Diana Baroni, l’âme des copleras argentines

Flûtiste virtuose et chanteuse argentine, Diana Baroni est décrite comme une « musicienne d’entre les mondes ». Elle s’est produite à plusieurs reprises au Festival de l’Abbaye de Sylvanès et elle sera de retour cette saison 2026, du 3 au 7 août à l’abbaye pour y encadrer un stage de chant sur le thème :  « Copleras : chants d’Argentine ». Diana nous éclaire sur ce répertoire traditionnel de femmes du Nord de l’Argentine.

 

Peux-tu expliquer ce qu’est la copla et ce que racontent ces chants de femmes venus du nord de l’Argentine ?
La copla est la forme poétique la plus répandue dans les chants des pays hispanophones, et plus particulièrement en Amérique latine. Il s’agit d’une strophe composée de quatre vers octosyllabiques, généralement avec une rime assonante entre les vers pairs, forme connue également sous le nom de « cuarteto de romance » proprement dite. Venue d’Espagne, de la tradition poétique du siècle d’or, elle s’est implantée dans le nord-ouest de l’Argentine, où elle est interprétée accompagnée de la « caja chayera » (tambour traditionnel). Les couplets sont pour la plupart improvisés; au-delà d’être un espace de liberté, de déclamation poétique, d’échange populaire, ces chants expriment tant la beauté des paysages comme la difficulté des femmes dans la vie quotidienne.

À travers tes créations, tu mets souvent en lumière la parole des femmes. En quoi les coplas participent-elles, selon toi, à cette expression féminine ?
Et bien, la copla incarne une pratique traditionnellement dédiée aux femmes, et notamment du nord de mon pays; avec le temps, elle a traversé des territoires, des générations et est devenue aussi un espace ludique entre hommes et femmes. Ce qui m’inspire dans ce genre, c’est le coté introspectif; la copla porte en elle une sorte de vérité, de revendication aussi; elle est très identitaire, ancrée dans le paysage, dans les communautés ancestrales, dans le temps présent, tout en venant de très loin.

Diana Baroni, cloître de l’Abbaye de Sylvanès, avril 2021 ©Erol Gum

Comment transmets-tu cet art de la copla au cours d’un stage de quatre jours ?
L’idée est de vraiment découvrir ce genre sans s’imposer de nécessairement le reproduire, mais de comprendre la pratique et l’exercice. Nous allons surtout travailler les textes, sur la base de compilations que j’ai faites moi-même ou des musicologues, pour scander les paroles sur le tempo traditionnel de la « caja » (le tambour qui accompagne ce chant). Il s’agit plutôt de ressentir et s’approprier par la voix et le corps cette pratique, pendant laquelle on fait d’ailleurs dialoguer des groupes de chanteurs – copleros – en créant des joutes d’improvisation.

À qui s’adresse ce stage ? Faut-il avoir une expérience vocale, savoir lire la musique ou parler espagnol pour y participer ?
Ce stage s’adresse à tous car ce genre est né de l’oralité. Bien entendu, parler espagnol est un atout, mais il ne faut pas que cela soit un blocage… Tout le monde est bienvenu !

Tu es venue à plusieurs reprises à Sylvanès : quel est le meilleur souvenir que tu gardes du lieu ?
Pour moi Sylvanès est un espace de création, d’inspiration, de recueil… Le lieu vous parle, les murs sont imprégnés de sons. Nous avons enregistré MUJERES il y a quelques années, peu après le confinement; c’était le printemps, et le silence nous envahissait avec douceur quand nous arrêtions les séances d’enregistrement dans le réfectoire. Lors d’une soirée, nous avons confectionné des couronnes de fleurs pour imaginer la couverture du disque; l’idée est née ainsi, et c’est ensuite avec Erol Gum que nous avons recréé la vision !

Y a-t-il une figure féminine d’Amérique du Sud — artiste, poétesse ou chanteuse — qui t’inspire particulièrement dans ton parcours ?
Oh là là, pas qu’une ! Les femmes sud-américaines sont un peu partout dans mon espace d’inspiration : Alfonsina Storni, Frida Kahlo, Luzmila Carpio, Leonora Carrington, Violeta Parra, Chavela Vargas entre autres… Et une nouvelle muse, qui vient de ma ville natale : Emilia Bertolé, poétesse et peintre, qui fera l’objet d’un projet pour 2027 avec le Quatuor Zaide.


