Les résidences du printemps à l’abbaye

En avril, l’Abbaye de Sylvanès accueille deux résidences artistiques.

Du 6 au 12 avril, « Sukoon » : une traversée musicale entre les mondes

Sukoon est une fusion unique de cultures et de sons, née de la rencontre entre deux musiciennes syriennes, Sarah Abo Aljadail, artiste plasticienne-chanteuse et Sadim Alzafari, chanteuse-joueuse de oud avec le guitariste mexicain, Gregorio Orozco. La musique de Sukoon est un voyage, une conversation entre différents héritages, une célébration des expériences partagées de trois artistes originaires de pays marqués par le colonialisme et la dictature. Ils explorent ensemble les riches traditions musicales arabes et mexicaines, à la recherche de ce qui les unit au-delà des frontières.

En résidence à Sylvanès dans le cadre du programme Nora de l’Association des Centres culturels de rencontre, ils approfondissent ce dialogue à travers des chants inspirés par la liberté, la paix, l’amour et la diversité. Ce temps de création leur permet d’explorer de nouvelles compositions et d’enrichir leur univers artistique au contact du lieu. Ils reviendront en résidence cet été, du 24 au 28 août pour finaliser la création de ce fascinant programme qui sera dévoilé dans le cadre du festival le 28 août à 21 h. Le trio invitera le public à plonger dans cette aventure musicale où les mélodies du Moyen-Orient rencontrent les rythmes de l’Amérique latine.

Du 27 au 30 avril, « le Miroir des Anges » : de la création à l’enregistrement

Créée le 19 mai 2024 à l’Abbaye, le Miroir des Anges, œuvre poétique et musicale de Christophe Guyard entre aujourd’hui dans une phase d’enregistrement, marquant l’aboutissement du projet.

La genèse du Miroir des Anges est liée à l’expérience vécue par Christophe Guyard au sein de l’abbaye lors de la résidence de création de la première du Requiem de Thierry Huillet au festival Musiques sacrées- Musiques du monde de l’abbaye de Sylvanès en 2018. Au cours de cette résidence, le compositeur-organiste fut émerveillé par les anges de la chapelle russe. Ces anges ont continué à l’inspirer bien au-delà de cette résidence, devenant une source de créativité durant les périodes de confinement en 2020. C’est dans ce contexte qu’il a composé cette œuvre et a partagé l’évolution de son travail avec la soprano Laura Tătulescu, malgré la distance.

Conçu comme un cycle musical poétique et spirituel pour voix et piano, Le Miroir des Anges explore, à travers huit pièces, différentes figures de l’ange : présence intérieure, messager, passeur, gardien, ou encore souffle cosmique.
L’œuvre interroge moins la croyance que l’expérience sensible : celle d’une médiation entre l’humain, le temps et l’invisible.
Le cycle a été créé le 19 mai 2024 à l’Abbaye de Sylvanès, avec la soprano Laura Tătulescu et la pianiste Sophie Raynaud. Cette création a marqué la naissance publique de l’œuvre.

La résidence proposée aujourd’hui s’inscrit dans une seconde étape essentielle, rarement formalisée : celle de la transmission après la création. Ce travail d’enregistrement réunira autour de Christophe Guyard à la direction artistique la pianiste et cheffe de chant à l’Opéra de Munich Sophie Raynaud et la soprano Delphine Mégret.

« Cet enregistrement n’a pas, dans un premier temps, de finalité discographique commerciale. Il est pensé comme un outil de transmission : – pour permettre à d’autres interprètes de s’approprier l’oeuvre, – pour documenter durablement le cycle, – et pour nourrir la mémoire artistique de l’Abbaye  » précise le compositeur.

Johanni Curtet, le souffle des steppes en partage

Du 14 au 17 mai 2026, le Centre culturel de rencontre de l’abbaye de Sylvanès vous propose une expérience rare : un stage d’initiation au chant diphonique mongol.
Encadré par Johanni Curtet, musicien et ethnomusicologue reconnu, ce stage invite chanteurs amateurs et curieux à découvrir l’art du khöömii, une expérience aussi surprenante que profondément sensorielle… et accessible à tous. Johanni a accepté de nous en dire plus…

Le chant diphonique mongol intrigue autant qu’il fascine : comment décrirais-tu cette pratique à quelqu’un qui ne l’a jamais entendue ?
Pour moi, après 25 ans de pratique, je considère cette technique vocale comme un véritable art martial de la voix. Autant par l’exigence que l’on doit avoir avec soi-même, et ce que l’on appelle la « tradition » en tant que processus dans lequel on entre, comme une quête du son, pour vivre potentiellement au final une véritable initiation.

