Les résidences du printemps à l’abbaye

En avril, l’Abbaye de Sylvanès accueille deux résidences artistiques.

Du 6 au 12 avril, « Sukoon » : une traversée musicale entre les mondes

Sukoon est une fusion unique de cultures et de sons, née de la rencontre entre deux musiciennes syriennes, Sarah Abo Aljadail, artiste plasticienne-chanteuse et Sadim Alzafari, chanteuse-joueuse de oud avec le guitariste mexicain, Gregorio Orozco. La musique de Sukoon est un voyage, une conversation entre différents héritages, une célébration des expériences partagées de trois artistes originaires de pays marqués par le colonialisme et la dictature. Ils explorent ensemble les riches traditions musicales arabes et mexicaines, à la recherche de ce qui les unit au-delà des frontières.

En résidence à Sylvanès dans le cadre du programme Nora de l’Association des Centres culturels de rencontre, ils approfondissent ce dialogue à travers des chants inspirés par la liberté, la paix, l’amour et la diversité. Ce temps de création leur permet d’explorer de nouvelles compositions et d’enrichir leur univers artistique au contact du lieu. Ils reviendront en résidence cet été, du 24 au 28 août pour finaliser la création de ce fascinant programme qui sera dévoilé dans le cadre du festival le 28 août à 21 h. Le trio invitera le public à plonger dans cette aventure musicale où les mélodies du Moyen-Orient rencontrent les rythmes de l’Amérique latine.

Du 27 au 30 avril, « le Miroir des Anges » : de la création à l’enregistrement

Créée le 19 mai 2024 à l’Abbaye, le Miroir des Anges, œuvre poétique et musicale de Christophe Guyard entre aujourd’hui dans une phase d’enregistrement, marquant l’aboutissement du projet.

La genèse du Miroir des Anges est liée à l’expérience vécue par Christophe Guyard au sein de l’abbaye lors de la résidence de création de la première du Requiem de Thierry Huillet au festival Musiques sacrées- Musiques du monde de l’abbaye de Sylvanès en 2018. Au cours de cette résidence, le compositeur-organiste fut émerveillé par les anges de la chapelle russe. Ces anges ont continué à l’inspirer bien au-delà de cette résidence, devenant une source de créativité durant les périodes de confinement en 2020. C’est dans ce contexte qu’il a composé cette œuvre et a partagé l’évolution de son travail avec la soprano Laura Tătulescu, malgré la distance.

Conçu comme un cycle musical poétique et spirituel pour voix et piano, Le Miroir des Anges explore, à travers huit pièces, différentes figures de l’ange : présence intérieure, messager, passeur, gardien, ou encore souffle cosmique.
L’œuvre interroge moins la croyance que l’expérience sensible : celle d’une médiation entre l’humain, le temps et l’invisible.
Le cycle a été créé le 19 mai 2024 à l’Abbaye de Sylvanès, avec la soprano Laura Tătulescu et la pianiste Sophie Raynaud. Cette création a marqué la naissance publique de l’œuvre.

La résidence proposée aujourd’hui s’inscrit dans une seconde étape essentielle, rarement formalisée : celle de la transmission après la création. Ce travail d’enregistrement réunira autour de Christophe Guyard à la direction artistique la pianiste et cheffe de chant à l’Opéra de Munich Sophie Raynaud et la soprano Delphine Mégret.

« Cet enregistrement n’a pas, dans un premier temps, de finalité discographique commerciale. Il est pensé comme un outil de transmission : – pour permettre à d’autres interprètes de s’approprier l’oeuvre, – pour documenter durablement le cycle, – et pour nourrir la mémoire artistique de l’Abbaye  » précise le compositeur.

Les Mécanos & Pascal Caumont en résidence de création à l’abbaye

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes & Pascal CAUMONT
Du 8 au 12 juin 2026 – Abbaye de Sylvanès

Du 8 au 12 juin 2026, l’abbaye de Sylvanès accueillera une résidence de création singulière réunissant Pascal Caumont, chanteur, compositeur et professeur au Conservatoire de Toulouse, et l’ensemble vocal masculin Les Mécanos autour d’un projet inédit : LINHA[A]. Durant une semaine de travail à Sylvanès, sous la direction artistique de Pascal Caumont, Les Mécanos exploreront et interpréteront un répertoire de polyphonies méridionales a cappella, mêlant tradition orale et création contemporaine. Le fruit de cette création sera dévoilé sur scène le mardi 14 juillet 2026 à 17 h, à l’occasion du 49ᵉ Festival de l’Abbaye de Sylvanès.

Le projet musical LINHA(A) : lignée (vivaro-alpin)

Signifiant « ligne » en vivaro-alpin, LINHA[A] s’inscrit pleinement dans la démarche artistique des Mécanos et de Pascal Caumont, fondée sur le travail de la mémoire populaire à partir de collectages de chants et de témoignages. Il dessine un lien vivant entre tradition orale et création contemporaine, faisant entendre des polyphonies à voix d’hommes issues des répertoires traditionnels, profanes comme sacrés, ainsi que des compositions nourries de ces pratiques populaires toujours actives. Dix voix d’hommes a cappella interprètent des chants en français et en occitan, tout en ouvrant le répertoire à l’ensemble des territoires des Pyrénées occitanes et catalanes jusqu’aux Alpes italiennes.