Renseignements sur le stage du 3 au 7 août 2026


en savoir plus sur l’actualité de Diana Baroni
SITE DIANA BARONI

Découvrir un extrait de son dernier album Madre Selva : « Vidala del ultimo dia »

A vol d’oiseau entre musique et environnement

Déjà fortement engagée dans le domaine de l’éducation à la nature et à l’environnement à travers ses divers projets (Des pieds et des mains pour la forêt, dialogue avec le rossignol, Forêt en fête…), le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès poursuit son travail de sensibilisation en 2026 avec le nouveau projet d’éducation artistique et culturelle « À vol d’oiseau ».

Développé par les artistes de la Chapelle Harmonique, « À vol d’oiseau » propose aux élèves un programme inédit pour les sensibiliser à la richesse de la biodiversité. En reliant la musique aux oiseaux, ce dispositif associe originalement éducation musicale et éducation à l’environnement par l’intermédiaire d’ateliers immersifs (pratique avec des appeaux, apprentissage de chant, écoute musicale et sortie nature).

En avril et en mai, deux classes maternelles et élémentaires de La Claparède et Saint Izaire, soient 30 élèves au total bénéficieront d’une série de 3 ateliers, qui, portés par des artistes et des médiateurs spécialisés, s’inscrivent pleinement dans les trois piliers de l’EAC : la pratique artistique, la rencontre avec les œuvres et les artistes et l’acquisition de savoirs.

Ces ateliers invitent les enfants à une immersion ludique et pédagogique dans l’univers des oiseaux : leurs chants, leur richesse biologique et leur influence sur l’histoire musicale.
• Atelier 1 : imiter, observer et reconnaître les chants d’oiseaux avec des appeaux et découvrir comment les oiseaux ont inspiré les compositeurs du Moyen Âge à aujourd’hui, un atelier animé par Armelle Supervie, médiatrice scientifique et musicienne.

• Atelier 2 :  apprentissage de deux chants « Les Rossignols » de Ballard et « Le concert des oyseaux » de Moulinié , un atelier de chant sous la conduite de Emilie Boudeau, chanteuse soprano.

• Atelier 3 : intervention prévue de La Ligue de Protection des oiseaux pour fabriquer une mangeoire, un nichoir ou profiter d’une sortie nature.

Face à l’urgence écologique, voilà une belle parenthèse poétique et pédagogique qui permettra aux adultes de demain d’apprendre à tendre l’oreille… et à regarder la nature autrement.

Ce projet est développé dans le cadre de la campagne départementale des Parcours d’Education artistique et culturelle -1er degré, en partenariat avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale de l’Aveyron et avec la Ligue pour la Protection des oiseaux de l’Aveyron.

La Belle et le Loup : l’opéra pop a son disque !

Un disque pour prolonger la magie de « La Belle et le Loup »

La magie du spectacle « La Belle & le Loup », réunissant 70 élèves de l’ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance, ne s’est pas éteinte une fois le rideau tombé en avril dernier à la salle des fêtes de Saint-Affrique. Bien au contraire ! Avec la sortie du disque de « La Belle et le Loup », l’émotion de cette superbe aventure humaine imaginée par Cécile Veyrat et porté par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès se prolonge désormais à volonté, dans votre salon ou votre casque !

Aux commandes de cet opéra pop depuis 3 ans, Cécile Veyrat confie: « Cet enregistrement donne une nouvelle dimension au projet, en prolongeant son existence au-delà des différentes représentations ! » L’enregistrement du disque a gravé dans le temps cette expérience collective, tout en valorisant le travail mené avec les élèves et les dix artistes professionnels associés au projet.
Pour marquer la sortie du disque, Cécile Veyrat et Michel Wolkowitsky sont venus retrouver les élèves au collège de Belmont-sur-Rance ce lundi 23 mars. Très enthousiastes, les collégiens se sont rassemblés autour de la Belle et le Loup dans une ambiance joyeuse, ravivant les souvenirs de cette aventure pédagogique et musicale appelée à rester longtemps gravée dans les mémoires.

À travers ce projet d’éducation artistique et culturelle, l’Abbaye de Sylvanès confirme une fois de plus que pédagogie et création musicale s’accordent parfaitement ! Une initiative soutenue par le Département de l’Aveyron, la Région Occitanie, la DRAC Occitanie et les services départementaux de l’Éducation nationale. Une dynamique qui illustre, une fois encore, la vitalité culturelle du Sud-Aveyron.