Tu es l’un des rares spécialistes de ce répertoire en Europe : comment as tu découvert le chant diphonique et la culture mongole ? 
Nous sommes très peu d’étrangers à savoir pratiquer le khöömii dans une perspective autochtone mongole en Occident. J’ai découvert d’abord cela à la télévision quand j’avais 13 ans, lors d’une démonstration de Trân Quang Hai, ethnomusicologue et spécialiste international du chant diphonique. Cette voix m’a complètement happé, et sans le savoir des années plus tard, après avoir découvert l’ethnomusicologie à l’université Rennes 2, j’ai eu la chance d’être encadré par cette personne « vue à la télé ». C’était pour moi l’ouverture d’une voie qui est devenue ma vie : la pratique et la transmission du khöömii, l’ethnomusicologie, puis la création de l’association Routes Nomades, avec qui je promeus cette musique, et la musique mongole plus largement, depuis 20 ans.
J’ai bien sûr rencontré plusieurs musiciens et maîtres de khöömii qui m’ont guidé dans leur univers, sans qui je ne serais pas le transmetteur que je suis devenu : les diphoneurs des ensembles Egschiglen et Altaï-Khangaï d’abord, puis D. Tserendavaa, B. Odsüren, N. Sengedorj, R. Davaajav, E. Toivgoo et B. Papizan… les principaux transmetteurs, qui m’ont beaucoup appris sur l’esprit de cette tradition diphonique.

On imagine souvent cette pratique du khöömi réservée à des spécialistes. Peut-on vraiment l’apprendre en quelques jours ?
Comme nous n’avons pas d’équivalent vocal dans notre culture ici, et que ces sons simultanés de bourdons, mélodies d’harmoniques et résonances réalisés par une seule personne nous semblent si étranges et impressionnants, nous pensons que nous partons de loin pour y arriver…
Même si la Mongolie est à presque 10.000km de chez nous, nous avons tous une voix et des oreilles. Il s’agit d’abord de se mettre dans la culture de l’autre, comprendre comment les Mongols écoutent et perçoivent leur musique, comprendre combien la relation et le dialogue entretenu avec les éléments environnants, comme la nature, sont fondamentaux, et sentir que l’on peut faire résonner tout cela en nous.
Avec un certain lâcher-prise sur ses habitudes, on découvre avec sa voix, son corps et son cœur à quel point ces sons qui nous paraissaient si étrangers peuvent être très proches, en nous. Il faut ensuite oser les sortir et redécouvrir les capacités de sa voix. C’est une histoire d’attention portée à sa voix, à soi-même.
Ainsi on peut se rendre disponible pour diphoner, moduler le son de sa voix à la recherches des résonances et des harmoniques.

Les participants doivent apprendre à leur rythme, et tout le monde peut l’apprendre. Cela va très vite pour certains, plus lentement pour d’autres, mais tout le monde sort de ce stage avec une compréhension des fondamentaux de la pratique et une compréhension globale qui permet de travailler seul chez soi pendant plusieurs mois.

Qu’est-ce que les participants à tes stages viennent chercher ? … et qu’est-ce qu’ils trouvent vraiment ?
Cela dépend, les profils sont très différents.
Il y a un public chanteur qui veut découvrir d’autres possibilités dans sa voix, tout en découvrant une autre culture.
Il y a celles et ceux qui veulent se frotter à la culture Mongole avant ou après un séjour sur place…
Il y a les curieux qui n’ont aucun a priori et qui veulent tenter l’aventure et enfin ceux qui ne sont pas chanteurs mais qui veulent explorer leur voix autrement, comme moi, à travers mon expérience personnelle.

Au final, ils trouvent là bien souvent un enrichissement personnel global : la découverte d’une culture, d’une façon de voir le monde, d’une manière d’écouter et d’être attentif à son environnement, se connecter à la nature comme les nomades le font. Souvent, leur voix gutturale enrichie d’harmoniques et de multiples résonances continue de vivre en eux bien après le temps de transmission. 