© Les Mécanos

 

LES MÉCANOS, Ensemble de voix d’hommes

Trois ans après leur EP éponyme suivi d’une centaine de concerts à travers la France, l’Europe et au Canada, Les Mécanos sortent leur premier album : USURES. Poursuivant leur exploration de la polyphonie occitane, les dix musiciens confirment leur appartenance à cette nouvelle génération issue des musiques dites « traditionnelles » (Barrut, Cocanha…). Basé à Saint-Étienne et ses alentours, le collectif réinvente une musique populaire qui prend racine dans l’histoire de ce bassin industriel.

Dans la lignée d’une sono mondiale créative, USURES perpétue la polyphonie occitane tout en l’inscrivant au cœur des musiques actuelles. Les dix voix des MÉCANOS se mêlent aux tambours et percussions pour chanter en français et en occitan les luttes passées et actuelles. Dix titres inspirés des musiques traditionnelles pour écrire une histoire populaire faite de complaintes, de révolte, de danse et d’espoir.

En bénéficiant de l’expérience de Pascal Caumont et de son expertise musicale dans ce projet, Les Mécanos poursuivront leur travail vocal, initié en 2019 auprès de Lutxi Achiary et poursuivi avec Titouan Billon en 2024. Ce travail et cette recherche s’articulent autour de plusieurs axes : le timbre et ses différentes couleurs dans les placements vocaux du chant populaire méridional ; la vibration harmonique collective et corporelle située dans un espace résonnant ; l’ornementation et la variation propres aux répertoires traditionnels ; et enfin le phrasé dynamique non pulsé d’une mélodie aux rythmes irréguliers, typique de la polyphonie pyrénéenne.
En savoir plus sur Les Mécanos

Rendez-vous le 14 juillet 2026 à 17 h dans l’abbatiale de Sylvanès pour la première de cette création inédite.

Rencontre avec le ténor Joseph II Bessala

L’Abbaye de Sylvanès, dans sa quête d’accompagnement et d’encadrement des jeunes artistes d’ici et d’ailleurs, a récemment accueilli en résidence du 25 août au 8 septembre, Joseph II Bessala, ténor d’origine camerounaise. Cet artiste, dont la passion pour le chant a débuté fortuitement, a fait de ce séjour une étape clé de son parcours, visant à se perfectionner et à enrichir sa carrière. Issu d’un parcours littéraire et diplômé en arts graphiques, Joseph s’est dévoué à la musique après des victoires remarquées au sein de concours prestigieux, qui l’ont mené jusqu’au Conservatoire d’Angers. Sa venue à l’Abbaye s’inscrit dans le cadre du programme Odyssée de l’ACCR, un dispositif dédié aux professionnels de la culture étrangers. Rencontre avec un artiste engagé.

UN ARTISTE EN QUÊTE D’EXCELLENCE 

Durant son séjour, Joseph a travaillé sur un répertoire lyrique particulièrement exigeant, avec pour ambition de contribuer à l’essor de l’opéra dans son pays. « Je suis dans la dynamique de créer, moi aussi, de l’émulation autour de l’opéra au Cameroun : il y a déjà un travail qui se fait, mais à mon sens, ce n’est pas suffisant. C’est la raison pour laquelle je suis ici ». Joseph souhaite partager les connaissances acquises pour l’y faire grandir. C’est d’ailleurs ce projet qu’il a défendu en postulant à la résidence Odyssée.

Son travail à l’Abbaye a été guidé par le directeur de l’abbaye Michel Wolkowitski que Joseph décrit comme un « très bon pédagogue de la voix et fin psychologue », capable d’identifier ses points faibles et de lui fournir les outils techniques nécessaires pour les surmonter. Leurs séances de travail, axées sur la technique vocale, la gestion de l’énergie, la détente corporelle par la méthode Alexander ont été une révélation pour l’artiste. « Je suis de nature très énergique et grâce à ce travail, j’ai réussi à canaliser mon énergie, nécessaire afin d’éviter un éventuel accident vocal. » Pour Joseph, ces conseils lui sont précieux et lui permettent de mesurer l’impact qu’une mauvaise gestion de soi peut entraîner.

LA PASSION DU BEL CANTO

Profondément attaché au bel canto, ou « beau chant », Joseph exprime sa joie d’être sur scène. « C’est tout à fait le bonheur d’être devant la scène, le grand théâtre, l’opéra » s’enthousiasme-t-il. Il explique que la voix lyrique est un mélange de talent naturel et de travail rigoureux.«Il faut avoir déjà des dispositions naturelles pour pouvoir y parvenir » précise-t-il, tout en ajoutant que « le talent seul ne suffit pas. Il faut ajouter à cela, la technique. »

Bien que son parcours académique soit plus court que celui d’autres artistes, Joseph a eu le privilège de recevoir un enseignement d’une grande qualité qui l’a fait « considérablement progresser. » Pour lui, les techniques enseignées facilitent l’apprentissage et favorise la sérénité, un outil essentiel dont a besoin tout chanteur.

