Lancement de l’école de l’Oralité©

L’École de l’Oralité© est le nouveau projet d’éducation artistique et culturelle développé pour les scolaires par l’Abbaye de Sylvanès. A partir d’une pédagogie basée sur l’oralité, elle propose aux élèves une nouvelle façon de vivre la pratique artistique, avec pour objectif la création de passerelles entre les arts, les cultures et les générations.
Forte de 10 années d’expériences, l’EO© s’installe donc pour trois ans en sud Aveyron, pour travailler avec deux classes de 6e du collège Saint-Michel de Belmont-sur-Rance.

Emmanuel Bardon

Emmanuel Bardon, chanteur et initiateur du projet, n’est pas un inconnu pour notre territoire : depuis l’âge de 4 ans, il a effectué de nombreux séjours à l’Abbaye de Sylvanès, assistant puis participant à la renaissance de ce lieu aujourd’hui emblématique du Département et de la Région Occitanie.
En novembre dernier, afin de plonger les élèves dans le bain, Emmanuel Bardon leur a concocté et envoyé une « bulle sonore » vocale et musicale : moins de 8 minutes ont suffi pour titiller leur curiosité !

Après l’écoute de cette « bulle », les enseignantes ont rapporté que les élèves avaient été surpris et se posaient beaucoup de questions. Certains se sont laissés emporter par la musique :

« J’ai cru que j’étais au Maghreb »
« J’avais l’impression qu’Aladin allait apparaître »
« J’ai cru qu’on était dans le désert du Sahara »
« Je me croyais en Égypte/en Inde »
« J’avais l’impression qu’un dresseur de serpents allait apparaître »

Tentant de deviner de quel lieu il s’agissait, les élèves ont avancé pas mal d’idées :

« la vierge à Camarès »
« l’église de Camarès/de St Affrique »
« le pont vieux à Camarès »
« la collégiale de Belmont »
« le château de Montaigut »
« l’abbaye de Sylvanès »

Et puis, ce mardi 15 décembre,  Emmanuel Bardon est venu rencontrer les élèves dans leur classe afin de leur présenter plus en détails le déroulement du projet.

Séance du 15 décembre, collège de Belmont-sur-Rance

De janvier à juin, trois artistes professionnels interviendront dans les deux classes de 6e pour travailler sur la thématique des chemins : une belle occasion de partager des idées, des connaissances, des souvenirs ou des ressentis… Ensuite, il s’agira de raconter, sous quelque forme que ce soit (chant, danse, percussions) et à tous ceux qui voudront bien l’entendre, une histoire commune.

« Créer ensemble… est la voie de choix pour vivre intensément, pleinement avec les autres et harmonieusement en société ».

Accompagnés par les artistes, les élèves suivront un parcours les plaçant alternativement en position de spectateur, créateur puis artiste. Mais impossible encore de dire aujourd’hui à quoi ressemblera la restitution finale du mois de juin : le projet est unique et se construira au fur et à mesure des ateliers !

« Faire de chaque bénéficiaire l’auteur et l’acteur de sa vie culturelle et citoyenne ».

Michel & André : 50 ans d’amitié

C’est en novembre 1970 que j’ai intégré la chorale du couvent des Dominicains de Toulouse dirigée par André Gouzes, jeune frère de 27 ans fraîchement rentré de sa coopération au Québec. Cette rencontre allait marquer le début d’une belle et fidèle amitié qui a été la force de notre folle aventure à Sylvanès. Malgré les épreuves, les tensions et les difficultés de ces derniers temps, elle ne s’est jamais affaiblie.
C’est grâce à André que j’ai découvert l’abbaye en avril 1972, invité à passer quelques jours de vacances à Brusque. Par une après-midi pluvieuse nous sommes entrés dans l’abbatiale de cette abbaye, fermée, abandonnée, en partie ruinée. Après avoir chanté dans ce merveilleux écrin acoustique, nous avons été pris tous les deux par un délire prémonitoire où nous avons rêvé ce que nous pourrions faire de ce lieu en déshérence, s’il nous était confié : le restaurer, l’animer, le faire revivre et le faire rayonner par la liturgie, les arts et la culture, en faire un lieu de rencontre, de musique, d’amitié.


Rien ne nous laissait penser que trois ans plus tard, en 1975, nous investirions les lieux à l’invitation d’Émile Castan, maire du village.

La suite vous la connaissez !

