Beau succès pour les 12e rencontres du film musical

Plus de 300 personnes se sont déplacées du 8 au 11 novembre dernier au cinéma le Temple de Camarès pour l’ultime manifestation de l’année du Centre culturel de rencontre de l’abbaye de Sylvanès. Il faut dire que la cuvée 2019 concoctée par son directeur Michel Wolkowitsky était alléchante. Même si les films les plus récents programmés en soirée ont remporté les plus grosses jauges, les affiches des films des années 50 n’étaient pas en reste.

Ce sont donc « Bohemian Rhapsody » et « A star is born » – dont le succès public tient en partie des performances bluffantes de Rami Malek dans le rôle de Freddie Mercury et celle de Lady Gaga en jeune star montante – qui ont rassemblé le plus d’amateurs. Que dire de l’inclassable et poétique « Barbara » de Mathieu Amalric, porté par une Jeanne Balibar également stupéfiante d’évidence et de ressemblance ? Le concept de film dans le film et le principe de grand collage de prises de vues réelles et d’images d’archives donnaient un peu le tournis. Mais Amalric qui invite volontairement le spectateur à se perdre entre la fiction d’une biographie filmée et la réalité du tournage de celle-ci le met en scène avec une telle précision que, au fil du film, l’on ne sait plus très bien laquelle Barbara est vraie, laquelle est fausse… « Un film fou sur une artiste déraisonnable » résume si bien Jérome Garçin dans le Figaro ;

Malgré son livret un peu démodé, l’adaptation cinématographique de la comédie musicale mythique « Guys and Dolls » a séduit son public. Elle a permis de retrouver dans le rôle des « vilains messieurs » séducteurs de « blanches colombes » Frank Sinatra et Marlon Brando. Quant à « Brigadoon », petit miracle cinématographique à l’allure de conte de fées de Vincente Minelli, il a aussi eu ses adeptes !

Il en est de même pour les inconditionnels d’opéra qui se sont régalés devant l’adaptation filmée de « Tosca », l’une des plus belles qui existe et réalisée en 1976. C’est dans les décors naturels d’une Rome mortifère qu’évoluent Floria Tosca (sublime Raina Kabaivanska), maîtresse du peintre Mario Cavaradossi incarné par un Placido Domingo au sommet de sa forme !

Deux superbes voyages musicaux étaient aussi au programme de ce week-end « musique et cinéma ». Le premier avec le film musical par excellence « Latcho Drom » dans lequel Tony Gatlif nous embarque le long d’un chemin millénaire qui mena les Roms du nord de l’Inde jusqu’aux rivages de l’Atlantique avec pour fil conducteur la musique, toute la musique…

Le deuxième, vraisemblablement coup de cœur du public fut le passionnant documentaire « The Music of strangers » de Morgan Deville qui raconte l’histoire de virtuoses du monde entier rassemblés au sein du Silk Road Ensemble, projet inédit impulsé par l’atypique violoncelliste Yo-Yo Ma. D’attachants portraits et parcours d’artistes exceptionnels de talent, d’humilité et de générosité défilent sous nos yeux pendant plus d’une heure et demi. Ce film rappelle avec force l’importance du dialogue interculturel : une thématique qui fait largement écho à ce qui se fait tout au long de l’année à Sylvanès, dans le cadre des activités du Centre culturel de rencontre et de son festival. Comme le souligne Michel Wolkowitsky lors de sa présentation : « La musique et les arts en général nous transportent et nous conduisent à nous confronter à d’autres dans toute sa richesse : ils nous amènent à nous intéresser à ce qui rapprochent les hommes plus qu’à ce qui les éloignent. » Un beau message de tolérance et d’ouverture culturelle !

Un merci particulier à la Communauté de communes Monts Rance et Rougier pour leur soutien. 

Grandir en musique !

« Maîtresse, on a bien musique ce matin ? » A la réponse affirmative de leur enseignante, les 28 élèves de CP- CM2 de l’école publique de Montlaur se réjouissent ! C’est ce mardi 5 novembre à 9 h leur troisième rendez-vous avec Mélodie Le Clerc, musicienne DUMIste qui intervient dans le cadre du projet « Chorale à l’école » initié par le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès.