UNE AVENTURE HUMAINE ET MUSICALE 

Pour Joseph, cette résidence fut une expérience fondatrice, tant sur le plan technique, qu’artistique où il a pu enrichir son répertoire avec des airs exigeants, dont un appris dans un délai record. Cette aventure s’est distinguée par de belles rencontres artistiques, mais également par une profonde richesse humaine : « Jai découvert la force dun collectif soudé par la musique, dans un cadre ou rigueur et convivialité s’alliaient harmonieusement ».

Joseph lors du récital public du stage chant et interprétation

Joseph et Michel Wolkowitski

Joseph ressort nourri de cette expérience et affirme être désormais prêt à entamer une carrière de ténor lyrique. Il affirme que cette expérience l’encourage à poursuivre son apprentissage avec discipline et passion, et à envisager son avenir artistique avec une confiance renforcée. Il repart de Sylvanès résolu à poursuivre son projet : faire rayonner l’opéra dans son Cameroun natal !

 

Propos recueillis et rédigés par Fatoumata Sidibe, stagiaire au service communication  

Rencontre inspirante avec Solange Dramani

L’Abbaye de Sylvanès, accueille régulièrement des artistes en résidence, en quête de perfectionnement et d’inspiration. Parmi eux, Solange Dramani, chanteuse lyrique, originaire du Togo et fondatrice de Solange Music Prod, a posé ses valises pour une résidence, dans le cadre du programme Odyssée, mis en place par l’ACCR (Association des Centres culturels de rencontre). Lors de sa venue à l’abbaye du 8 au 21 juillet, nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur son parcours, ses aspirations, et ce qui la relie si profondément à cet endroit singulier.

Le programme Odyssée s’adresse aux artistes, chercheurs et professionnels de la culture étrangers ne résidant pas en France. Il a pour objectif de permettre à ces artistes de développer des projets au sein des Centres culturels de rencontre français, connaître les codes du monde de la culture et ainsi approfondir leurs connaissances du milieu. Pour Solange, un artiste doit toujours être en quête de perfectionnement : « En tant qu’artiste, il faut souvent se retirer pour travailler, se remettre à niveau et c’est pour cela que je suis ici ; pour apprendre à mieux chanter, apprendre de nouvelles choses et aussi faire des recherches sur les chants sacrés. Je suis chanteuse lyrique, mais j’ai une attirance particulière pour ce style musical. » Cette quête de perfectionnement vocal se double d’une exploration spirituelle, un fil rouge évident dans son travail.

Sa venue en France, une première pour elle, a été préparée avec soin. « Malgré une arrivée assez mouvementée, c’est une réelle joie pour moi d’être enfin ici ! Je suis tellement reconnaissante envers l’ACCR de m’offrir ce temps de recherche et d’inspiration à l’abbaye de Sylvanès, car il y a vraiment une cohérence entre ma démarche artistique et l’esprit des lieux ».

L’ABBAYE :  UN ÉCRIN PROPICE À LA CONCENTRATION 

Dès son arrivée à l’Abbaye, Solange a ressenti une connexion profonde avec les lieux. Pour elle, chaque endroit, chaque espace de ce lieu lui transmettait quelque chose de fort : « Je me suis sentie bien et au-delà de ça, j’ai été marquée par l’aspect spirituel du lieu. Cela aide grandement dans l’apprentissage de soi, car je suis en lien avec moi-même et le divin, ce qui m’inspire beaucoup. Chaque espace de l’abbaye favorise le fait de pouvoir se poser, travailler, réfléchir, prendre des décisions, penser à sa vie. »

Dans ce véritable havre de paix propice à l’introspection et à l’inspiration artistique, ses journées sont intenses et structurées : « Je travaille deux fois dans la journée, guidée par Michel Wolkowitski, directeur de l’abbaye, également coach et professeur de technique vocale. Après avoir participé au stage Chanter en famille, je participe cette semaine à l’atelier choral-production avec Bernard Tétu. Lorsque le temps me le permet, je travaille également sur d’autres projets personnels. » Un programme chargé qui témoigne de sa soif d’apprendre, de créer et d’approfondir un travail de recherche et de transmission autour du chant sacré et du répertoire lyrique. Participer à ces stages est une source d’enrichissement précieuse pour Solange : « Je suis convaincue que tous ces apprentissages de technique vocale et d’interprétation auprès de pédagogues renommés seront bénéfiques pour la suite de ma carrière. »

 

UNE RÉSIDENCE MUSICALE INSPIRANTE

Dans la continuité d’un travail rigoureux et d’une recherche spirituelle, cette résidence a permis à Solange Dramani de côtoyer des choristes amateurs passionnés, mais aussi des solistes professionnels. Elle a eu la chance de partager la scène avec eux le 20 juillet dans le cadre du 48e Festival et d’ interpréter un audacieux programme de musique sacrée de Félix Mendelssohn devant un public comblé.

