Résidence d’enregistrement de la Misa Flamenca

Venus cet été au festival pour la création d’une Misa flamenca inédite, les artistes de la compagnie Tavernier-Vellas sont de retour à l’abbaye du 7 au 11 octobre pour enregistrer cette œuvre qui sera édité en 2020 sous le label Psalmus.

Après la création et l’enregistrement en 2018 de la Messe Grecque de Saint Denis à Sylvanès, les sept musiciens et chanteurs nous entraînent dans un voyage autour des chants sacrés de la Méditerranée et nous invitent dans la culture andalouse à travers une expérience musicale et spirituelle inédite.

Développée selon le Rit Hispanique, très différent du Rit Romain, cette Misa Flamenca fait entendre des pièces anciennes du répertoire mozarabe interprétées par Frédéric Tavernier-Vellas associé à ses amis chanteurs Jean-Etienne Langianni, Jean-Christophe Candau, Antoine Sicot et Raphaël Robin. Le chant Flamenco s’y intègre de manière vivante et naturelle à travers des compositions du guitariste Kiko Ruiz chantées par Matéo Cortès.

« Vive flamme d’Amour » pourrait être le titre de cette création où la ferveur liturgique de l’ancien et actuel chant Mozarabe se mêle au duende légendaire du Flamenco. C’est l’âme sacrée de l’Andalousie qui s’intériorise pour se communiquer de manière encore plus profonde et vivante. Des créations sur des textes de Jean de La Croix apportent à cette Misa Flamenca une vive flamme qui est danse de l’âme.

Cette Misa est aussi un hommage à Pedro Soler, auprès de qui Frédéric Tavernier-Vellas a découvert cette tradition toujours vivante qui veut qu’un artiste de flamenco crée, au moins une fois dans sa vie, une Misa flamenca.

Des artistes réfugiés soudanais en résidence à l’abbaye

Depuis le 24 juin, Fouad, Mahmoud, Mohamed, Moussab et Mohamed, font résonner les rythmes des musiques soudanaises dans l’enceinte de l’Abbaye de Sylvanès. Ces artistes réfugiés originaires du Soudan sont accueillis en résidence artistique à l’abbaye dans le cadre du programme NORA mis en place par l’Association des Centres culturels de rencontre (ACCR). C’est par l’intermédiaire de l’association des artistes réfugiés établie à Paris que Mahmoud a connu cette opportunité de venir en résidence artistique au centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès.

Nous les avons rencontrés et avons échangé à propos de leur démarche artistique. Tous viennent de régions différentes du Soudan qui à l’échelle nationale ne se côtoient que très rarement. En effet, le pays compte 570 groupes ethniques et 280 langues y sont parlées. Ils se sont rencontrés grâce au réseau associatif solidaire dédié aux réfugiés à Marseille et ont décidé de former un groupe de musique baptisé « le Tambour soudanais » qui se veut ambassadeur de la culture soudanaise en France. La plupart étaient déjà musiciens au Soudan, excepté Fouad qui dit s’être consacré à la musique, qui l’attirait déjà depuis longtemps, grâce à son intégration au groupe.

Lors d’une époque au cours de laquelle les réfugiés suscitent le débat, ils souhaitent « embellir l’image des réfugiés en France » par le partage et la musique. D’après Mohamed, « la musique est la voie de la paix ». Les chansons relatent le lien avec le pays d’origine, et valorisent l’intégration en France et le vivre ensemble. Mohamed transmet la culture soudanaise par sa maitrise du patrimoine musical traditionnel, Mahmoud, quant à lui se veut moderne, avec sa guitare électrique, et enfin, Moussab chante en anglais pour assurer une ouverture au monde… qui fait parfaitement écho avec la philosophie de l’abbaye et de son festival.