J’avais espéré célébrer cette belle amitié, lors de la rencontre qui était prévue pour la Toussaint autour la personnalité et de l’œuvre liturgique d’André qui a trouvé à Sylvanès un terreau fertile d’inspiration et de pratique pour sa création musicale pendant plus de 40 ans. Malheureusement annulée pour raison de confinement, cette rencontre sera reportée à la saison prochaine.

Michel Wolkowitsky 

André Gouzes et Michel Wolkowitsky, juin 2020

 

Confinement#2, la parole aux artistes

Ils sont artistes et se sont produits cet été dans le cadre du Festival de l’Abbaye. Ils ont accepté de livrer leur ressenti sur ce deuxième confinement et cette période cruelle pour le secteur du spectacle vivant !

Raphaël Vuillard de l’Ensemble Bab Assalam

 

Extrait d’une lettre de Bab Assalam intitulée « Spectacle dans le brouillard d’esprit » adressée aux professionnels du secteur  : « Bab Assalam est en état de sidération, devant la situation catastrophique du monde, de la France, des institutions et plus particulièrement de la Culture. Tout ce pourquoi nous luttons depuis des années est anéanti ou risque de l’être. Mes amis, musiciens Syriens avec qui nous avons créé Bab Assalam ont du fuir leur pays, face à la dictature, au péril de leur vie et sont venus me retrouver en France espérant des jours meilleurs. Aujourd’hui, nous sommes encore loin de l’état syrien, mais le bruit des bottes se rapproche dangereusement, nos libertés sont bafouées chaque jour un peu plus et la culture est dans le viseur de l’état. Nous nous plions aux directives sanitaires, au couvre feu, aux confinements, à l’arrêt total de nos professions, bien sûr nous avons l’année blanche et l’activité partielle…
Jusqu’où pourrons nous tenir?
Penser et imaginer une nouvelle création… comment, pourquoi, pour qui?

[…] 

Des reports, des agendas rocambolesques, nous venons même de bloquer 3 dates pour un concert sur 3 mois différents… pour être sûr, au cas où…
Alors oui, cela suffit !
Nous ne ferons pas de nouvelle création pour le moment.


Notre Derviche n’a pas suffisamment « tourné », il est d’actualité,  il est sensible jusqu’à la folie, alors oui nous avons l’audace de croire qu’il pourra continuer son chemin de Derviche errant, comme Chams de Tabriz emmena Al Rûmî dans son rêve.

Ô soleil de Tabriz ! J’étais neige, à tes rayons je fondis, la terre me but.
Brouillard d’esprit, je remonte vers le soleil.
Al Rûmî

 

Thierry Huillet

Après avoir vécu le premier confinement comme une expérience intéressante, proche de l’exil volontaire et introspectif sur une île déserte ou sur les hauteurs himalayennes, je dois avouer que j’accueille le deuxième comme une redite un peu lancinante et assez lassante. Ma crainte est que cette accoutumance à une forme de déshumanisation ne devienne la norme et que nous finissions par ne plus être gênés de ne voir que la moitié des expressions de nos interlocuteurs. Je me dis également que les privations de nos libertés et de nos envies sont tout de même modérées en comparaison de situations de guerres ou de longues dictatures et que la patience aura raison des désagréments actuels. Bref, ne nous habituons pas, n’acceptons pas, mais ne dramatisons pas!

Clara Cernat 

Je suis partagée. Je pense qu’arrêter toute une ville culturelle est brutal et avec des répercussions sur le moral des gens qui ne peuvent pas vivre sans culture en live (Théâtre, Concerts…). Actuellement tout se discute en chiffres, jamais en qualité de vie que le monde abandonne de façon forcée.  Je me soumets de façon disciplinée à ces décisions que je n’approuve pas.

 

Diana Baroni

Ce nouveau confinement me désole. Je vois notre société engloutie par la panique et la terreur; la répression dans les rues me rappelle la dictature de mon enfance chez moi, à Rosario, en Argentine. Ma plus grande désolation c’est l’ignorance et la confusion à laquelle cette pandémie nous condamne. Le pire des risques dans une société c’est l’anéantissement et la perte de perspective dans un regard large. Je ne supporte plus les mensonges et la manipulation dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

 

Jean Tubéry, pour l’ensemble La Fenice

Ce nouveau confinement est bien sûr la pire des rechutes pour nous, face à ce virus contagieux qu’est l’angoisse devant la pandémie… L’art n’est pas une « première nécessité » dans notre société : nous le savions déjà ! Les livres et les fleurs non plus… et c’est tout aussi grave sinon davantage, pour les artistes et les poètes que nous sommes, et que chacun d’entre nous recèle en soi.