LE  CD est disponible dès à présent à la librairie-boutique de l’Abbaye de Sylvanès au tarif de 20 €

 

Écoutez ci-dessous l’extrait 1 – Introduction

La Belle et le Loup : du spectacle au disque !

Initié en 2022 par l’Abbaye de Sylvanès en coproduction avec Les Oreilles en Eventail (30), le projet d’éducation artistique La Belle et le Loup a poursuivi son aventure en 2023 puis en 2025 du côté de l’Aveyron.

De novembre à avril, 70 élèves de CM et de 6e de l’ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance ont vécu un véritable parcours artistique, rendu possible grâce au Pass Culture. Au total, 66 heures d’ateliers de chant et de mise en scène, guidés par Cécile Veyrat : une préparation exigeante qui les a menés le 30 avril jusqu’à la scène de Saint-Affrique, aux côtés de dix chanteurs-acteurs professionnels et devant 450 petits et grands spectateurs !

Et l’aventure ne s’est pas arrêtée là : un album audio du spectacle a été enregistré au printemps 2025, entre le collège et le studio. Grâce à une collecte participative menée à l’automne, les fonds nécessaires ont été réunis pour que le disque voie le jour, prolongeant ainsi cette expérience artistique et humaine exceptionnelle.

Séance d’enregistrement avec l’Ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance

La sortie du CD (produit par les Oreilles en Eventail) est prévue fin février 2026  et sera disponible à la vente à partir de mi-mars à l’abbaye de Sylvanès au tarif de 20 €.

Écoutez ci-dessous l’extrait 1 – Introduction

17e rencontre du film musical : une édition réussie !

Déjà dix-sept années que le Centre culturel de l’Abbaye de Sylvanès propose, au Cinéma Le Temple de Camarès, les Rencontres du film musical. Lors de cette édition, qui s’est déroulée du 7 au 11 novembre, plus de 250 personnes ont investi la salle du Cinéma le Temple à Camarès pour (re)découvrir sur grand écran des films musicaux les plus singuliers et les plus représentatifs du genre ! La sélection éclectique concoctée par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitski a su séduire un large public  !

Le vendredi 7 novembre au soir, c’est le film « Le Théâtre de la Divine Comédie » qui a ouvert les festivités en présence de Bruno Bonhoure, directeur musical de La Camera delle Lacrime. Œuvre singulière des réalisateurs Kai Duc Luong et Khaï-Dong Luong, revisitant en trois volets l’œuvre emblématique de Dante, ce spectacle sublimement filmé et interprété a plongé le public dans une véritable immersion visuelle et sonore au cœur de l’Italie médiévale, entre chants anciens, hymnes sacrés et poésie troubadouresque.

Le public a ensuite pu (re)découvrir « Les Uns et les Autres » de Claude Lelouch, grande fresque musicale et historique traversant les époques et les frontières et au casting impressionnant. Véritable symphonie humaine, ce chef-d’oeuvre a ému par la force de son propos et la beauté de sa structure originale repartie entre la France, l’Allemagne, l’URSS et les Etats-Unis avec pour fil conducteur et langage commun la musique !  Du grand cinéma, puissant et bouleversant !

Autre moment fort : « Indes Galantes » de Philippe Béziat, qui a conquis la salle. Ce documentaire haut en couleurs retrace l’audacieuse rencontre à l’Opéra Bastille entre le baroque de Jean-Philippe Rameau et  la puissance brute de 30 danseurs de hip-hop, krump, break, voguing. Une aventure humaine hors norme qui offre une réflexion profonde sur notre rapport à l’autre, à l’ordre établi et qui fait « tomber les barrières ».

Le film « Bolero » d’Anne Fontaine a offert au public une adaptation d’une grande saveur autour de la création de l’œuvre universelle de Maurice Ravel. Une incursion sensorielle dans le quotidien d’un homme dont chaque pas, chaque parole, chaque choix était dirigé par les mélodies qui surgissaient à tout moment dans sa tête, et dont la compréhension du monde, de l’amour, de la vie en société dépendait entièrement de sa musique.