À Sylvanès, le cadre est très particulier. En quoi le lieu participe-t-il à l’expérience ?
Le khöömii vient de l’imitation des sons de la nature: le souffle du vent, les sons de l’eau qui coule, les échos dans les montagnes, les chants d’oiseaux, les animaux d’élevage des nomades… La situation de Sylvanès permet de retrouver l’essence même de cette musique au cœur de la nature, dans un environnement qui facilite la contemplation et l’écoute. Nous pouvons pratiquer avec les belles résonances que les salles de l’abbaye procure, mais aussi près de la rivière en contrebas… C’est chaque année un enchantement !

 

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Une première académie de composition chorale

C’est à l’initiative du directeur artistique de l’Abbaye Michel Wolkowitsky et du chef de chœur et compositeur Christopher Gibert qu’a été créée à Sylvanès cette première Académie à destination de jeunes compositeurs et compositrices.

L’Académie de Composition Chorale de Sylvanès se veut être un lieu unique de transmission, de formation et d’exploration dédié à la création contemporaine pour chœur et pour voix. Placée sous le parrainage artistique du compositeur Thierry Escaich, elle s’adresse à de jeunes créateurs désireux d’approfondir l’écriture vocale et de s’immerger dans l’univers exigeant et spécifique de la composition chorale.

Michel Wolkowitsky entouré de Christopher Gibert et Thierry Escaich

Pensée comme un véritable tremplin pour une nouvelle génération de compositeurs et compositrices, l’Académie propose un parcours complet, de l’esquisse à la diffusion, afin de répondre aux enjeux actuels du développement du répertoire choral français.

Le projet se développe en deux temps forts à l’Abbaye de Sylvanès :

• Du 1er au 3 mai 2026
D’abord, une session d’échanges, de réflexion et de travail « à la table » avec Thierry Escaich, au cours de laquelle les compositeurs sont accompagnés dans l’élaboration de leur œuvre avec leur langage, l’exploration des potentialités vocales et la mise en musique de textes français. Cette phase fondatrice permet d’inscrire chaque œuvre dans une démarche artistique personnelle, nourrie par l’expérience d’un compositeur majeur de notre temps internationalement reconnu.

 • Du 16 au 20 septembre 2026
Puis vient la résidence de « mise en voix » à Sylvanès, au cœur d’un patrimoine exceptionnel dont l’acoustique et la beauté nourrissent l’inspiration. Les œuvres y prennent vie grâce au chœur professionnel Dulci Jubilo, dirigé par Christopher Gibert, un instrument d’excellence reconnu pour sa précision, sa souplesse et son engagement en faveur de la création contemporaine. Le contact direct avec les chanteurs, leurs timbres, leurs possibilités techniques et expressives, constitue un moment déterminant de la formation : les partitions se façonnent, se transforment et s’accomplissent dans l’échange et l’expérimentation.

Le chœur professionnel Dulci Jubilo placé sous la direction de Christopher Gibert

Cette Académie constitue ainsi un espace privilégié d’apprentissage, où la technique, l’imaginaire et la pratique professionnelle se rencontrent pour faire émerger de nouveaux répertoires chorals français. Deux ambitions majeures guident ce projet : offrir à de jeunes compositeurs une formation d’exception, et enrichir durablement le paysage choral contemporain.

Les œuvres réalisées font l’objet d’une restitution publique le dimanche 20 septembre en l’abbatiale de Sylvanès, puis d’une captation professionnelle en vue d’une diffusion à travers le label Anima Nostra et le Centre culturel de rencontre de Sylvanès, assurant aux jeunes compositeurs une visibilité concrète et une première insertion professionnelle.

Soutenue par un territoire inspirant, sublimée par un ensemble vocal d’excellence et nourrie par l’accompagnement d’un maître de la création, l’Académie de Sylvanès affirme son ambition : donner naissance aux voix chorales de demain, et écrire aujourd’hui le futur de la musique vocale française.