C’est en observant un étrange dessin sur fond bleu avec de multiples symboles et en se déplaçant en musique que les écoliers pénètrent dans la salle bibliothèque. Aujourd’hui, ils vont découvrir ce qu’est une partition graphique. En 45 minutes, durée de l’atelier bimensuel, Mélodie leur fait appréhender le lien entre l’image et le son émis, les notions de legato et staccato, de forte et de piano… En les matérialisant par des rubans et des cubes multicolores, des partitions graphiques apparaissent sur le sol. Puis chaque enfant muni d’un instrument s’amuse à les interpréter en musique en suivant attentivement les doigts de Mélodie sur l’étrange partition… L’atelier suivant, par petits groupes, consiste à partir de plusieurs images de BD (dessins et onomatopées) d’inventer sa propre partition graphique et de l’interpréter devant ses camarades de classe. Cela fonctionne parfaitement et quatre compositions personnalisées et originales émergent !

La séance s’achève par l’apprentissage d’une chanson sur la thématique des couleurs et c’est déjà l’heure de repartir dans sa classe…en chantant bien sûr ! Et pour Mélodie, de rejoindre les autres jeunes apprentis musiciens des écoles de Camarès, Brusque, Fayet, Cénomes…

Afin de favoriser la dynamique de ce projet, il est prévu 2 regroupements inter-écoles ainsi qu’une restitution finale publique en juin à l’Abbaye de Sylvanès. Cette rencontre artistique et amicale permettra aux 150 élèves du territoire d’expérimenter en « grand chœur » la puissance du chant collectif dans un lieu à l’acoustique exceptionnelle. En attendant, les enfants vont continuer à grandir en musique, à prendre du plaisir, à développer leur créativité et bénéficier pleinement de cette expérience artistique favorisant l’écoute, le respect, le partage et in fine, le vivre ensemble !

Ce projet s’inscrit dans la droite ligne du Plan Chorale national et a pu être concrétisé grâce à un partenariat privilégié avec la Communauté des Communes Monts Rance et Rougier, le Conservatoire de l’Aveyron, la DSDEN de l’Aveyron, Aveyron Culture-Mission Départementale et la DRAC Occitanie.

Résidence d’enregistrement de la Misa Flamenca

Venus cet été au festival pour la création d’une Misa flamenca inédite, les artistes de la compagnie Tavernier-Vellas sont de retour à l’abbaye du 7 au 11 octobre pour enregistrer cette œuvre qui sera édité en 2020 sous le label Psalmus.

Après la création et l’enregistrement en 2018 de la Messe Grecque de Saint Denis à Sylvanès, les sept musiciens et chanteurs nous entraînent dans un voyage autour des chants sacrés de la Méditerranée et nous invitent dans la culture andalouse à travers une expérience musicale et spirituelle inédite.

Développée selon le Rit Hispanique, très différent du Rit Romain, cette Misa Flamenca fait entendre des pièces anciennes du répertoire mozarabe interprétées par Frédéric Tavernier-Vellas associé à ses amis chanteurs Jean-Etienne Langianni, Jean-Christophe Candau, Antoine Sicot et Raphaël Robin. Le chant Flamenco s’y intègre de manière vivante et naturelle à travers des compositions du guitariste Kiko Ruiz chantées par Matéo Cortès.

« Vive flamme d’Amour » pourrait être le titre de cette création où la ferveur liturgique de l’ancien et actuel chant Mozarabe se mêle au duende légendaire du Flamenco. C’est l’âme sacrée de l’Andalousie qui s’intériorise pour se communiquer de manière encore plus profonde et vivante. Des créations sur des textes de Jean de La Croix apportent à cette Misa Flamenca une vive flamme qui est danse de l’âme.

Cette Misa est aussi un hommage à Pedro Soler, auprès de qui Frédéric Tavernier-Vellas a découvert cette tradition toujours vivante qui veut qu’un artiste de flamenco crée, au moins une fois dans sa vie, une Misa flamenca.