Lors du concert du 20 juillet

sous la direction de Bernard Tétu

Au-delà de l’apprentissage musical, cette résidence a été pour la chanteuse togolaise une vraie ouverture culturelle : « J’ai découvert la France, ses paysages, son patrimoine spirituel et musical ».

Profondément nourrie et reconnaissante pour cette aventure, Solange a exprimé sa gratitude pour la confiance, l’humanité et la lumière qu’elle y a trouvées. Elle repart grandie, espérant que cette expérience marquera le début d’un nouveau souffle, avec d’autres collaborations à venir, et nul doute que sa voix continuera de nous enchanter et de nous inspirer.

Propos recueillis et rédigés par Fatoumata Sidibe, stagiaire au service communication 

Eurydice & Pyrène : deux mythes, deux résidences

Au printemps et à l’automne, l’Abbaye de Sylvanès offre un cadre particulièrement favorable pour les artistes en résidence qui, détachés de leur quotidien, travaillent quelques jours durant à la maturation et la création de futurs projets musicaux.
La chanteuse, pianiste, autrice et compositrice Cécile Veyrat l’a tout récemment expérimenté : lors de sa résidence du 7 au 11 mai, elle a travaillé sur son prochain spectacle solo Eurydice. Du 24 au 28 mai, c’est le Duo Dyane formé par la chanteuse Delphine Mégret et le musicien-compositeur Yannaël Quenel qui posera ses valises à l’abbaye. Leur nouveau projet de spectacle musical Pyrène nous plongera également dans la mythologie en revisitant la légende grecque de Pyrène et Hercule.

Eurydice, une relecture en chansons du mythe d’Orphée
Avec cette création, Cécile Veyrat revient au spectacle pour adultes et au « seule en scène ». Elle y explore le mythe d’Orphée et vient donner une nouvelle voix à Eurydice, une figure féminine trop souvent reléguée au second plan, une femme mystérieuse et sensible qui descend aux enfers pour retrouver son amour…
Le récit qu’elle propose est une version très personnelle du mythe où Eurydice et Orphée sont deux facettes d’une même personne. Ce spectacle poétique et philosophique mêlera conte traditionnel, chanson et arrangements musicaux variés, allant du classique au jazz, en passant par la musique actuelle. Il sera essentiellement composé pour piano-voix, enrichi par l’accordéon, le synthé ou la pédale loop. La composition intègrera également des sons organiques, des sons de la nature pour créer un univers onirique et fantastique.
Après la phase d’écriture et de composition, viendra pour l’artiste le temps de la mise en scène confiée à Anne-Valérie Soler. Celle-ci inclura des mouvements, des ambiances sonores en live, et une utilisation innovante du son comme matière vivante.

Ce projet est subventionné par le Conseil Départemental du Gard

Pyrène, une création audacieuse mêlant voix lyrique, musique baroque et électro
Dans ce spectacle musical, le duo Dyane revisite la légende grecque de Pyrène et Hercule sous un angle contemporain en alliant héritage mythologique, patrimoine musical et création sonore.
La légende raconte comment Pyrène, fille du roi des Békrydes, célèbre pour sa beauté et sa bonté est morte d’amour pour Hercule. Son tombeau, montagne de pierres devint alors les Pyrénées.
À travers une sélection de pièces baroques résonnant avec cette légende (chants d’amour, de deuil, d’exil ou de métamorphose), le duo tisse une narration musicale originale. La fusion entre voix lyrique, musique électro et répertoires anciens permet de créer une œuvre à la fois poétique, et mystérieuse.
Ce spectacle se distingue par son dispositif sonore et visuel innovant, conçu pour immerger le public dans la narration. La mise en scène du spectacle intègrera une création vidéo et lumière, offrant ainsi une expérience immersive hors du commun, adaptable pour différents lieux avec chacun leurs spécificités acoustiques et architecturales (églises, cathédrales, grottes…).

« Eurydice » et « Pyrène » sont deux projets inspirés de la mythologie qui proposent des expériences artistiques à la fois immersives, poétiques et profondément humaines. Ils invitent le public à une réflexion sensible sur ces récits mythologiques et sur leur résonance dans notre vie quotidienne.
Voilà de bien belles promesses artistiques pour ces deux spectacles … mais il faudra patienter jusqu’en 2026 pour les découvrir sur scène !

 

Un nouveau projet théâtral inspiré à Sylvanès

Après le succès de la représentation du spectacle « Vacarmes » en janvier 2024, centré sur la vie des agriculteurs, la collaboration avec Thomas Pouget, à la tête de la compagnie de théâtre lozérienne « La Joie Errante » et le CCR de l’Abbaye de Sylvanès s’est plus que consolidée. Ensemble, ils entreprennent un nouveau projet théâtral centré sur la vie des villages, explorant le thème Identité(s) Ruralité(s).