Infos pratiques :
Deux sessions
indissociables : du 1er au 3 mai et du 16 au 20 septembre 2026
Coût pédagogique  : 300 € pour les deux sessions (frais d’hébergement et de restauration en sus)
Effectif maximum : 3 compositeurs et 3 compositrices
Candidatures jusqu’au jeudi 2 avril sur le site de l’abbaye  : Déposez votre candidature 

En savoir plus sur  :
Thierry Escaich
Christopher Gibert et Dulci Jubilo
L’Association Anima Nostra

Chorale à l’école : rencontre avec Anna Claire Golitzin

Anna Claire Golitzin a quitté Londres où elle travaillait comme chanteuse indépendante pour s’installer en Aveyron. Musicienne intervenante rattachée au Conservatoire de l’Aveyron depuis quelques mois, elle poursuit le travail de transmission au cœur du projet « Chorale à l’école » porté par l’Abbaye de Sylvanès. Entre héritage familial et pédagogie passionnée, elle accompagne les enfants dans la découverte de leurs voix, avec une conviction profonde.  Rencontre en quelques lignes avec Anna Claire Golitzin.

Quel est votre premier souvenir musical et d’où vous vient cette passion pour la musique ?
Mes parents étaient musiciens et mes premiers souvenirs  remontent à l’enfance quand la musique résonnait en permanence dans la maison. Mon père jouait du piano et ma mère chantait en s’accompagnant à la guitare. Nous fréquentions régulièrement en famille l’église orthodoxe de notre village où le chant occupait une place très importante dans les offices. C’est là qu’est née ma passion pour le chant choral et mon envie de poursuivre des études dans ce domaine. Par la suite, j’ai intégré un master en histoire de la musique ancienne et chant renaissance à l’Université de York, en Angleterre, où j’ai pu me former auprès de grands chanteurs et approfondir ma pratique.

Comment êtes-vous arrivée dans l’aventure « Chorale à l’Ecole » ?
Mon installation en Aveyron était motivée par mon désir de transmettre la musique chorale issue des traditions slaves. Parallèlement, je souhaitais travailler avec des enfants et quand j’ai appris que le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron recherchait un professeur pour assurer la continuité du projet « Chorale à l’école »,  j’ai postulé. Cette opportunité correspondait parfaitement à mes aspirations.

Comment se déroulent les ateliers dans les classes ?
J’interviens tous les quinze jours pendant 45 minutes dans chaque classe des 11 écoles participantes et auprès de 170 élèves.  Chaque classe est différente et c’est ce qui rend les ateliers intéressants. Les enfants ont des expériences très variées avec le chant. Certains chantent naturellement, tandis que d’autres ont plus de difficultés à reproduire une note ou à tenir une note accompagnée au piano. Mon rôle consiste à les accompagner progressivement par l’intermédiaire de chansons adaptées. C’est très satisfaisant de constater leurs progrès.

Selon vous, la musique à l’école est-elle indispensable ? Pourquoi ?
Oui, elle est indispensable ! C’est vraiment durant l’enfance qu’il faut initier cette pratique car pour avoir travaillé avec des adolescents, je me suis rendue compte que ceux qui n’avaient jamais chanté auparavant, étaient persuadés qu’ils n’en étaient pas capables. La musique ouvre quelque chose de très profond dans l’esprit de l’enfant et lui apporte beaucoup de bénéfices. Le chant aide d’ailleurs énormément à l’apprentissage des langues.

Si ce projet devait être associé à une couleur et à une émotion, lesquelles choisiriez-vous ?
Je choisirais la couleur rouge et pour l’émotion, le courage. C’est une notion que je répète souvent aux enfants. Je les encourage à oser chanter, à prendre confiance en eux. Par exemple, je peux mettre en avant un élève qui a bien chanté et inviter les autres à suivre son exemple avec davantage d’assurance. Le rouge symbolise aussi la passion. En tant que « performer », je vois à quel point il faut mettre la passion et la performance dans la musique et dans ce que l’on fait. C’est cette énergie et cette ferveur que j’essaie de transmettre aux enfants à travers le répertoire et le travail collectif.

À l’issue des ateliers dans les classes, une restitution finale sera présentée aux familles le mardi 16 juin à 14 h en l’abbatiale de Sylvanès !

Initié par l’Abbaye de Sylvanès, Centre culturel de rencontre, ce projet est mené en partenariat avec la Communauté de Communes Monts Rance et Rougier, le Conservatoire à Rayonnement Départemental de l’Aveyron, le Département de l’Aveyron et le soutien de l’Éducation nationale.

La Belle et le Loup : du spectacle au disque !

