Un nouveau chapitre s’ouvre à l’Abbaye
Sorti de terre en moins de deux ans, le nouveau bâtiment d’accueil du Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès a été officiellement inauguré le mardi 29 septembre, en présence de nombreux représentants de l’État, de la Région Occitanie, du Département de l’Aveyron et des élus du territoire. Tous ont salué la qualité architecturale de cette réalisation, le savoir-faire des entreprises mobilisées et la réussite d’un projet collectif au service du patrimoine et de la culture en milieu rural.
UNE ARCHITECTURE CONTEMPORAINE EN DIALOGUE AVEC L’HISTOIRE
L’émotion était palpable pour Michel Wolkowitsky, directeur du Centre culturel de rencontre ce mardi 29 septembre. Cette journée historique pour l’Abbaye de Sylvanès célébrait l’inauguration de ce nouvel équipement, aboutissement d’une aventure engagée en 2015, à la suite de la labellisation de l’Abbaye en tant que Centre culturel de rencontre.
Après des décennies de développement de ses activités, l’Abbaye avait besoin de nouveaux espaces pour améliorer l’accueil des visiteurs, accompagner ses projets culturels et offrir de meilleures conditions de travail à ses équipes.
Le défi architectural était de taille : construire un bâtiment contemporain dans un environnement patrimonial exceptionnel, sans en dénaturer l’esprit. Un pari architectural réussi !
Avant les discours officiels, les invités ont pu découvrir les lieux lors d’une visite guidée par Romain Orth, architecte du cabinet Antoine Dufour Architectes, qui a présenté les choix architecturaux et les spécificités de cette réalisation. La scénographe Iris Jasson de Arc-en-Scène leur a également dévoilé le nouveau concept de visite : un parcours sonore et immersif imaginé pour enrichir la découverte de l’Abbaye et renouveler l’expérience du public.
Les personnalités présentes ont unanimement salué la qualité de l’ouvrage, son intégration dans le site ainsi que le savoir-faire des artisans locaux et de l’ensemble des entreprises mobilisées sur ce chantier. Bois, pierre et verre s’accordent dans une architecture sobre, respectueuse du paysage et de l’identité cistercienne des lieux.
« La pierre ancienne, façonnée par des mains d’un autre siècle, dialogue désormais avec une architecture d’aujourd’hui. Et loin de s’opposer, ces deux écritures se répondent avec justesse, dans un équilibre subtil entre mémoire et création.», souligne Michel Wolkowitsky.
Directeur adjoint de la DRAC Occitanie, Marc Daniel a lui aussi salué une architecture « qui sait où elle se trouve », illustrant la possibilité de proposer une réalisation contemporaine de qualité en milieu rural tout en respectant un site historique remarquable. Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a également souligné la pertinence du choix de matériaux issus de filières régionales et le recours aux circuits courts.
Arnaud Viala, président du Département de l’Aveyron, a pour sa part salué une réalisation qui s’inscrit dans son environnement et valorise les savoir-faire du territoire. Il a notamment rappelé que Sylvanès est « un des hauts lieux culturels aveyronnais ».
UNE AVENTURE COLLECTIVE DE 50 ANS
Cette inauguration s’inscrit dans une histoire plus vaste, commencée il y a un demi-siècle avec la restauration de l’Abbaye et l’engagement de l’association de l’Abbaye. Son président, Gabriel Camus, a rappelé que la sauvegarde du monument n’a jamais été dissociée de la vie culturelle qui anime le site. L’association a d’ailleurs choisi de participer directement au financement du nouveau bâtiment en mobilisant une partie de ses réserves, un « investissement dans l’œuvre commune », selon les mots de son président.
« Ce bâtiment est la somme de 50 années de fidélités individuelles et c’est à ces fidélités que revient le mérite premier de ce que nous célébrons aujourd’hui », a-t-il déclaré, rendant hommage aux bénévoles, aux adhérents et à toutes celles et ceux qui ont contribué à faire renaître l’Abbaye, parmi lesquels le Père André Gouzes, Michel Wolkowitsky et, bien sûr, Émile Castan, maire de l’époque.
La concrétisation du projet a également reposé sur la mobilisation conjointe des partenaires publics et institutionnels. Carole Delga a salué un rêve devenu réalité, fruit de la persévérance des équipes et de l’engagement des financeurs.
Cyril Touzet, président de la Communauté de communes Monts Rance et Rougier, maître d’ouvrage de l’opération, a pour sa part insisté sur le rôle de ce nouvel équipement dans la valorisation des richesses du territoire. Le projet a été rendu possible grâce au soutien financier de l’État, de la Région, du Département, de l’Union européenne, de la Communauté de communes et de l’association de l’Abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre.
Usant d’une métaphore musicale chère à Sylvanès, Marc Daniel a résumé cette coopération comme une véritable « polyphonie administrative et financière » : une réussite collective née de la capacité de chacun à trouver sa place dans un projet commun.
LA CULTURE, UN ENGAGEMENT POUR L’AVENIR
Au-delà du bâtiment, c’est bien le projet culturel de Sylvanès et son avenir qui étaient au cœur des discours. Accueil des visiteurs, valorisation du patrimoine, festival de musique, pratiques d’éducation artistique, résidences de création, formation vocale : ce nouvel équipement doit permettre au Centre culturel de rencontre de poursuivre et de développer ses missions.
Pour Marc Daniel, l’enjeu est de faire du patrimoine bien davantage qu’un lieu à conserver et à visiter : un espace où l’on crée, où l’on transmet, où l’on apprend et où l’on rencontre les autres. Une ambition essentielle pour un site qui attire chaque année des milliers de visiteurs dans une commune de 121 habitants.
Carole Delga a également rappelé l’importance de soutenir la culture dans tous les territoires, soulignant sa capacité à créer du lien et à rassembler au-delà des différences.
Arnaud Viala, a lui aussi réaffirmé cet engagement en faveur d’une culture pour tous et partout, quel que soit le lieu de vie. « La culture, c’est des murs, mais c’est loin d’être que des murs. Et je crois même que la culture sert à abattre des murs », a-t-il rappelé, soulignant la vocation de Sylvanès à favoriser la rencontre et l’ouverture.
Une conviction partagée par Michel Wolkowitsky qui affirme que dans les périodes d’incertitude que nous traversons, la culture s’impose comme une nécessité impérieuse : « La Culture n’est pas un luxe. Elle est le socle de notre liberté, le ciment de notre cohésion sociale, le vecteur d’une identité partagée et d’un dynamisme territorial indispensable, en particulier dans nos espaces ruraux. »
Citant une formule attribuée à Gustav Mahler, Marc Daniel a rappelé que « la tradition, c’est transmettre le feu et non adorer les cendres ». Une manière de résumer l’ambition de Sylvanès : préserver un héritage exceptionnel tout en lui donnant les moyens de continuer à vivre, à créer et à rayonner.
Ainsi, après cinquante ans d’aventure, un nouveau chapitre s’ouvre pour l’Abbaye de Sylvanès, où patrimoine et création, enracinement local et ouverture au monde, passé et présent continueront de se nourrir mutuellement. Comme l’a conclu Michel Wolkowitsky, directeur du Centre culturel de rencontre : « Que ce lieu vive, qu’il inspire, et qu’il continue longtemps à faire dialoguer la pierre et la lumière, la musique et le silence. »





