François Pérache et Thomas Pouget à Sylvanès © Abbaye de Sylvanès

En janvier et avril 2024, l’abbaye a accueilli Thomas Pouget pour deux résidences d’une semaine. Durant ses deux séjours, le comédien a recueilli les témoignages de nombreux habitants de la commune, notamment un prêtre, un employé de la MSA, un directeur d’institution, un maire, une employée d’institution culturelle, ainsi que des habitants de longue date, des « néo-ruraux », des retraités et des paysans…

Du 3 au 8 novembre derniers, une nouvelle semaine de résidence a été organisée à Sylvanès. Thomas Pouget et l’auteur – comédien François Pérache ont entamé la phase de conception et d’écriture de la future pièce. Sur la base des témoignages recueillis et de leurs réflexions, ils ont esquissé la trame, les enjeux et les personnages de cette nouvelle création provisoirement intitulée « Ici, on travaille à vivre bien ». Une pièce qui explorera la dualité du lien et de l’attachement …

Elle racontera le retour (forcé) au pays d’un jeune couple de néo-ruraux qui va découvrir les difficultés et les joies de la vie villageoise mais aussi une richesse humaine et une qualité de vie insoupçonnées. C’est paradoxalement leur arrivée qui va renforcer les liens, un peu endormis, des habitants du village : bousculés par leur présence, leurs demandes, leur attitudes, leurs enthousiasmes et leurs maladresses, les habitants vont réapprendre à faire « cause commune »…

On ne va pas en dévoiler davantage parce qu’il faudra venir découvrir sans faute le spectacle, hommage vibrant à une ruralité vivante, ancrée dans son passé et tournée vers l’avenir.

 

En terme de calendrier pour ce projet, la création de cette pièce « Ici, on travaille à vivre bien » se poursuivra sur la période 2025-2027 à l’occasion d’autres périodes de résidence d’écriture et de collecte jusqu’à l’aboutissement et sa représentation en 2027.

Elle réunit, outre le Centre culturel de rencontre de l’Abbaye de Sylvanès, de nombreux partenaires dont La Scène Nationale d’Aubusson, La Scène Nationale de Foix, Le Théâtre d’Aurillac, scène conventionnée d’intérêt national, Le département de la Lozère et La communauté de communes des Terres d’Apcher Margeride Aubrac.

Paris, Berlin, Broadway : l’aventure continue !

Depuis son lancement en septembre 2022 sur une idée originale de Michel Wolkowitsky et un scénario d’Axel Mattei, le projet de spectacle musical « Paris, Berlin, Broadway » continue de prendre forme cet automne à l’abbaye de Sylvanès. C’est l’histoire fascinante d’un cabaret réunissant six artistes pour mettre en scène trois villes, trois périodes, trois phases autour de Paris des années 1925-1930, le Berlin des années 1930-1940 et le Broadway des années 1950-1960. 

Cet automne, les artistes se sont réunis pour deux résidences à l’abbaye, leur permettant de peaufiner le projet et d’explorer les mises en scène qui donneront vie à ce futur théâtre musical. Après de nombreuses heures de répétitions, ils sont désormais prêts à partager avec le public des ébauches prometteuses comme le précise Michel Wolkowitsky qui co-signe la mise en scène de ce spectacle avec Axel Mattei : « Nous suivrons le montage de la revue de la première à la dernière répétition, offrant ainsi au public une expérience unique, bien au-delà d’un simple spectacle musical. Ils partageront avec nous les doutes, les crises et les joies qui jalonnent les répétitions, jusqu’à un final explosif qui conclura l’intrigue ». 

Le spectacle, digne d’un polar, se déroule dans les coulisses d’un théâtre genevois au début des années 70… Il promet d’immerger le public dans ces trois époques par le chant, la danse, la mise en scène et un magnifique répertoire qui va de Satie à John Kander, de Schönberg à Franz Lehar avec une grande présence de Kurt Weill, un clin d’œil à Verdi et un salut respectueux à Georges Gershwin… Des choix musicaux savamment établis par Michel Wolkowitsky en collaboration avec Axel Mattei. A noter la participation également à ce projet de l’artiste pluridisciplinaire Olivia-Manissa Panatte pour tout le travail des chorégraphies du spectacle.

Nous retrouverons sur scène les trois charmantes chanteuses : Emilie Boudeau (Jacqueline, la chanteuse française), Sophie Hanne (Hannah, la chanteuse allemande), Delphine Mégret, (Lisbeth, la chanteuse américaine). Dans le rôle de Viktor, le directeur et metteur en scène, nous reconnaîtrons Michel Wolkowitsky. A leurs côtés, Yves Dupuis incarnera Sacha, le pianiste chef d’orchestre.

Cette équipe talentueuse nous promet une aventure créative originale.

Rendez-vous en octobre 2025 pour découvrir ce nouveau bijou concocté à Sylvanès et produit par le Centre culturel de rencontre !