Initié en 2022 par l’Abbaye de Sylvanès en coproduction avec Les Oreilles en Eventail (30), le projet d’éducation artistique La Belle et le Loup a poursuivi son aventure en 2023 puis en 2025 du côté de l’Aveyron.

De novembre à avril, 70 élèves de CM et de 6e de l’ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance ont vécu un véritable parcours artistique, rendu possible grâce au Pass Culture. Au total, 66 heures d’ateliers de chant et de mise en scène, guidés par Cécile Veyrat : une préparation exigeante qui les a menés le 30 avril jusqu’à la scène de Saint-Affrique, aux côtés de dix chanteurs-acteurs professionnels et devant 450 petits et grands spectateurs !

Et l’aventure ne s’est pas arrêtée là : un album audio du spectacle a été enregistré au printemps 2025, entre le collège et le studio. Grâce à une collecte participative menée à l’automne, les fonds nécessaires ont été réunis pour que le disque voie le jour, prolongeant ainsi cette expérience artistique et humaine exceptionnelle.

Séance d’enregistrement avec l’Ensemble scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance

La sortie du CD (produit par les Oreilles en Eventail) est prévue fin février 2026  et sera disponible à la vente à partir de mi-mars à l’abbaye de Sylvanès au tarif de 20 €.

Écoutez ci-dessous l’extrait 1 – Introduction

Les Mécanos & Pascal Caumont en résidence de création à l’abbaye

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes & Pascal CAUMONT
Du 8 au 12 juin 2026 – Abbaye de Sylvanès

Du 8 au 12 juin 2026, l’abbaye de Sylvanès accueillera une résidence de création singulière réunissant Pascal Caumont, chanteur, compositeur et professeur au Conservatoire de Toulouse, et l’ensemble vocal masculin Les Mécanos autour d’un projet inédit : LINHA[A]. Durant une semaine de travail à Sylvanès, sous la direction artistique de Pascal Caumont, Les Mécanos exploreront et interpréteront un répertoire de polyphonies méridionales a cappella, mêlant tradition orale et création contemporaine. Le fruit de cette création sera dévoilé sur scène le mardi 14 juillet 2026 à 17 h, à l’occasion du 49ᵉ Festival de l’Abbaye de Sylvanès.

Le projet musical LINHA(A) : lignée (vivaro-alpin)

Signifiant « ligne » en vivaro-alpin, LINHA[A] s’inscrit pleinement dans la démarche artistique des Mécanos et de Pascal Caumont, fondée sur le travail de la mémoire populaire à partir de collectages de chants et de témoignages. Il dessine un lien vivant entre tradition orale et création contemporaine, faisant entendre des polyphonies à voix d’hommes issues des répertoires traditionnels, profanes comme sacrés, ainsi que des compositions nourries de ces pratiques populaires toujours actives. Dix voix d’hommes a cappella interprètent des chants en français et en occitan, tout en ouvrant le répertoire à l’ensemble des territoires des Pyrénées occitanes et catalanes jusqu’aux Alpes italiennes.

© Les Mécanos

 

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes

Trois ans après leur EP éponyme suivi d’une centaine de concerts à travers la France, l’Europe et au Canada, Les Mécanos sortent leur premier album : USURES. Poursuivant leur exploration de la polyphonie occitane, les dix musiciens confirment leur appartenance à cette nouvelle génération issue des musiques dites « traditionnelles » (Barrut, Cocanha…). Basé à Saint-Étienne et ses alentours, le collectif réinvente une musique populaire qui prend racine dans l’histoire de ce bassin industriel.

Dans la lignée d’une sono mondiale créative, USURES perpétue la polyphonie occitane tout en l’inscrivant au cœur des musiques actuelles. Les dix voix des MÉCANOS se mêlent aux tambours et percussions pour chanter en français et en occitan les luttes passées et actuelles. Dix titres inspirés des musiques traditionnelles pour écrire une histoire populaire faite de complaintes, de révolte, de danse et d’espoir.