Face à cette dictature de la raison sur la passion, notre seul recours est de créer, ou de re-créer : entre musiciens, danseurs, gens de théâtre… artistes de tous horizons, loin hélas de notre public qui reste notre raison d’être d’êtres vivants, qui communiquons auprès de notre prochain.

C’est pourquoi nous venons d’enregistrer à la cité de la voix de Vézelay notre programme des Misteri Gloriosi (musique du Rosaire dans l’Italie baroque), avec les jeunes musiciens de notre nouvel ensemble La Fenice aVenire.

Deuxième confinement : du point de vue des artistes…

La crise sanitaire en cours affecte en profondeur le milieu culturel et le spectacle vivant en particulier. Nous avons demandé à nos artistes comment ils vivaient ce nouveau confinement… Milena Jeliazkova, François Lazarevich, Lydia Mayo, Pascal Caumont, Delphine Mégret se sont confiés.

Milena Jeliazkova

Malgré les incertitudes et le stress, je refuse de perdre l’espoir et d’imaginer ne serait-ce qu’un instant qu’un monde d’humains sans culture – fêtes, musiques, danses, cirques, théâtre, expositions d’objets d’art – puisse exister. Donc, optimiste invétérée je suis, mais avec des moments de découragement tout de même.

François Lazarevich 
Ce deuxième confinement, malgré sa relative « souplesse » par rapport au premier, a un goût bien plus amer. L’effet qu’il produit sur le psychisme du pays, d’une part et son économie (notamment celle de nos structures culturelles si fragiles) d’autre part est bien plus palpable.
Bien sûr je suis très soucieux de notre avenir ; celui de la pratique artistique professionnelle et amateur, de mes élèves, de notre société… Les séquelles risquent d’être profondes, malheureusement. Je prie pour que nous retrouvions la confiance, le sourire, la joie de se réunir (nous avons besoin de cette énergie du groupe), la liberté de bouger et d’entreprendre !

 

Lydia Mayo

A t- on le choix ? non… alors la meilleure manière de le vivre est déjà de l’accepter et de traverser cette période bien étrange et sans précédent. Pour ma part, j’étais en production à l’opéra d’Avignon pour une création « Le Messie du peuple chauve d’Augustin Billetdoux », alors encore une chance de pouvoir chanter sur scène malgré la salle vide : la direction a décidé de l’enregistrer via You tube et le spectacle a été diffusé en direct le 20 novembre.
Pour la suite, je ne sais pas encore mais j’espère que cela va vite évoluer dans une direction optimiste. Que nous puissions à nouveau gouter à notre liberté d’aller où bon nous semble !

 

Pascal Caumont : c’est un vrai coup dur tant pour les stages que pour les concerts : Vox Bigerri a dû annuler ses concerts à Paris, Toulouse, Bordeaux, prévus pour le lancement de notre 7° disque, « Jorn ».

« Jorn » annonce un jour nouveau, une période plus solidaire et coopérative, respectueuse des liens entre l’homme et la nature. Il faudra être patients…

 

Delphine Mégret
Je l’accepte beaucoup moins bien que la première fois avec un sentiment d’injustice. Je sais que la culture va souffrir terriblement de tout ce qui se passe actuellement et que nos métiers sont en périls.
Cependant, ce bouleversement peut être un mal pour un bien avec une remise au point de toute notre société, comme une renaissance.
J’essaie alors d’être positive et de me dire que l’on ne baissera pas les bras, que l’homme est plein de ressource !
Rester positive : mantra du deuxième confinement !

 

D’autres témoignages d’artistes à lire sur le LIEN : Confinement#2 , la parole aux artistes 

 

Le projet chorale à l’école s’adapte au contexte sanitaire !

C’est avec joie que nous avons appris que les ateliers de chant pouvaient se poursuivre en classe, évitant ainsi de suspendre une seconde fois le projet « Chorale à l’école » !