Rencontre avec Pinky, artiste pluridisciplinaire

Htet Myo Htut Aung, de son nom d’artiste Pinky est une jeune artiste birmane de 32 ans. Autodidacte et issue d’une famille de musiciens, cette artiste pluridisciplinaire exerce dans le domaine des arts visuels (dessin, peinture, design) et de la musique (composition et interprétation).
Suite au coup d’État de l’armée birmane en février 2021, elle a dû fuir son propre pays et a rejoint la France pour repenser son avenir et réaliser son potentiel artistique en sécurité. Pinky a pu étudier pendant un an à l’IESA (Institut d’Etudes supérieures des Arts), année au cours de laquelle elle a longuement développé et mûri son projet artistique. C’est dans le cadre du programme Nora mis en place par l’ACCR que l’Abbaye de Sylvanès l’a accueillie en résidence artistique du 19 août au 1er septembre.
Voici quelques morceaux choisis de son rapport de résidence rédigé à l’issue de son séjour parmi nous.

Sylvanès, ça en vaut la peine !
Se rendre à l’abbaye était aussi difficile que cela en avait l’air sur la carte : 10 heures de voyage au total – mais au fond de moi, je savais que cela en vaudrait la peine. Dès ce premier jour, j’étais ravie d’entendre différents types de musique, les sons de la nature, la forêt et le ruisseau à proximité et d’être dans un lieu historique. Pour quelqu’un comme moi qui puise son inspiration principalement dans la spiritualité, Sylvanès était vraiment un appel.

Sylvanès, un lieu où les différentes religions et les cultures se rencontrent
Ma première semaine de résidence, j’ai pu participer au stage encadrée par Françoise Atlan sur les chants séfarades et arabo-andalous. Je suis fasciné par la culture andalouse depuis que je l’ai découverte à travers la musique en 2018, donc c’était l’occasion parfaite pour moi ! Je me suis fait de nouveaux amis au sein de ce stage.
De nombreux concerts du Festival ont eu lieu pendant mon séjour : un quatuor à cordes talentueux, des polyphonies au féminin d’Occitanie, d’Italie et de Corse, des chants orthodoxes, des chants d’Orient, un récital de chant lyrique et de la musique du Rajasthan. Ici, j’ai l’impression de rêver. C’est si rare d’entendre des musiques de différents religions et pays, de styles divers au même endroit en même temps ! Ce lieu est incroyablement important pour le monde, et j’admire l’équipe, notamment Michel, pour avoir su le maintenir toutes ces années. J’espère que cela continuera encore longtemps !

Un coup de cœur pour l’Orgue de Sylvanès
L’orgue m’a toujours fasciné, car il n’existe pas au Myanmar (ex Birmanie), et j’ai grandi en rêvant de l’entendre en direct, surtout en écoutant beaucoup de Bach. 
J’ai déjà eu l’occasion de jouer cette année sur un orgue d’église et de comprendre son mécanisme. Ici, à Sylvanès, j’ai vraiment apprécié de passer beaucoup plus de temps à jouer et à explorer cet instrument moderne. Certains jours, j’avais l’impression de passer toute la journée à l’intérieur, bien que je ne faisais en réalité que m’entraîner et m’amuser. Un habitant de Sylvanès qui est organiste m’a montré l’utilité des différents registres et claviers, m’expliquant les harmoniques et les sons de résonance.

Sylvanès, un lieu inspirant
Ici, j’ai beaucoup joué du piano, composé des mélodies et une nouvelle pièce sur l’orgue. Malgré mon parcours en musique électroacoustique, je me suis à peine servi de mes instruments électroniques. Les compositions que j’ai créées ici ont été fortement influencées par la musique baroque, loin des styles contemporains. J’ai accepté cette inspiration divine et je me suis permis de créer sans objectif spécifique.
Avant de venir ici, mon rêve  ici était de réaliser mes installations dans des espaces sacrés tels que des églises ou de grandes salles, car je considère que cela correspond parfaitement au concept spirituel qui sous-tend ma pratique. L’idée était de mettre en place une installation immersive, fusionnant la peinture, le son et la musique. Le public pourrait toucher mes peintures, et grâce aux capteurs, leurs touchers manipuleront différents sons, comme si les nuages sur mes peintures chantaient à leurs touchers.
Cependant, durant cette résidence, j’ai saisi l’opportunité d’être attentif et de laisser l’inspiration venir lentement. J’ai décidé de ne pas me fixer d’objectif précis, ce sera pour une autre fois lors d’un prochain séjour à l’abbaye de Sylvanès, je l’espère!

Un séjour magique et guérisseur
En tant qu’exilée, je n’ai pas eu l’occasion de traiter correctement mes traumatismes, de réfléchir à mes progrès ou simplement d’être seule avec mes pensées et mes désirs. Cette résidence, ainsi que celle que j’ai faite en mai, m’a donné du courage et du calme. Les choses restent incertaines, instables, et dangereuses chez moi, avec des mauvaises nouvelles constantes, mais j’ai cessé de vivre dans la peur et le désespoir. Pour cela, je suis profondément reconnaissante de ce que la vie m’offre ici.
Ce que je retiens, ce sont les connexions que j’ai nouées avec toutes les personnes que j’ai croisées, l’histoire passionnante de l’abbaye, son fameux orgue contemporain (le plus grand d’Occitanie), ainsi que les morceaux de musique que j’ai pu composer en ces murs.