En bénéficiant de l’expérience de Pascal Caumont et de son expertise musicale dans ce projet, Les Mécanos poursuivront leur travail vocal, initié en 2019 auprès de Lutxi Achiary et poursuivi avec Titouan Billon en 2024. Ce travail et cette recherche s’articulent autour de plusieurs axes : le timbre et ses différentes couleurs dans les placements vocaux du chant populaire méridional ; la vibration harmonique collective et corporelle située dans un espace résonnant ; l’ornementation et la variation propres aux répertoires traditionnels ; et enfin le phrasé dynamique non pulsé d’une mélodie aux rythmes irréguliers, typique de la polyphonie pyrénéenne.
En savoir plus sur Les Mécanos

Rendez-vous le 14 juillet 2026 à 17 h dans l’abbatiale de Sylvanès pour la première de cette création inédite.

Frédéric Gindraux et Jean-Philippe Clerc : deux parcours, une passion

Chaque été à Sylvanès, au cours de leur classe de maître de chant lyrique, deux figures suisses de la pédagogie vocale unissent leur passion pour accompagner des chanteurs professionnels dans leur cheminement artistique et humain. Rencontre…

Frédéric Gindraux et Jean-Philippe Clerc forment un binôme indissociable. Tous les deux nous éclairent sur leur vision de l’enseignement au sein de leur classe de maître, un espace d’apprentissage où le chant devient un chemin d’expression de soi.
Frédéric Gindraux débute son aventure musicale par l’apprentissage du piano. Adolescent, pour vaincre sa timidité, il intègre la chorale du lycée et très vite, le plaisir de chanter ne le quitte plus. Avec cette double formation de pianiste et de chanteur en poche, le ténor suisse mène de front une carrière de concertiste et de pédagogue. Il est aujourd’hui professeur de chant au Conservatoire de Paris et à la Haute École de Musique de Lausanne.
Pour Jean-Philippe Clerc, le piano s’impose dès l’enfance comme une évidence, un coup de cœur. Passionné par le travail avec les chanteurs, il choisit d’en faire son métier et de devenir pianiste chef de chant. Il enseigne actuellement à l’Opéra et à la Haute École de Musique de Lausanne.

Des maîtres inspirants
Tous deux ont croisé, sur leur chemin, des figures influentes. Frédéric Gindraux parle avec gratitude de ses maîtres, en particulier le grand Nicolaï Gedda ainsi que d’autres pédagogues comme David Jones ou encore Gary Magby, qui lui ont transmis un amour profond pour la voix. Jean-Philippe Clerc évoque quant à lui les professeurs qui ont marqué son parcours et auxquels il voue encore aujourd’hui, un profond respect. Leur approche pédagogique est le fruit de ces influences mais aussi d’une vision très personnelle de l’enseignement.

Une pédagogie alliant discipline et liberté
« Ce qui m’anime, c’est la volonté de comprendre comment fonctionne la personne en face de moi. Je cherche à faire émerger l’envie de dire quelque chose à travers la voix, à lever les blocages et aider chacun à mieux se connaître » explique Frédéric Gindraux.
Pour Jean-Philippe Clerc, c’est plutôt le lien entre le texte et la musique qui l’inspire et nourrit sa pédagogie. « J’aime explorer les intentions du compositeur et réussir à capter comment elles prennent forme dans l’interprétation vocale ».
Mais ce n’est pas tout, nos deux pédagogues s’accordent sur l’importance de la patience, de la discipline, de l’écoute et de la bienveillance, qualités que devrait avoir tout bon pédagogue. Ensemble, ils transmettent des outils permettant d’acquérir maîtrise et indépendance. Deux notions qui mènent selon eux à la liberté, indispensable aux chanteurs pour exprimer pleinement leur potentiel.

Sylvanès, une expérience humaine riche
Depuis 2019, leur présence à l’abbaye de Sylvanès est devenue un rendez-vous incontournable. Chaque année, ils y retrouvent des stagiaires venus de tous horizons pour une semaine de travail intense, de partage et de cohabitation artistique. Frédéric Gindraux souligne combien cette expérience est enrichissante. Jean-Philippe Clerc lui, insiste sur la force des liens tissés au fil des jours, dans un cadre privilégié et chaleureux, propice à l’écoute et la concentration.
Engagés dans d’autres projets pour la saison 2026, nous espérons les retrouver en 2027 parmi nos fidèles formateurs !

 

17e rencontre du film musical : une édition réussie !