Puis, place à la légèreté avec « Yesterday », un film de Danny Boyle sur un scénario original de Richard Curtis. On y découvre « un monde sans les Beatles » où un jeune musicien s’approprie leur gloire, bien malgré lui. Ce scénario savoureux a conquis le public par son humour et sa tendresse, rendant hommage à la musique des quatre garçons dans le vent tout en questionnant la célébrité à l’ère numérique.

Autre comédie musicale qui a déchaîné des fous rires dans la salle : l’incontournable « Sister Act » d’Emile Ardolino, portée par une Whoopi Goldberg irrésistible dans son rôle de bonne sœur  ! Difficile de résister à cette histoire hilarante sur fond d’enquête policière et à la bande originale mixant gospel traditionnel, jazz et pop ! Ce grand classique des années 1990 a une fois de plus démontré qu’il était un véritable cocktail euphorisant, un hymne intemporel à la bonne humeur !

Pour conclure ces Rencontres, le film musical « La Couleur pourpre » de Blitz Bazawule a bouleversé le public. Ce remake du chef-d’œuvre de Spielberg propose une lecture musicale vibrante de la résilience féminine au sein de la communauté afro-américaine, entre blues, gospel, pop et des chorégraphies grandioses !  Cette œuvre puissante a suscité de vives émotions dans la salle et a clôturé l’événement sur une note d’humanité et de foi.

Un merci particulier à la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier pour son soutien et rendez-vous l’année prochaine pour une 18e édition de ces rencontres du film musical !

« Le Jeu de Robin et Marion », nouvelle création avec des scolaires !

En 2026, une nouvelle création musicale verra le jour dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle de l’Abbaye de Sylvanès. Il s’agit de « Amoureux imaginaires : le Jeu de Robin et Marion », nouveau spectacle de l’Ensemble La Camera delle Lacrime. 

La première comédie musicale de l’histoire de la musique occidentale 

Cette année, deux classes de 5ᵉ de l’Ensemble Scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance seront associées au projet. Le parcours éducatif, artistique et humain qui leur est proposé est à la fois exigeant, joyeux et accessible ! Il s’inspire du Jeu de Robin et Marion, souvent considéré comme la première comédie musicale de l’histoire de la musique occidentale. Elle a été écrite dans les années 1280 par le trouvère – auteur compositeur et interprète de langue picarde –Adam de la Halle (1240 – 1288) nommé aussi Adam d’Arras.
La nature est le théâtre de ce récit amoureux qui alterne narration parlée et chantée ainsi que des danses. Marion, jeune bergère travaille dans un champ et rêve en même temps de Robin. Arrive alors Aubert, un chevalier qui, à défaut d’arriver à la séduire, décide de l’enlever. Heureusement, Marion s’échappe et parvient à retrouver Robin. Le jeu de Robin et Marion se termine avec une fête mêlant chants, danses, jeux et festin sur l’herbe.
Cette œuvre est un précieux témoignage sur la culture médiévale et constitue une immersion vivante au cœur d’un projet pluridisciplinaire mêlant expression corporelle et vocale, musique, patrimoine et histoire des arts. En outre, il questionne la représentation de l’amour, du jeu et du quotidien au Moyen Âge.

Quatre ateliers dans les classes et une restitution finale 

De décembre à mars, les élèves bénéficieront de quatre interventions mensuelles menées par Bruno Bonhoure (direction musicale et coordination pédagogique, chant, harpe et tambour sur cadre) et Khaï-Dong Luong (recherche, dramaturgie, écriture du scénario), avec un premier atelier prévu le 10 décembre 2025 pour :

  • Découvrir le répertoire médiéval
  • Expérimenter le travail scénique et collaboratif
  • Vivre l’expérience de la création artistique aux côtés de musiciens professionnels

La restitution finale présentée aux familles le vendredi 17 avril sera un véritable spectacle où les élèves seront au cœur de l’action !

Ce projet de création est mené en partenariat avec le Clermont Auvergne Opéra (Puy-de-Dôme) et le Centre International de Musique Médiévales (CIMM)

En savoir plus sur La Camera delle Lacrime 

Les travaux du nouveau bâtiment ont repris

Après une pause cet été, les travaux du chantier d’aménagement de l’abbaye ont repris dès le  mois de septembre après le beau succès du 48e Festival ! Ils devront se poursuivre jusqu’en juin 2026 et le déménagement des bureaux administratifs, de la librairie se feront dans la foulée.