 

« Les nuages sont des pensées : exploration des désirs et des prières.
Enfant, j’ai toujours été fasciné par les nuages. Je passais beaucoup de temps à les regarder, alors qu’ils changent de forme, ressemblant parfois à une certaine forme.
Au même moment, des milliers de pensées ont déjà traversé mon esprit. Les nuages sont comme mes pensées, ils ne cessent de passer et se transforment sans cesse. »
Pinky

Site internet de Pinky  : https://pinkyhtutaung.wixsite.com/my-site

Nataliia : la joie de chanter ensemble !

Dans le cadre du programme Odyssée de l’ACCR – Association des Centres culturels de rencontre – nous avons eu l’immense plaisir d’accueillir en nos murs Nataliia Zhuravel, artiste ukrainienne pour une résidence du 2 au 15 juillet 2024.
Au cours de son séjour, Nataliia a eu l’opportunité de faire de nombreuses rencontres artistiques, d’animer des ateliers de chant auprès de jeunes enfants, adolescents et adultes et a su transmettre avec un grand enthousiasme son amour de la musique et du chant.  Elle a pu aussi assister au concert d’ouverture du 47e Festival qui a eu lieu le 14 juillet. Rencontre avec cette belle personne,  passionnée par le chant et la musique qui a laissé son empreinte lumineuse au sein de l’abbaye.

Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Nataliia Zhuravel et suis arrivée en France en mars 2022. En Ukraine, je travaillais comme professeur de chant et de musique à l’Institut pédagogique de Kryvyi Rih. J’ai également été coach vocal dans le secteur du théâtre durant plusieurs années.

L’Abbaye de Sylvanès fait partie d’un réseau de CCR (Centres culturels de rencontre). Pourquoi avoir choisi ce lieu plutôt qu’un autre ?
Le programme Odyssée auquel je participe a été mis en place par le Ministère de la Culture et vient spécifiquement en aide aux artistes réfugiés, ce qui explique ma présence ici à Sylvanès. La thématique du Centre culturel de rencontre autour de « Musiques et dialogue des cultures » et toutes les actions de pédagogie du chant, de création musicale qui sont menées ici m’ont motivée à postuler. Je ne regrette aucunement ce choix  ! Cela a été un véritable programme d’intégration pour moi. Le cadre de l’abbaye est favorable à l’exploration des techniques vocales que je pratique comme le yoga vocal, la respiration, la méditation, les sons de la nature. Elles visent, entre autres, à favoriser l’harmonisation des émotions. Ce fut une très belle découverte !

Quel était votre objectif de travail en venant ici ?
J’avais besoin de développer les bases et les principes de mon travail, celui-ci étant d’enseigner le chant à tous ceux qui le souhaitent car chanter peut faire une différence dans votre vie, j’en suis convaincue ! Je suis très contente de passer du temps entre ces murs et j’y rencontre des personnes merveilleuses. Je sais que beaucoup de prières ont été prononcées dans ce lieu et j’y prie tous les jours. Je veux vraiment que cet endroit m’aide à croire en la victoire de mon pays.

Le contexte de la guerre en Ukraine a cruellement affecté votre travail…
La guerre a bouleversé ma vie. Je me suis retrouvée seule en France et je me sentais très mal. J’étais souvent déprimée parce que je ne pouvais rien faire face à la situation. J’ai vécu un an dans une auberge dans la ville de Fos-sur-Mer. L’auberge était isolée, il n’y avait rien d’autre qu’un atelier de préparation de légumes à côté de chez moi et j’y suis allée pour travailler. Je suivais des cours de français trois fois par semaine. Il fallait malgré tout que je me ressaisisse parce que la vie continue. J’ai commencé à chanter avec des femmes et des enfants ukrainiens et nous avons formé ensemble le choeur de chansons ukrainiennes « Kalyna ». On chantait pour le plaisir, on répétait plusieurs fois par semaine et on est montées sur scène au théâtre de Martigues pour l’ouverture de la saison culturelle 2022 et aussi à Fos-sur-Mer. Côté famille, nous communiquons via les réseaux car les frontières sont fermées. J’ai des nouvelles de mon fils qui étudie au Conservatoire d’Odessa et qui, je l’espère, pourra venir jouer en France à l’automne 2024.

Avez-vous pu échanger avec d’autres artistes à l’Abbaye au cours de votre séjour ?
Oui j’ai pu assister dès mon arrivée au travail de Frédéric Gindraux et Jean-Philippe Clerc à l’occasion de leur classe de maître auprès de jeunes professionnels. Frédéric est comme un maître pour moi, il enseigne clairement et très subtilement  : il a une approche individuelle particulière auprès de chaque élève, ce que j’aime tout particulièrement. À ses côtés, j’ai appris de nouvelles choses et confirmé mes connaissances en matière de spécialisation vocale.