A l’écoute de la Lumière

C’est l’histoire d’une belle rencontre qui s’inscrit  à présent dans la longue histoire de l’abbaye…  celle entre un patrimoine d’exception et une création artistique contemporaine unique portée par lartiste lyonnais Jean-François Ferraton !

Inaugurés en mai 2018, les nouveaux vitraux qui parent l’abbatiale lui offrent une nouvelle lumière, intense et vibrante, rendant «la sobriété et le dépouillement de lédifice tout en magnifiant sa luminosité naturelle». Une œuvre qui s’affirme en profonde et véritable adéquation avec l’esprit et la spiritualité du lieu.

Un ouvrage d’art de 128 pages reliées et riche de 130 illustrations paraitra aux éditions Invenit le 22 novembre 2019. Il propose au lecteur une découverte du processus de création et de réalisation de  ces nouveaux vitraux. Chaque étape est abordée pour illustrer comment le créateur, Jean-François Ferraton, est passé des intuitions premières aux dessins préparatoires, puis aux essais, puis à la réalisation en atelier et enfin à la pose sur site. Il a été accompagné dans son travail par Philippe Brissy, maître-verrier.

Vous pouvez dès à présent commander ce livre par l’intermédiaire du bon de souscription ci dessus à imprimer, à compléter et à retourner par courrier postal avec le règlement. Jusqu’au 15 octobre inclus, vous pouvez ainsi bénéficier du tarif préférentiel de 25 € par livre (au lieu de 30 €) et profiter aussi d’une opportunité rare : pour les 50 premières personnes qui se manifesteront, la possibilité de s’offrir un tirage de tête (livre numéroté et signé par l’auteur) accompagné d’une fraction de vitrail coupée en pleine largeur !

NOTE DE L’AUTEUR : 

« Cet ouvrage traite simultanément du rapport de la lumière ou radiance de l’abbatiale avec son acoustique ou pulsation. Avant la création des vitraux, j’ai préalablement étudié ce rapport à partir de mes propres tracés de l’architecture. Depuis les études de Robert Aussibal dans les cahiers de Sylvanès, rien n’avait été fait sur le sujet. De même, aucune publication n’a encore traité avec précision de ce rapport dans l’architecture cistercienne. Il y a donc une approche originale qui permettra de mieux apprécier cette merveille d’architecture qu’est l’abbatiale. »

Télécharger la plaquette descriptive du livre

Vivre l’abbaye à l’heure monastique !

C’est une plongée dans la mémoire historique et liturgique de l’Abbaye de Sylvanès qui vous est proposée le temps d’un week-end du 20 au 22 septembre prochains. Cette expérience d’immersion dans un rythme « monastique » sera ponctuée par des concerts de chant grégorien et byzantin !

Plonger dans le patrimoine musical des offices médiévaux, se laisser surprendre par l’acoustique extraordinaire des lieux, s’émerveiller de l’architecture cistercienne en retrouvant l’harmonie des heures avec les cycles quotidiens de la nature…

Des ateliers de chant autour des différents répertoires liturgiques sont prévus et seront encadrés par deux chanteurs spécialisés dans les musiques anciennes liturgiques : Frédéric Tavernier-Vellas et Dominique Besse.

Ces ateliers alterneront avec des temps forts d’animation du patrimoine : chant des heures principales du jour dans l’abbatiale, conférences dans la salle capitulaire pour mieux comprendre la liturgie, son organisation et son exécution vocale…
Cette session de 3 jours est ouverte à tous les amateurs de chant liturgique qui seront conviés, dans la mesure des possibilités de chacun, et selon les pièces acquises durant les répétitions, à chanter auprès des artistes professionnels lors des offices et du concert ouvert au public le dimanche 22 septembre à 16 h dans le cadre des 36e Journées européennes du patrimoine.

Inscrivez-vous vite ICI pour vivre cette expérience unique !