À ce stade d’avancement, l’édifice à la silhouette sobre se laisse contempler en imaginant la large ouverture vitrée côté parking qui offrira aux visiteurs une vue privilégiée sur l’espace cloître de l’abbaye.
Entre les deux pignons en « béton cyclopéen » – un mélange de pierre de Crassous et de béton – les façades sont vitrées à l’intérieur et habillées de chêne brut à l’extérieur.

Sans rentrer dans les détails des 900 m2 du bâtiment, les espaces déjà cloisonnés donnent déjà un aperçu des futures salles  : le hall d’accueil, l’auditorium, les bureaux administratifs, la salle de réunion,  la librairie-boutique et l’espace cafétéria avec son accès sur l’extérieur verdoyant le long du Cabot.

En rappel, le cabinet parisien Antoine Dufour Architectes en tant que maître d’œuvre a imaginé l’édifice dans l’optique de préserver l’esprit cistercien de ce lieu emblématique tout en lui offrant des espaces modernes et fonctionnels pour mieux accueillir artistes, festivaliers et visiteurs.
Les travaux s’étendront jusqu’au printemps 2026, avec une inauguration attendue lors du 49e Festival de Sylvanès.

Cet ambitieux projet de territoire est porté par la Communauté de Communes Monts, Rance et Rougiers qui assure la maîtrise d’ouvrage en collaboration étroite avec la petite commune de Sylvanès, propriétaire des lieux, les conseils et le soutien des services de la DRAC et des Monuments historiques d’Occitanie au Ministère de la Culture, le Département de l’Aveyron, du Conseil Régional Occitanie-Sud de France, de l’Europe (Programme européen régional FEDER/FSE+/FTJ 2021-2027) et du Parc naturel régional des grands Causses.

 

Les projets scolaires 2025-2026

Tour d’horizon des projets d’éducation artistique et culturelle pour l’année scolaire 2025-2026  !

 

CHORALE À L’ÉCOLE (7e année consécutive) : le plaisir de chanter ensemble !

En ce début d’automne, les élèves ont accueilli leur nouvelle professeure de chant. Jusqu’au mois de juin prochain, Anna Claire Golitzin – musicienne intervenante rattachée au Conservatoire de l’Aveyron – sillonnera les routes tous les mardis pour aller faire chanter les enfants dans leur école. Au total, 11 classes – soit 175 élèves – bénéficieront chacune de 14 ateliers de 45 minutes, mais aussi d’une rencontre artistique avec l’auteur, compositeur, interprète Hervé Suhubiette. Le projet aboutira comme chaque année au mois de juin 2026 à une restitution publique pour expérimenter en chœur l’exceptionnelle acoustique de l’abbatiale.

Initié par l’Abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre, ce projet est mené en partenariat avec la Communauté de Communes Monts Rance et Rougier, le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron, le Conseil Départemental de l’Aveyron et le soutien de l’Éducation nationale.


CRÉATION MUSICALE  « Amoureux imaginaires : le Jeu de Robin et Marion »

Une fois n’est pas coutume ! L’abbaye de Sylvanès associe des élèves à la prochaine création musicale de La Camera Delle Lacrime. Le parcours éducatif, artistique et humain qui leur est proposé est à la fois exigeant, joyeux et accessible ! Il s’inspire du Jeu de Robin et Marion, pièce de théâtre entrecoupée de chansons composées en 1280 par le trouvère Adam de la Halle.
Souvent considérée comme la première comédie musicale de l’histoire occidentale, cette œuvre est un précieux témoignage sur la culture médiévale et constitue une immersion vivante au cœur d’un projet pluridisciplinaire mêlant expression corporelle et vocale, musique, patrimoine et histoire des arts. En outre, il questionne la représentation de l’amour, du jeu et du quotidien au Moyen Âge.

De décembre à mars, deux classes de 5e bénéficieront d’interventions mensuelles menées par Bruno Bonhoure (direction musicale et coordination pédagogique, chant, harpe et tambour sur cadre) et Khaï-Dong Luong (recherche, dramaturgie, écriture du scénario) pour :

– Découvrir le répertoire médiéval
– Apprendre à chanter en ancien français
– Expérimenter le travail scénique et collaboratif
– Vivre l’expérience de la création artistique aux côtés de musiciens professionnels

La restitution finale présentée aux familles le vendredi 17 avril sera un véritable spectacle où les élèves seront au cœur de l’action !