J’ai partagé également du temps auprès du Directeur général Michel Wolkowitsky, également chanteur, pédagogue de la voix et metteur en scène. Notre première rencontre autour du chant m’a aidée à retrouver un équilibre psychologique après le stress que je subissais à ce moment là : mon pays était en effet particulièrement meurtri par des violentes attaques dans un hôpital de Kyiv. Michel m’a aidée à orienter le son de ma voix dans une direction calme. Il travaille avec beaucoup de soin et de professionnalisme sur la respiration et la voix et j’ai pu me rendre compte que nos techniques vocales étaient très similaires. Cela me donne encore plus de confiance dans mon développement professionnel, car en fait il n’y a pas de limites, pas de frontières, mais seulement « sa majesté la musique » !

Au cours de mon séjour, j’ai aussi participé au stage « chanter en famille » animé par Béatrice Gaussorgues. Tout le temps passé avec elle et le groupe d’enfants, d’adolescents et parents a été un grand plaisir ! A cette occasion, j’ai pu mettre à profit les techniques que j’utilise avec les stagiaires, des exercices de respiration, des jeux vocaux, c’était très chouette ! Nous avons travaillé ensemble une chanson simple et j’ai été aussi ravi de découvrir le répertoire de musique liturgique, si spécifique au lieu. Il y avait une ambiance conviviale, c’était comme des vacances  !

Avant mon départ, j’ai aussi pu rencontrer les merveilleux musiciens de l’ensemble les Paladins et assister au très beau concert de musique baroque d’ouverture du Festival.

J’ai vraiment apprécié toutes les personnes qui travaillent à Sylvanès pour leur respect, leur aide, leur délicatesse, leur générosité, pour la gourmandise, pour le calme qu’ils créent au sein de l’abbaye. Merci à tous !

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
A présent, j’habite Martigues où j’enseigne en tant que cheffe de chœur et professeure de chant. Parmi mes derniers projets en date, j’avais dans l’idée de faire se rencontrer la chorale d’enfants que j’anime à Kryvyi Rih et d’autres chorales d’Ukraine et de France. Pour cela, j’ai mis en place un festival en ligne et j’ai rencontré des chefs de chœur de différentes villes. L’UNESCO nous a rejoint dans le projet pour nous apporter son soutien. La chorale de Kryvyi Rih devrait venir en représentation dans une église de Martigues le jour de la Saint Nicolas en décembre 2024.

Le mot de la fin ?
Chantez, vous le valez bien ! Le chant a un effet harmonieux et global sur le développement de l’individu, il favorise la communication, la socialisation, les amitiés réelles et la camaraderie !  Alors quelque soit votre âge, quelque soit votre état, chantez  !!!

 

Propos recueillis par Vanessa Brisse-Bonnet, saisonnière au service accueil-tourisme de l’abbaye, juillet 2024

Samanûr et Canticum Novum en résidence de création !

En ce mois de juin, le Centre culturel de rencontre a eu le grand plaisir d’ accueillir simultanément deux ensembles en résidence de création :  Samanûr formé des artistes Milena Jeliazkova, Georges Camil Abdallah, Iyad Haimour, Amin Al Aiedy et le collectif interculturel Canticum Novum sous la direction d’Emmanuel Bardon.

Ces quelques jours passés à l’abbaye ont été l’occasion de travailler respectivement sur deux programmes qui seront créés cet été dans le cadre du Festival, le 21 juillet à 21h pour « Légendes des mers » avec Samanûr et le 18 août à 21h pour « Canti di Gioia – dans le silence de ce jour naissant » avec Canticum Novum.

Dans « Légendes des mers », le Liban de Georges Camil Abdallah, la Syrie et la Palestine d’Iyad Haimour, et l’Irak d’Amin Al Aiedy ouvrent leurs bras aux multiples racines de Milena Jeliazkova – bulgare, arménienne et macédonienne, à son sang éminemment nourri des musiques des Balkans. La mer Méditerranée, la mer Egée, la mer Noire, la mer Adriatique ne sont qu’une seule et unique au final : cette Mère qui nous permet de renaître, de nous ressourcer, de nous rencontrer, d’oublier peines et tracas, de rêver d’un avenir plus radieux.
Chants et poésies de Syrie, Liban, Palestine, Égypte, Bulgarie, Bosnie, Grèce, Turquie, Irak, chants séfarades d’Espagne et des Balkans dialogueront  dans ce programme incarné par de merveilleux chanteurs et instrumentistes  !

 

 

« Dans le silence de ce jour naissant… » Cette prière de Saint-François d’Assise, précurseur du dialogue interreligieux, a inspiré au collectif interculturel de Canticum Novum, une nouvelle création mettant toujours en valeur la musique comme source de réciprocité et d’écoute, de rencontres et de dialogues. Les traditions sacrées populaires d’Ombrie, de Toscane, de Cilicie et d’Arménie des XIIIe et XIVe siècles seront sublimement mises en lumière par dix incroyables artistes sous la direction d’Emmanuel Bardon.