Christophe Guyard présente sa nouvelle création
En août 2024, il avait illuminé l’abbatiale avec sa création « Silvanium ». Le compositeur et chef d’orchestre Christophe Guyard revient cet été à Sylvanès livrer sa dernière pépite : « De Undis ad Stellam », un hommage en musique au Mont Saint-Michel et à sa baie qui sera donnée en première mondiale le 14 août à 17 h en l’abbatiale de Sylvanès dans le cadre du 49e Festival.
En une phrase, comment décrirais-tu De Undis ad Stellam ?
« De Undis ad Stellam » est né d’une très concrète : celle du Mont-Saint-Michel dans son écrin naturel. C’est un hommage en musique au Mont Saint-Michel et à sa baie. Pendant un peu plus d’une heure, un récitant, une soprano, un choeur, l’orgue et l’orchestre racontent ensemble le voyage du Mont : sa naissance dans la mer, la lutte des éléments, le silence des grèves, la lumière de l’abbaye, le pas du pèlerin, et pour finir l’apparition de l’archange et d’une étoile. C’est un grand récit en musique, qui va de l’obscurité vers la lumière — des ondes marines vers l’étoile, comme le dit le titre latin.
Quelle est l’origine de cette création ?
En tant qu’organiste passé par l’abbaye du Mont St Michel, j’ai été marqué par l’idée que le répertoire donné dans le monument lui-même est comme un océan : au fil du temps, il vient frapper le rocher, le façonner, l’habiter. Cette œuvre est née de cette mémoire-là, millénaire, à la fois physique et intérieure, des traditions antiques, bénédictines, contemporaines.
Pourquoi le Mont-Saint-Michel et Sylvanès ?
Et puis il y a Sylvanès. Un lieu si rare, d’intériorité, de réflexion, d’inspiration, qui a le courage d’ouvrir cet héritage à la création vivante depuis 50 ans. Grâce à Michel Wolkowitsky, j’y suis partie prenante sur le plan artistique depuis 2017, et présenter cette œuvre ici n’est pas un hasard : c’est l’aboutissement d’un chemin, dans un espace où la voix, l’histoire et l’écoute sont indissociables. Et pour beaucoup d’artistes comme pour moi-même, c’est notre maison.

Création de « Silvanium » le 14 août 2024 en l’abbatiale de Sylvanès
Comment la baie du Mont-Saint-Michel a-t-elle influencé l’écriture ?
Jouer l’orgue nuit et jour, y entendre la voix de grands personnages, Marcher dans la baie, sentir les marées, le vent des sables puis entrer dans cette verticalité… c’est une expérience universelle qui transforme profondément la perception. Tout cela a façonné l’écriture. Il y a dans la musique cette idée de flux, de mouvements, comme une matière vivante qui respire et se transforme.
Comment la voix, le chœur et la musique dialoguent-ils ?
Cette œuvre existe aussi par les rencontres, notamment avec Delphine Mégret, soprano. Son parcours est profondément lié à cette terre aveyronaise, et pourtant elle a traversé avec moi cette expérience normande. De l’abbaye de la Lucerne à Sylvanès, nous avons construit un chemin commun. Sa voix porte quelque chose de très essentiel : une lumière à la fois puissante et fragile. Fragile par notre condition humaine, mais ouverte sur la dimension infinie. C’est exactement cette tension que cherche De Undis ad Stellam — entre l’ancrage et l’élévation, entre la matière géologique et la lumière cosmique.
Que va ressentir le public ?
À Sylvanès, le public ne sera pas au Mont… mais il y sera immergé, en ressentira l’élan. Comme une traversée intérieure, où chacun pourra faire son propre passage, des profondeurs vers la lumière.
Pourquoi faut-il venir découvrir cette création ?
Une telle œuvre prend tout son sens dans un lieu comme Sylvanès : un espace où la création est vivante, où la voix, l’histoire et l’écoute se rencontrent pour devenir une véritable expérience. Tel est le festival qui nous enchante depuis des décennies.
Concert du 49e Festival : De Undis ad Stellam de Christophe Guyard le vendredi 14 août à 17 h en l’abbatiale
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