Cécile Veyrat donne voix à Eurydice
Autrice, compositrice et interprète, Cécile Veyrat revisite le mythe d’Orphée en chansons dans sa nouvelle création « Eurydice, l’ombre lumineuse ». En donnant la parole à cette figure féminine longtemps restée dans l’ombre de son illustre compagnon, elle nous entraîne dans un voyage musical et initiatique au cœur de soi.
Le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès, partenaire du projet, a déjà accueilli Cécile pour une première résidence d’écriture et de composition en mai 2025. Du 27 au 30 octobre 2026, toute l’équipe artistique pose ses valises à l’abbaye pour 3 jours de résidence avec une représentation publique le vendredi 30 octobre à 20h30, dans le nouvel auditorium.
A lire ci-dessous un petit interview de Cécile qui nous en dit plus sur les origines du projet, son univers musical et les coulisses de cette création singulière !
Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’emparer du mythe d’Orphée et d’Eurydice ? Comment l’abordes-tu dans cette nouvelle création ?
Cela fait plusieurs années – depuis la création de la « La vie rêvée d’Alice » en 2018 – que le mythe d’Orphée me « tourne » autour !! Plusieurs discussions, écoutes et lectures m’y ramenaient sans cesse, comme un appel. Il y a également ce passage de l’autre côté du miroir que l’on retrouve chez Lewis Carroll et chez Jean Cocteau. Cependant, j’ai eu envie de me décaler et de prendre le point de vue d’Eurydice, personnage souvent moins entendu. En tant que femme, je me sentais aussi plus proche d’elle.

Cécile Veyrat lors de sa première résidence d’écriture et de composition à l’Abbaye de Sylvanès – mai 2025
Après « Rappelle-toi Barbara » et « Métamorphose(s) », tu donnes aujourd’hui la parole à Eurydice. Y a-t-il un fil conducteur entre ces figures féminines qui traversent ton parcours ?
Oui, tout à fait ! Et l’on pourrait y rajouter Alice, dans mon conte musical « La vie rêvée d’Alice » et la Belle de mon opéra-pop « La Belle et le Loup ». A chaque fois, il s’agit de personnages féminins qui vont rencontrer leur part intime en accomplissant un voyage initiatique, tout au long du spectacle. Je me rends compte, en vieillissant, que c’est sûrement comme cela que je vis ma vie : comme une traversée, un apprentissage permanent sur notre rapport à soi et aux autres, avec cette quête de sens permanente.
Tu imagines un spectacle musical mêlant piano, voix et machines. Peux-tu nous en dire plus sur cet univers sonore et musical ?
J’ai suivi une formation de pianiste classique, donc je pense que c’est la base première de ma façon de composer. Je suis aussi très influencée par la chanson française (Barbara bien sûr), mais aussi la chanson pop, l’art lyrique et le jazz. Pour ce projet, je me sers également du logiciel Ableton Live qui me permet de créer des boucles en direct. Tous ces éléments sont avant tout des outils au service du récit et de l’émotion, je l’espère !
Où en es-tu aujourd’hui dans la création du spectacle ? Quelles sont les personnes qui t’accompagnent dans cette aventure ?
Je suis en ce moment dans le travail de mise en scène : « le monstre » comme l’appelle Aimée-Sara Bernard, la metteure en scène. Il s’agit de prendre toute la matière existante : les chansons, les textes du récit, les sons, les vidéos… et d’en faire un spectacle fluide à transmettre au public. Une vaste entreprise qui passe aussi beaucoup par de l’épure !
Côté scénographie, Soriana Im est également au travail en ce moment pour créer une « grotte/écran », un élément de décor toujours au service du récit. Je n’en dis pas plus, il faudra venir le découvrir !
Qu’aimerais-tu que le public découvre d’Eurydice et retienne du message de ton spectacle ?
J’aimerais que le spectateur voit dans ce personnage toute sa dimension philosophique. Eurydice est notre part d’ombre à nous tous, celle qu’il faut savoir laisser partir pour pouvoir continuer à avancer. A chaque étape de nos vies, il faut accepter de perdre quelque chose de nous et, même si c’est souvent douloureux, c’est aussi une libération !

Sortie de résidence de création du spectacle : « Eurydice, l’ombre lumineuse »
Vendredi 30 octobre 2026 à 20h30
Auditorium du Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès
Entrée Libre
DISTRIBUTION
Cécile Veyrat, piano, voix et machines
Aimée-Sara Bernard, mise en scène
Soriana Im, scénographie
Florian Vincent, régie son et lumière