En effet, le projet a redémarré dès septembre pour sa deuxième année avec une classe de plus, soit 9 écoles sur les 14 que compte notre territoire intercommunal à savoir :  les écoles publiques de Belmont-sur-Rance, Brusque, Murasson, Montagnol, Fayet, Montlaur, Saint-Sever-du-Moustier, Saint-Sernin-sur-Rance et l’école privée Saint-Michel de Camarès. Dans le contexte actuel, la reprise de la pratique vocale et instrumentale dans les établissements scolaires reste possible dans la condition où les intervenants extérieurs respectent le protocole sanitaire en vigueur. Cependant, il faut bien reconnaître que le port du masque imposé à tous les enfants dès 6 ans rend la pratique du chant choral extrêmement difficile, en limitant notamment les capacités respiratoires, indispensables pour chanter dans de bonnes conditions.

Séance du 22 septembre à l’école publique de Saint-Sever-du-Moustier

Marine Desola, musicienne intervenante dans les écoles du sud Aveyron dans le cadre de ce projet, a rapidement réadapté ses séances et voici pour exemple le programme de celle à venir :

1- Jeu d’écoute et de rythme « la machine musicale » : les enfants répartis en demis groupes se mettent en ligne et le ou la premier(e) élève propose un rythme corporel qu’il doit faire incessamment, pendant que le suivant créé un autre rythme par-dessus, et ainsi de suite jusqu’au dernier. Ensuite, le second groupe propose une autre « machine ».

2- Chant « Hello Goodbye » (Les Beatles, 1967) : apprentissage de la seconde partie de la chanson avec des gestes, sans chanter, à la façon d’un mime.

3- Jeu de placement « Stop Statue » : les enfants marchent dans la pièce, au son du piano, puis au *stop*, ils s’arrêtent sur place en imitant une statue muette et immobile. Variation : au *stop*, les enfants doivent se placer en position « chorale », à pas de loup, sans bruit ni chahut.

4- Culture musicale : découverte des jeux vocaux pratiqués par les femmes Inuit d’Alaska, à travers un court reportage de France Musique.

Nous souhaitons une bonne continuation de l’année scolaire à tous les enfants et les enseignantes… en espérant rapidement des jours meilleurs !

Pour mémoire, ce projet initié par l’Abbaye de Sylvanès et la Communauté des Communes Monts Rance et Rougiers, s’inscrit dans la ligne du Plan Chorale national. Il est porté en partenariat étroit avec le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron, l’Education Nationale, Aveyron Culture et la DRAC Occitanie.

Des fouilles à l’abbaye

Du 5 au 21 octobre  des équipes du service d’archéologie du Département de l’Aveyron ont investi le site de l’abbaye pour y entreprendre des fouilles sur une parcelle de 1800 m2.  C’est une étape précieuse et indispensable du projet de réaménagement du Centre culturel de rencontre dont la maitrise d’ouvrage est à présent confiée à la Communauté de Communes Monts, Rance et Rougier. Interprétations des excavations, levée topographique permettront de pouvoir envisager le lancement des travaux du nouveau bâtiment programmé en mars 2022. Ce nouveau module sera construit parallèlement à l’aile entre la prairie et l’actuel parking. Il devrait abriter un hall d’accueil pour les visiteurs et les stagiaires, un espace boutique, une salle dédiée aux conférences et expositions temporaires, des bureaux administratifs … Cette implantation aux abords de ces bâtiments, classés Monuments Historiques depuis 1862, a motivé cette prescription par les Services de l’État, Conservation Régionale de l’Archéologie d’Occitanie, de ce  diagnostic d’archéologie préventive visant à préciser la présence et l’état de conservation d’éventuels vestiges.

De multiples structures maçonnées ont été mises au jour. Bien qu’arasées, ces maçonneries traduisent la présence d’anciens bâtiments sur l’ensemble de cette parcelle localisée à l’ouest de l’abbaye et du cloître. Il s’agit d’un secteur traditionnellement destiné à l’implantation des bâtiments consacrés aux frères convers et aux activités de support logistique de la communauté dans une abbaye cistercienne. Il est encore trop prématuré pour proposer un plan général de ces vestiges et donc d’émettre des hypothèses sur l’organisation spatiale de cet espace.

Entre temps, un appel à candidature de maîtrise d’œuvre a été lancé : à ce jour, une quarantaine de bureaux d’études d’architectes ont déjà candidatés  et quatre devraient être choisis dans le courant du premier semestre 2021  afin de présenter leur projet  !

Cet ambitieux projet de développement territorial ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire contemporaine de l’Abbaye.  Il reçoit le soutien de nombreux acteurs institutionnels et professionnels des bâtiments historiques qui, autour du maire du village et directeur de l’abbaye Michel Wolkowitsky se mobilisent activement pour façonner l’abbaye de demain  !