Raphaël Lucas, compositeur en résidence

Sur l’invitation de Michel WOLKOWITSKY, directeur général du Centre Culturel de Rencontre de l’abbaye de Sylvanès, le jeune compositeur Raphaël LUCAS effectuera une résidence de création artistique pendant deux ans à l’abbaye et participera à 3 festivals consécutifs.

Élève en percussions et en harmonie / contrepoint au CRR de Montpellier de 2001 à 2006, il s’est formé à la composition aux États-Unis, à la State University of New York collège de Purchase où il obtient un Bachelor of Music en 2009 et un Master of Music en 2012. Il étudie également à la Manhattan School of Music à New York (Master 1) sous la direction de Nils Vigeland, un élève du compositeur américain Morton Feldman. Cette année, deux de ses compositions, dont une création mondiale, commande de l’abbaye de Sylvanès, seront proposées dans le cadre du 42ème festival des musiques sacrées / musiques du monde pour le concert du Jeune Chœur de l’abbaye de Sylvanès, « l’Europe Mystique » Polyphonies sacrées des 17ème et 18ème siècles.

Le concert aura lieu samedi 17 août à 21h en l’Abbatiale de Sylvanès.

Partons à la rencontre du jeune compositeur.

Comment avez-vous connu l’Abbaye de Sylvanès ?

La première fois que je me suis rendu à l’Abbaye de Sylvanès, c’est en tant que percussionniste, au début des années 2000 avec l’Orchestre Contrepoint. Mais j’ai fait la connaissance de Michel WOLKOWITSKY en 2013 lors de la Saison Musicale de Saint-Guilhem-le-Désert, qu’il dirige et où une de mes œuvres a été jouée par l’Ensemble Orchestral de Montpellier sous la direction de Dorota ANDERSZEWSKA. Après quelques années passées à New York puis à Paris, je me suis installé en sud-Aveyron en octobre dernier. A la faveur de cette installation, j’ai repris contact avec Michel WOLKOWITSKY et c’est à ce moment que j’ai vraiment pu découvrir l’abbaye de Sylvanès.

 

Pourquoi avoir choisi l’Abbaye de Sylvanès comme résidence artistique ?

Dès mon installation dans la région je me suis rendu régulièrement à l’abbaye de Sylvanès. Nous avons eu de nombreux échanges avec Michel WOLKOWITSKY sur des sujets aussi variés que la littérature, le cinéma, la spiritualité, une passion commune pour la culture russe, etc. Le projet d’une résidence de création en composition a émergé de ces conversations et d’un désir commun de créer de la musique pour l’abbaye de Sylvanès. La dimension spirituelle, l’histoire et la richesse culturelle de l’Abbaye de Sylvanès en font un lieu parfaitement adapté à une résidence de création en composition. De plus, le Centre Culturel de Rencontre de l’abbaye de Sylvanès est une institution à taille humaine, chaleureuse, où l’atmosphère est propice aux échanges et à la créativité, avec une équipe administrative et technique disponible et passionnée. C’est aussi un cadre de travail idéal par les possibilités extraordinaires d’expérimentation qu’il offre, que ce soit avec le grand orgue, l’acoustique de l’abbatiale, la bibliothèque, l’immersion dans la nature, etc.

 

Comment ce lieu va influer sur votre création artistique ?

A l’origine, l’Abbaye de Sylvanès est un lieu de silence et de prière, niché dans une nature elle-même silencieuse et profonde. Être ici invite au recueillement, à la contemplation et à l’écoute de ce silence, à l’observation de toute une palette de nuances sensorielles, des sons de l’abbaye, des variations de lumière du paysage, etc. C’est un lieu qui inspire aussi une sorte de sobriété imposante. Je pense que c’est cet aspect qui va le plus influer sur ma façon d’aborder la composition.

Par ailleurs, le fait que le Centre Culturel de Rencontre soutienne ma création et porte les projets que je vais y réaliser dans le cadre de cette résidence d’artiste aura une influence fondamentale dans ma démarche, m’apportant la sérénité, l’ancrage et la confiance indispensable à toute pratique créative dans le monde actuel.