Déjà dix-sept années que le Centre culturel de l’Abbaye de Sylvanès propose, au Cinéma Le Temple de Camarès, les Rencontres du film musical. Lors de cette édition, qui s’est déroulée du 7 au 11 novembre, plus de 250 personnes ont investi la salle du Cinéma le Temple à Camarès pour (re)découvrir sur grand écran des films musicaux les plus singuliers et les plus représentatifs du genre ! La sélection éclectique concoctée par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitski a su séduire un large public  !

Le vendredi 7 novembre au soir, c’est le film « Le Théâtre de la Divine Comédie » qui a ouvert les festivités en présence de Bruno Bonhoure, directeur musical de La Camera delle Lacrime. Œuvre singulière des réalisateurs Kai Duc Luong et Khaï-Dong Luong, revisitant en trois volets l’œuvre emblématique de Dante, ce spectacle sublimement filmé et interprété a plongé le public dans une véritable immersion visuelle et sonore au cœur de l’Italie médiévale, entre chants anciens, hymnes sacrés et poésie troubadouresque.

Le public a ensuite pu (re)découvrir « Les Uns et les Autres » de Claude Lelouch, grande fresque musicale et historique traversant les époques et les frontières et au casting impressionnant. Véritable symphonie humaine, ce chef-d’oeuvre a ému par la force de son propos et la beauté de sa structure originale repartie entre la France, l’Allemagne, l’URSS et les Etats-Unis avec pour fil conducteur et langage commun la musique !  Du grand cinéma, puissant et bouleversant !

Autre moment fort : « Indes Galantes » de Philippe Béziat, qui a conquis la salle. Ce documentaire haut en couleurs retrace l’audacieuse rencontre à l’Opéra Bastille entre le baroque de Jean-Philippe Rameau et  la puissance brute de 30 danseurs de hip-hop, krump, break, voguing. Une aventure humaine hors norme qui offre une réflexion profonde sur notre rapport à l’autre, à l’ordre établi et qui fait « tomber les barrières ».

Le film « Bolero » d’Anne Fontaine a offert au public une adaptation d’une grande saveur autour de la création de l’œuvre universelle de Maurice Ravel. Une incursion sensorielle dans le quotidien d’un homme dont chaque pas, chaque parole, chaque choix était dirigé par les mélodies qui surgissaient à tout moment dans sa tête, et dont la compréhension du monde, de l’amour, de la vie en société dépendait entièrement de sa musique.

Puis, place à la légèreté avec « Yesterday », un film de Danny Boyle sur un scénario original de Richard Curtis. On y découvre « un monde sans les Beatles » où un jeune musicien s’approprie leur gloire, bien malgré lui. Ce scénario savoureux a conquis le public par son humour et sa tendresse, rendant hommage à la musique des quatre garçons dans le vent tout en questionnant la célébrité à l’ère numérique.

Autre comédie musicale qui a déchaîné des fous rires dans la salle : l’incontournable « Sister Act » d’Emile Ardolino, portée par une Whoopi Goldberg irrésistible dans son rôle de bonne sœur  ! Difficile de résister à cette histoire hilarante sur fond d’enquête policière et à la bande originale mixant gospel traditionnel, jazz et pop ! Ce grand classique des années 1990 a une fois de plus démontré qu’il était un véritable cocktail euphorisant, un hymne intemporel à la bonne humeur !

Pour conclure ces Rencontres, le film musical « La Couleur pourpre » de Blitz Bazawule a bouleversé le public. Ce remake du chef-d’œuvre de Spielberg propose une lecture musicale vibrante de la résilience féminine au sein de la communauté afro-américaine, entre blues, gospel, pop et des chorégraphies grandioses !  Cette œuvre puissante a suscité de vives émotions dans la salle et a clôturé l’événement sur une note d’humanité et de foi.

Un merci particulier à la Communauté de communes Monts, Rance et Rougier pour son soutien et rendez-vous l’année prochaine pour une 18e édition de ces rencontres du film musical !

« Le Jeu de Robin et Marion », nouvelle création avec des scolaires !

En 2026, une nouvelle création musicale verra le jour dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle de l’Abbaye de Sylvanès. Il s’agit de « Amoureux imaginaires : le Jeu de Robin et Marion », nouveau spectacle de l’Ensemble La Camera delle Lacrime. 