 

Zoom sur les projets EAC 2020/21

Une chorale à l’école pour grandir en musique !

Le projet Chorale à l’école redémarre dès la rentrée pour 10 classes du territoire intercommunal Monts, Rance et Rougier, soit environ 165 élèves âgés de 6 à 11 ans. De septembre 2020 à juin 2021, pour la seconde année consécutive, ceux-ci bénéficieront d’un atelier de chant tous les 15 jours et c’est Marine Desola – musicienne intervenante diplômée – qui les emmènera cette année à la découverte des chants et des cultures du monde ! Si le contexte le permet, 2 rassemblements inter-écoles seront organisés à l’Abbaye de Sylvanès au printemps 2021, afin de permettre aux enfants de rencontrer des artistes professionnels en résidence et d’expérimenter la puissance du chant choral et l’exceptionnelle acoustique de l’église abbatiale.

Rassemblement Plan chorale à l’école – Abbaye de Sylvanès – Février 2020

Une restitution publique clôturera l’année, permettant aux jeunes chanteurs de révéler leurs apprentissages et de partager leur plaisir de chanter.

Pour mémoire, ce projet initié par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès s’inscrit dans la droite ligne du Plan Chorale national et voit le jour sur notre territoire grâce à une concertation étroite et un précieux partenariat avec la Communauté des Communes Monts, Rance et Rougier, le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron, l’Education Nationale, Aveyron Culture et la DRAC Occitanie.

 

L’École de l’Oralité© : un laboratoire de partage des cultures et des patrimoines musicaux !

Née sur le territoire stéphanois, riche de 10 années d’expériences, d’ateliers et d’innovations pédagogiques, l’École de l’Oralité© arrive cette année en sud Aveyron avec pour ambition de faire de la pratique artistique une base d’échanges et de dialogue, spontanée et accessible à tous. L’oralité, aussi différente soit-elle selon ses origines, sa culture ou son âge, exprime et transmet une mémoire, une expérience… une culture.

Pour ce projet, le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès et l’École de l’Oralité© ont souhaité s’appuyer sur les spécificités du territoire afin de mettre en lumière ses multiples facettes culturelles. Un trio d’artistes – un chanteur, une danseuse et un percussionniste – animera dès février 2021 une douzaine d’ateliers pour 2 classes de 6e sur la thématique des chemins. Chemin de pèlerinage, d’exil, de conquêtes, d’explorateurs, de commerce ou de troubadours… ces lieux de rencontre et d’échanges, qu’ils soient culturels ou commerciaux, sont aussi l’occasion d’explorer les thématiques du refuge et de la terre d’accueil. Artistiquement, en outre, le chemin ouvre l’imaginaire et invite au voyage. Dans un processus de création, il offre de nombreuses pistes et permet de nombreuses exploitations pédagogiques pour les équipes enseignantes.

A l’issue des 12 ateliers de pratique artistique, une création collective verra le jour au mois de juin 2021, au cours de laquelle les élèves se produiront sur scène aux côtés d’artistes professionnels issus de l’ Ensemble Canticum Novum.

Le Petit Prince : un spectacle musical pour violon et piano !

Chef d’œuvre de la littérature, livre français le plus lu au monde, Le Petit Prince nous éclaire sur le sens de la vie en nous projetant dans l’univers infiniment grand et infiniment petit. Compositeur toulousain, Thierry Huillet a relevé le défi de mettre ce récit en musique et nous propose d’en redécouvrir les épisodes les plus marquants à travers un recueil de petites pièces en duo piano/violon, où les styles musicaux les plus variés (jazz, tango…) témoignent de son imagination musicale. Le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès, Aveyron Culture, Clara Cernat au violon et Thierry Huillet au piano et à la composition se sont unis pour construire un itinéraire d’Education Artistique et Culturelle© inédit à destination des écoles et collèges. Celui-ci sera constitué d’un atelier de découverte musicale et artistique en classe, au cours duquel les élèves découvriront le métier de musicien et de compositeur, le piano et le violon, et effectueront un travail sur la perception des sons et du lien avec le texte de l’œuvre Le Petit Prince. Les élèves assisteront ensuite à une représentation du spectacle dans l’église abbatiale de Sylvanès, permettant au passage d’en expérimenter l’exceptionnelle acoustique.