À VOL D’OISEAU: quand musique et nature se rencontrent pour éveiller les sensibilités

Ce projet est développé par La Chapelle Harmonique en partenariat avec la Ligue pour la Protection des oiseaux et avec le soutien des services de l’Éducation nationale. Deux classes bénéficieront d’une série de quatre ateliers au printemps : imiter, observer et reconnaître les chants d’oiseaux avec des appeaux ; découvrir comment les oiseaux ont inspiré les compositeurs du Moyen Âge à aujourd’hui ; atelier de chant et apprentissage des œuvres « Les Rossignols » de Ballard » et « Le concert des oyseaux » de Moulinié ; intervention de La Ligue de Protection des oiseaux pour fabriquer une mangeoire ou un nichoir. Une expérience unique où musique et nature se rencontrent pour éveiller les sensibilités…

 


DES PIEDS ET DES MAINS POUR LA FORÊT : tous à la (re)découverte de la biodiversité forestière !

Chaque année à la mi-juin, les écoles du territoire rejoignent Sylvanès pour une journée spéciale coorganisée avec l’association Millefeuilles où découvertes riment avec nature et bonne humeur !

Au cours de cette journée, chaque élève âgé de 3 à 10 ans participe à quatre ateliers animés par des intervenants professionnels passionnés. Observer les petites bêtes de la rivière, partir à la recherche d’insectes, découvrir les secrets de la ripisylve, comprendre pourquoi et comment trier ses déchets… ou même assister à un spectacle ! Que l’approche soit scientifique, artistique, sensorielle ou ludique, chacun y trouve son compte, quel que soit son âge.

Un rendez-vous annuel riche en surprises qui, d’année en année, aide les enfants à mieux comprendre le monde qui les entoure, à développer leur curiosité et à devenir, tout doucement, des citoyens responsables et attentifs à leur environnement.

 


VISITES ET ATELIERS DÉCOUVERTE : une immersion artistique et patrimoniale pour les classes !

Tout au long de l’année, l’Abbaye de Sylvanès ouvre ses portes aux établissements scolaires et devient un formidable terrain de découverte pour les élèves. Bien plus qu’un monument historique, cette ancienne abbaye cistercienne est en effet un véritable lieu de vie et de création.

À travers des visites mêlant découverte et participation, les élèves explorent le site d’une façon originale, ludique et sensorielle. Du Moyen Âge à l’époque contemporaine en passant par l’époque moderne : chaque recoin de l’abbaye raconte une histoire en lien avec les programmes scolaires.

Et pour aller plus loin, place à la pratique artistique ! Chant, musique, calligraphie… les ateliers invitent les élèves à créer, bien sûr, mais aussi à regarder et à s’exprimer autrement qu’à leur habitude. Encadrés par des professionnels passionnés, ces moments sont pensés pour éveiller la curiosité, libérer la créativité et favoriser différemment l’apprentissage de savoirs et de savoirs faire.

Cerise sur le gâteau : ces actions sont éligibles au Pass Culture, via l’interface Adage, permettant aux établissements de bénéficier de financements spécifiques.

Visite de la ministre de la Culture à Sylvanès

Le mardi 29 juillet, nous avons reçu à Sylvanès la visite de Madame Rachida Dati, ministre de la Culture venue dans le cadre d’un déplacement consacré aux Centres culturels de rencontre (CCR).
Cette visite a permis à la Ministre de réaffirmer son engagement en faveur de ces lieux culturels singuliers qualifiés par Michel Wolkowitski, directeur général de l’Abbaye de Sylvanès et Vice-Président de l’ACCR – Association des Centres culturels de rencontre de « forteresses d’humanité » : « Des lieux qui ont fait de leurs patrimoines anciens des monuments du 21e siècle, bien vivants, foisonnants de créativité et rayonnant vers l’extérieur ! ».

A son arrivée, Madame la Ministre a pu découvrir l’avancée des travaux du chantier d’aménagement de l’abbaye guidée par l’architecte Pierre Dufour du cabinet Antoine Dufour Architectes et saluer le savoir-faire des entreprises aveyronnaises mobilisées : « un projet qui allie modernisation et faible impact carbone et un bâtiment qui se fond très bien dans le paysage » a t-elle précisé.

La visite s’est poursuivie dans l’abbaye, où Rachida Dati a pu assister aux ateliers de chant en cours, prenant le temps d’échanger avec les chefs de chœur et les stagiaires présents.