La première comédie musicale de l’histoire de la musique occidentale 

Cette année, deux classes de 5ᵉ de l’Ensemble Scolaire Saint-Michel de Belmont-sur-Rance seront associées au projet. Le parcours éducatif, artistique et humain qui leur est proposé est à la fois exigeant, joyeux et accessible ! Il s’inspire du Jeu de Robin et Marion, souvent considéré comme la première comédie musicale de l’histoire de la musique occidentale. Elle a été écrite dans les années 1280 par le trouvère – auteur compositeur et interprète de langue picarde –Adam de la Halle (1240 – 1288) nommé aussi Adam d’Arras.
La nature est le théâtre de ce récit amoureux qui alterne narration parlée et chantée ainsi que des danses. Marion, jeune bergère travaille dans un champ et rêve en même temps de Robin. Arrive alors Aubert, un chevalier qui, à défaut d’arriver à la séduire, décide de l’enlever. Heureusement, Marion s’échappe et parvient à retrouver Robin. Le jeu de Robin et Marion se termine avec une fête mêlant chants, danses, jeux et festin sur l’herbe.
Cette œuvre est un précieux témoignage sur la culture médiévale et constitue une immersion vivante au cœur d’un projet pluridisciplinaire mêlant expression corporelle et vocale, musique, patrimoine et histoire des arts. En outre, il questionne la représentation de l’amour, du jeu et du quotidien au Moyen Âge.

Quatre ateliers dans les classes et une restitution finale 

De décembre à mars, les élèves bénéficieront de quatre interventions mensuelles menées par Bruno Bonhoure (direction musicale et coordination pédagogique, chant, harpe et tambour sur cadre) et Khaï-Dong Luong (recherche, dramaturgie, écriture du scénario), avec un premier atelier prévu le 10 décembre 2025 pour :

  • Découvrir le répertoire médiéval
  • Expérimenter le travail scénique et collaboratif
  • Vivre l’expérience de la création artistique aux côtés de musiciens professionnels

La restitution finale présentée aux familles le vendredi 17 avril sera un véritable spectacle où les élèves seront au cœur de l’action !

Ce projet de création est mené en partenariat avec le Clermont Auvergne Opéra (Puy-de-Dôme) et le Centre International de Musique Médiévales (CIMM)

En savoir plus sur La Camera delle Lacrime 

Les travaux du nouveau bâtiment ont repris

Après une pause cet été, les travaux du chantier d’aménagement de l’abbaye ont repris dès le  mois de septembre après le beau succès du 48e Festival ! Ils devront se poursuivre jusqu’en juin 2026 et le déménagement des bureaux administratifs, de la librairie se feront dans la foulée.

À ce stade d’avancement, l’édifice à la silhouette sobre se laisse contempler en imaginant la large ouverture vitrée côté parking qui offrira aux visiteurs une vue privilégiée sur l’espace cloître de l’abbaye.
Entre les deux pignons en « béton cyclopéen » – un mélange de pierre de Crassous et de béton – les façades sont vitrées à l’intérieur et habillées de chêne brut à l’extérieur.

Sans rentrer dans les détails des 900 m2 du bâtiment, les espaces déjà cloisonnés donnent déjà un aperçu des futures salles  : le hall d’accueil, l’auditorium, les bureaux administratifs, la salle de réunion,  la librairie-boutique et l’espace cafétéria avec son accès sur l’extérieur verdoyant le long du Cabot.

En rappel, le cabinet parisien Antoine Dufour Architectes en tant que maître d’œuvre a imaginé l’édifice dans l’optique de préserver l’esprit cistercien de ce lieu emblématique tout en lui offrant des espaces modernes et fonctionnels pour mieux accueillir artistes, festivaliers et visiteurs.
Les travaux s’étendront jusqu’au printemps 2026, avec une inauguration attendue lors du 49e Festival de Sylvanès.

Cet ambitieux projet de territoire est porté par la Communauté de Communes Monts, Rance et Rougiers qui assure la maîtrise d’ouvrage en collaboration étroite avec la petite commune de Sylvanès, propriétaire des lieux, les conseils et le soutien des services de la DRAC et des Monuments historiques d’Occitanie au Ministère de la Culture, le Département de l’Aveyron, du Conseil Régional Occitanie-Sud de France, de l’Europe (Programme européen régional FEDER/FSE+/FTJ 2021-2027) et du Parc naturel régional des grands Causses.