A noter que chaque extrait musical sera présenté par les artistes et que le spectacle donne lieu à un échange avec les élèves et enseignants. Rendez-vous pour cela le lundi 8 juin 2021 ! Et d’ici là, les enseignants peuvent préparer leur projet en piochant dans le Fonds Documentaire mis à disposition par Aveyron Culture.

Mais aussi… toute l’année sur réservation :   visites pédagogiques / ateliers de pratique artistique / Des pieds et des mains pour la forêt. En savoir plus sur ce lien 

Intense voyage musical au festival !

Ce dimanche 2 août, dans le cadre du 43e Festival Musiques sacrées – Musiques du monde, les spectateurs de l’abbaye de Sylvanès ont connu un intense périple musical en compagnie de l’Ensemble La Fenice et du trio Diana Baroni, Rafael Guel et Simon Drappier.
La Fenice, nom de l’ensemble dirigé par Jean Tubéry signifie en italien « le phénix ». Sur scène, six talentueux artistes nous ont conduit admirablement « Sur les rives de Babylone » faisant renaître le passé de ses cendres et en particulier le célèbre Psaume de David.

Le public a été séduit par ce riche programme de musique baroque interprété en cinq langues suivant le fil conducteur du psaume d’exil « Super flumina Babylonis ». La flûte virtuose et le cornet au son très aérien de Jean Tubéry se mariait parfaitement avec la voix fluide de Perrine Devillers. Une voix qui suivait son cours tranquille et imperturbable au fil des notes. Cette jeune soprano ne possède aucune limite dans son chant, qui offre la sécurité nécessaire pour se laisser transporter avec confiance. C’était un ensemble envoûtant porteur d’un sentiment intense d’élévation et d’évasion dans lequel chaque instrument y avait son rôle apportant ici ou là le son chatoyant du violon, le timbre chaud du violoncelle baroque, la profondeur du théorbe et la légèreté du clavecin. Le « bis » en anglais choisi par les artistes a fait sourire l’assistance pour la plupart surpris de découvrir que les paroles du tube disco planétaire de 1978 « Rivers of Babylon »étaient directement extraites du Psaume 137 qui commence ainsi  : « Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion. Aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes…  »

Suite des réjouissances en soirée avec le spectacle « Femmes du Nouveau Monde ». Par leurs instruments et leurs chants fort atypiques, le trio a enveloppé l’auditoire dans une chaleur afro-amérindienne délicieuse.

Par son chant, la lumineuse Diana Baroni nous permet de faire toute la différence entre une personne qui fait de la musique et une femme qui vit sa musique. La flûtiste baroque et chanteuse partage la scène avec beaucoup de complicité avec ses musiciens : le mexicain Rafael Guel au vihuela et à la voix chaleureuse et Simon Drappier à l’arpeggione. Ce choix musical autour des personnalités féminines, mystiques, saintes guerrières…  enchaine tendresse, caractère, sensualité et tristesse avec l’accent ultime sur une profonde reconnaissance de vivre.

C’est en suivant le déclin du jour au travers des sublimes vitraux de l’Abbaye que le concert s’achève sous une nouvelle pluie d’applaudissements.
La vie est belle et remplie de couleur grâce à tous ces artistes qui continue envers et contre tout d’alimenter le festival cet été.
C’est le cœur plein d’enthousiasme que chacun a quitté l’abbaye, prêt à poursuivre très prochainement (dès ce mercredi 5 août à Millau) le voyage musical !

Le protocole sanitaire en vigueur à l’abbaye

Dans le contexte actuel, nous mettons tout en œuvre afin de vous accueillir dans les meilleures conditions. L’abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre a mis en place un protocole afin de respecter toutes les consignes sanitaires et assurer la sécurité du public, des artistes et de son personnel.

Ainsi dès l’entrée dans l’abbatiale les spectateurs ont l’obligation de porter un masque et de se désinfecter les mains avec du gel hydroalcoolique mis à disposition. Les portes sont ouvertes une heure avant le début du concert, permettant une régulation du public à l’intérieur comme à l’extérieur et d’éviter les files.

Cette année, le placement est libre pour tous les concerts, une distance minimale d’un siège est laissée entre les sièges occupés par chaque personne ou chaque groupe de moins de dix personnes venant ensemble, ainsi une fois assis les spectateurs peuvent s’ils le souhaitent retirer leurs masques (Décret n° 2020-860 du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19). Avant et après chaque concert les sièges sont désinfectés.

Des membres de l’équipe de Sylvanès sont présents pour rappeler et faire respecter le protocole en vigueur.