 

Comment vos œuvres qui seront interprétées ce samedi, vont-elles s’inscrire dans un programme de polyphonies des 17ème et 18ème siècles ?

Environ 8 ans séparent la composition des deux pièces qui vont être jouées. Nativity, composée en 2011 sur commande de la paroisse de Saint-Jean l’Évangéliste à Boston, est une mise en musique d’un texte extrait de la Corona, du poète mystique anglais John Donne, à la charnière des 16ème et 17ème siècles. Par son texte, cette pièce s’inscrit donc parfaitement dans ce programme, bien que son écriture musicale se situe plus de côté des compositeurs français de la première moitié du 20ème siècle.

L’autre pièce, Hymne est une commande de l’abbaye de Sylvanès, composée à la fin du printemps cette année. C’est la première œuvre que je compose dans le cadre de la résidence de création artistique. J’ai par ailleurs œuvré à sa composition sur les lieux même de l’abbaye de Sylvanès. Pour cette pièce, écrite pour 8 voix a capella, j’ai travaillé sur un superbe texte de l’auteur français Mathias Énard, extrait de son roman Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Il y évoque un épisode de la vie de Michel-Ange. Pour cette pièce, j’ai mis en œuvre une pensée inspirée entre autre par l’acoustique de l’abbatiale de Sylvanès. J’ai travailler sur une écriture contemporaine qui serait une dérivation de la façon de penser la polyphonie à la renaissance.

 

Le souffle des roses… par Françoise Atlan

C’était vendredi 2 août au soir dernier et ce fût magique…
Au sein du transverse de l’Abbaye de Sylvanès, entourées d’immenses chandeliers dont le halo lumineux nous enveloppait, public confondu, nous avons chanté et joué les traditions hébraïques mystiques, les langueurs des Trobaïritz et les poésies brûlantes de Hafez et Mawlana Ŕûmi.
 Un privilège que de poser sa voix et égrener les sons, dans ce lieu habité, dont la réverbération de 4 secondes et demi permet une dentelle sonore exprimée dans l’entrelacement de la voix et du setâr ; Ce dernier laisse la place au tar, de temps à autre, pour nous ramener à une présence sonore étrange et belle : voix et tar confondus, qui nous invitent à un « ailleurs » pourtant connu…
 Enfin, l’énergie et la joie vocales à la rencontre de celle, à la fois extatique et tellurique du daf.

© Photos Marie Lamour

Et puis le public debout, réclamant trois rappels. 
Merci Shadi Fathi pour ce moment magique à tes côtés, présence à la fois discrète et attentive, prenant ta juste place de soliste, dans un doux partage avec moi-même. 
Chacune ayant son moment et le signifiant à l’autre, sans un mot et, d’un seul regard, et même, par le souffle seul, à travers, la douce brise que nous avons pu installer, dès le départ, entre nous, enveloppant notre auditoire sans bruit, dans une économie totale de moyens et d’artifices scéniques, vocaux et instrumentaux. 
En revanche, quelle fantaisie et quelle jubilation cette pudeur des sentiments nous a autorisé !
 Je crois pouvoir dire, sans forfanterie aucune, que nous avons été fidèles au Souffle des Roses.

Merci à toi, Michel Wolkowitsky, de nous avoir invitées dans ce lieu unique, que tu mènes si bien, avec tant d’amour et depuis tant d’années, entouré d’une équipe dévouée et efficace : formidables vous êtes !
 Merci !

Françoise-Flore Atlan

Superbe ouverture du festival

C’est avec un programme original que l’Abbaye de Sylvanès a inauguré le dimanche 14 juillet la 42e édition de son festival international de musiques-sacrées et musiques du monde en compagnie de l’Ensemble Vocal et Instrumental de Montpellier sous la direction de Franck Fontcouberte.