Cette visite fut aussi l’occasion de partager avec elle à la fois nos inquiétudes concernant l’importante baisse des subventions publiques subie dans le secteur du spectacle vivant mais aussi notre fierté pour tout le travail accompli depuis bientôt 50 ans pour faire rayonner notre abbaye.

Lors de son discours, Madame la ministre a en effet rendu hommage au travail remarquable engagé depuis cinq décennies par les acteurs culturels de l’abbaye, à son Festival international et aux nombreuses actions de formation, d’éducation artistique et de médiation culturelle menées tout au long de l’année.

En réponse aux inquiétudes des CCR qui ont subi ces deux dernières années des coupes, budgétaires importantes, la Ministre a annoncé des mesures en leur faveur :
• Le renouvellement, d’ici la fin de l’année et pour trois ans, d’une convention de partenariat entre le ministère de la Culture et l’Association des Centres culturels de rencontre (ACCR), qui anime ce réseau depuis plus de 50 ans.
• La réaffirmation de l’excellence du label CCR, qu’elle a qualifié de « label d’avenir », riche de son histoire et de sa diversité.
• Des priorités claires : renforcer la visibilité du label, valoriser son rôle dans les dynamiques géopolitiques (à l’échelle nationale et internationale), et contribuer à la cohésion sociale par l’aménagement culturel des territoires ruraux.

« Voilà ce que je souhaite porter pour ces centres culturels de rencontre qui sont des lieux uniques, ouverts sur le monde et l’Abbaye de Sylvanès l’incarne admirablement. » a déclaré la Ministre Rachida Dati.

 

Le Festival bientôt labellisé Evénements détonnants

Pour cette édition 2025, l’Abbaye de Sylvanès et son 48e Festival Musiques Sacrées – Musiques du Monde s’engagent dans le processus de labellisation régionale « Evénements détonnants » des événements écoresponsables d’Occitanie, coordonné par l’association Elémen’terre.

Ce label permettra de valoriser les initiatives éco-responsables déjà engagées et de concrétiser celles à venir, dans le but de réduire notre impact environnemental autour de l’organisation du festival et de tendre vers une responsabilité sociétale répondant aux enjeux de développement durable de demain.

Un événement détonnant qu’est-ce que c’est ? 
C’est un événement qui contraste avec les propositions événementielles actuelles, un événement engagé et responsable. Soucieux de réduire son impact environnemental, il fédère et mobilise ses équipes, partenaires et publics sur les questions de transition écologique et sociétale, et se donne les moyens de déployer une démarche éco-responsable globale, structurée et en amélioration continue.
C’est aussi et logiquement un événement qui dé-tonne puisqu’il réduit ses émissions de carbone, ses déchets, ses consommations d’énergie et de ressources utilisées pour sa mise en œuvre. Et qui étonne, en proposant d’expérimenter la transition écologique et sociétale sous de nouvelles formes, plus soutenables et inclusives !

Qu’est-ce que cela signifie pour nous ? 
Réduire notre empreinte carbone en réduisant par exemple au minimum l’impact des déplacements, repenser notre consommation en favorisant les circuits courts, tendre vers le zéro déchet, rendre accessible à toutes et tous l’aventure musicale du festival. Voici quelques enjeux pour lesquels nous sommes fiers aujourd’hui de contribuer, à l’échelle de notre territoire, à la sensibilisation des défis écologiques de demain. Dans le domaine de l’éco-mobilité par exemple, nous proposons à nos publics l’outil Covoiturage simple afin de faciliter le co-voiturage entre festivaliers et stagiaires. Concernant l’accessibilité et l’inclusion, durant les concerts du Festival entre le 24 juillet et le 31 août, nous prêterons sur réservation pour les personnes vivant avec une déficience sensorielle (auditive, visuelle) des gilets vibrants mis à disposition par le Centre Départemental pour Déficients Sensoriels de l’Aveyron.
Être événement détonnant, c’est également engager nos parties prenantes : public, artistes, partenaires, bénévoles, autour des valeurs portées depuis toutes ces années et celles à venir par notre association.
Cette responsabilité sociétale qui nous concerne toutes et tous, nous la portons aujourd’hui avec vous, dans cette démarche globale de labellisation, pour le respect de l’environnement, de l’inclusion sociale et de l’amélioration de pratiques durables.