traditionnelle en Inde où les élèves (shishya) vivent près de leur gourou (enseignant), souvent dans le même logement, comme une sorte de famille.

 

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Traverser le Monde grâce au Festival !

Ce dimanche 17 juillet, à Sylvanès, tandis que s’échappaient les dernières lueurs d’une chaude journée, l’ensemble Constantinople, dirigé par Kiya Tabassian, s’est associé au chanteur et joueur de kora Ablaye Cissoko pour nous transporter d’un bout à l’autre des mers et des océans, au-delà desquels les quatre musiciens présents sur scène puisent leurs inspirations.

© Marie Lamour

De la complicité présente entre les artistes naquit une musique originale, pleine de poésie et de délicatesse. Face à nous, contrebasse, jouée par Leonardo Terrugi, sétar, joué par Kiya Tabassian, et kora se sont retrouvées. Cordes et voix se sont alors entremêlées, au rythme des percussions de Patrick Graham, dans des pièces revisitées, issues de répertoires baroques et traditionnels cosmopolites, des compositions mais aussi des passages improvisés, offrant ainsi au public une performance unique.

Une fois la nuit tombée, le concert s’est achevé sous les longs applaudissements d’un public conquis par ces musiques d’ailleurs. Une première semaine de festival pleine d’émotions, qui laisse présager un été riche en découverte et en émerveillement !

Guillaume Sisiak