Les 250 festivaliers furent instantanément plongés dans la joie avec l’emblématique Gloria de Vivaldi, son œuvre sacrée la plus célèbre au lyrisme éclatant. Pour le servir, un plateau artistique de choix et de charme avec les solistes Emilie Boudeau, Marine Chaboud et Wendy Pinchon.
En deuxième partie, une pièce méconnue et rarement interprétée en France, mais tout aussi magnifique, le Requiem for the living du jeune compositeur américain Dan Forrest. Cette œuvre lumineuse, d’une profonde spiritualité, composée comme une prière pour le repos tant des vivants que des défunts a fasciné le public. Solistes, chœur et instrumentistes ont brillamment interprété cette musique pleine de contrastes. Ils ont su faire vibrer les voûtes de l’abbatiale comme le cœur du public, reparti conquis et enchanté par cette belle découverte.

Après cette superbe journée d’ouverture, le festival promet encore d’autres beaux moments d’émotions jusqu’à la fin de l’été ! A suivre !

Des artistes réfugiés soudanais en résidence à l’abbaye

Depuis le 24 juin, Fouad, Mahmoud, Mohamed, Moussab et Mohamed, font résonner les rythmes des musiques soudanaises dans l’enceinte de l’Abbaye de Sylvanès. Ces artistes réfugiés originaires du Soudan sont accueillis en résidence artistique à l’abbaye dans le cadre du programme NORA mis en place par l’Association des Centres culturels de rencontre (ACCR). C’est par l’intermédiaire de l’association des artistes réfugiés établie à Paris que Mahmoud a connu cette opportunité de venir en résidence artistique au centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès.

Nous les avons rencontrés et avons échangé à propos de leur démarche artistique. Tous viennent de régions différentes du Soudan qui à l’échelle nationale ne se côtoient que très rarement. En effet, le pays compte 570 groupes ethniques et 280 langues y sont parlées. Ils se sont rencontrés grâce au réseau associatif solidaire dédié aux réfugiés à Marseille et ont décidé de former un groupe de musique baptisé « le Tambour soudanais » qui se veut ambassadeur de la culture soudanaise en France. La plupart étaient déjà musiciens au Soudan, excepté Fouad qui dit s’être consacré à la musique, qui l’attirait déjà depuis longtemps, grâce à son intégration au groupe.

Lors d’une époque au cours de laquelle les réfugiés suscitent le débat, ils souhaitent « embellir l’image des réfugiés en France » par le partage et la musique. D’après Mohamed, « la musique est la voie de la paix ». Les chansons relatent le lien avec le pays d’origine, et valorisent l’intégration en France et le vivre ensemble. Mohamed transmet la culture soudanaise par sa maitrise du patrimoine musical traditionnel, Mahmoud, quant à lui se veut moderne, avec sa guitare électrique, et enfin, Moussab chante en anglais pour assurer une ouverture au monde… qui fait parfaitement écho avec la philosophie de l’abbaye et de son festival.

350 écoliers ont investi l’abbaye avec ADOC 12 !

Depuis 15 ans, l’association ADOC12 réunit plusieurs animateurs en langue et culture occitane qui interviennent tout au long de l’année scolaire dans les écoles volontaires à raison de trente minutes par semaine. Chaque fin d’année, ils proposent aux écoles de l’Aveyron des visites des hauts lieux de patrimoine et d’histoire du département avec un thème lié à la culture Occitane. En 2019, c’est l’Histoire du Rouergue qui était à l’honneur. Les journées pédagogiques couvrent cinq tableaux tous étudiés en classe au préalable: le Néolithique, l’Antiquité, le Moyen âge avec les pèlerins, la féodalité et la liberté communale.

L’abbaye de Sylvanès, centre culturel incontournable de l’Aveyron et joyau de l’art cistercien a été choisi cette année pour représenter la période médiévale. Jacques Migayrou, coordinateur de la journée pédagogique, insiste sur la vocation de transmission et de partage de l’association ADOC12. Avec les contes de Viviane, intervenante de l’association, la pièce de théâtre en langue occitane de la compagnie Rampe Tio, et les médiations assurées par Cédric, Marine, Victoria et Marjolaine autour de l’Abbaye, les 350 écoliers de quinze écoles du sud-aveyron ont pratiqué l’occitan et l’Histoire du Rouergue en s’amusant !